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90 000 $ récoltés pour réparer l’orgue de l’église

L’organiste Jeanne Robinson a réussi une impressionnante collecte de fonds pour réparer le vieil orgue de l’église de Bonnyville. La somme amassée permettra à un spécialiste de la société Casavant de venir à début décembre pour donner une nouvelle jeunesse à l’instrument.

« Chaque fois qu’un réparateur venait, j’allais à l’église le rencontrer et il disait toujours : ce que je fais ici, c’est comme un petit pansement, votre orgue a vraiment besoin d’une bonne réparation », raconte l’organiste Jeanne Robinson, qui est aussi représentante du Nord-Est au sein du conseil d’administration de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA).

La musicienne fait alors estimer le coût d’une réparation complète de l’orgue, dont le cuir commence à se fendre. Le devis est salé : environ 70 000 $. « J’en avais parlé à la paroisse qui trouvait ça pas mal dispendieux. J’ai dit : moi je vais m’en occuper. » Elle décide donc d’aller frapper à la porte des commerces et des paroissiens pour tenter de réunir la somme requise. « N’importe quelle donation était très appréciée : 5, 10, 15, 20 $… », précise-t-elle.


 

Une quarantaine de donateurs

Et petit à petit, le pactole grossit, avec quelques grands succès ponctuels : « On a fait un spectacle début juin avec la chorale Mélodie d’Amour, se souvient Jeanne Robinson. On a amassé 5 000 $ ce dimanche après-midi. » Finalement, les dons d’environ 40 personnes et commerces ont permis de dépasser l’objectif de 70 000 $ pour atteindre 90 000 $. De quoi payer l’intervention depuis Calgary d’un spécialiste de la société Casavant.  « Il vient au début du mois de décembre parce qu’on voulait avoir l’orgue réparé la veille de Noël pour la messe », précise Mme Robinson. Actuellement, plusieurs pièces de l’orgue se font réparer au Québec.

L’argent en trop servira à la coûteuse maintenance de l’orgue.  En effet, un « pansement » coûte entre 2 000 et 3 000 $... et il faut parfois le renouveler trois fois par an (sans doute moins souvent après la grosse réparation de décembre).

« On va faire une plaque et tout écrire les noms de ceux qui ont donné, mettre ça dans un cadre et l’afficher contre l’orgue », promet Jeanne Robinson, fière de la générosité des gens de Bonnyville. « J’ai beaucoup apprécié l’aide de la chorale Saint-Louis-de-France », insiste-t-elle.

 


« J’ai commencé à 12 ans »

Organiste depuis plus de 40 ans, Jeanne Robinson a un attachement tout particulier à cet instrument. « J’ai commencé à 12 ans à la paroisse Saint-Louis. Je prenais des cours de piano avec des religieuses de l’Assomption. Elles avaient besoin d’une organiste et elles m’ont demandé d’apprendre. J’ai joué la veille de Noël à la messe de minuit à 12 ans ! », se remémore-t-elle. Après avoir étudié puis enseigné à Edmonton, Mme Robinson revient finalement à Bonnyville où elle recommence à jouer de l’orgue qui, pour l’anecdote, avait été commandé sous l’impulsion de l’oncle de sa mère, le père Joseph E. Lapointe, puis livré en 1945. À l’époque déjà, l’orgue avait été financé grâce à une collecte de fonds (initiée par Lucien Croteau et Gustave Binette).

Quand l’orgue fonctionnait encore, Jeanne Robinson pratiquait régulièrement. « Je joue presque chaque dimanche et on a des exercices deux jeudis par mois avec la chorale », précise celle qui donne aussi des cours à  un jeune de 13 ans. « Il apprend très vite, il joue déjà des pédales », sourit la professeure bénévole, qui aimerait enseigner son art à d’autres mélomanes motivés.


« J’ai toujours beaucoup cru à la musique, à l’importance de la musique dans nos vies, affirme Mme Robinson. Je crois que la musique, c’est bon pour l’âme des personnes, ça nous nourrit. Quand je joue et que les gens de la chorale chantent, c’est une forme de prière pour nos
paroissiens. » Et comme disait saint Augustin, « il prie deux fois, celui qui chante bien »…

Actuellement privée de ‘’son’’ instrument, l’organiste doit se rabattre sur un clavier électronique. « L’orgue me donne plus de défis, reconnait-t-elle. Je peux changer le son et faire beaucoup plus de choses… Ça me passionne ! »

 


Photos Germaine Prybysh (sauf celle ci-dessus, courtoisie)

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