Fort McMurray : la fin de Franco Job?

Alors que la reprise économique semble au rendez-vous à Fort McMurray après deux années de ralentissement, le gouvernement provincial a décidé que les services à l’emploi francophone dans cette ville n’étaient plus nécessaires.

« En ce qui a trait aux activités de Franco Job, mentionnons que nous avons vécu un énorme ralentissement des opérations en 2009-2010. Cependant, depuis février 2011, nous sommes en mesure de parler d’une reprise des activités. Le nombre de clients qui ont utilisé les services de Franco Job au cours de la dernière année est 2335 », a soutenu la présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) régionale de Wood Buffalo, Erin Parent, lors de l’assemblée générale annuelle de la régionale tenue devant une trentaine de personnes, le 4 juin dernier, au Centre Boréal.


Malgré cette reprise, la province a jugé que les services à l’emploi, uniquement pour les francophones, n’étaient plus requis. « On nous a avisés que le contrat n’était pas renouvelé. Au départ, cette décision était effective au 31 mai, mais après avoir fait certaines démarches, notre contrat initial a été prolongé de trois mois, soit jusqu’au 31 août », a affirmé l’agente de développement de l’ACFA régionale de Wood Buffalo, Angélina Gionet.

À compter de l’automne 2011, la donne sera donc différente. « Pour le nouveau contrat, la province recherche un service qui peut être offert à la population en générale, donc qui ne sera plus seulement axé sur les francophones », informe Mme Gionet.

Une situation qui n’a pas plu aux gens présents. « Les francophones sont de plus en plus nombreux à Fort McMurray, les statistiques le prouvent : la demande est en hausse », a lancé le conseiller en établissement du Centre d’accueil et d’établissement (CAÉ) du Nord de l’Alberta, Kouamé Adie. Employé de l’antenne de Fort McMurray du CAÉ depuis environ un an, ce dernier est bien placé pour constater la croissance dans l’arrivée des nouveaux arrivants. « Il ne faut pas juste maintenir le service, car le besoin existe, mais aussi il faut ajouter d’autres services pour bien intégrer ces individus et ces familles qui arrivent ici », ajoute-t-il.

C’est la communauté francophone qui sort perdante de cette décision. « On perd un élément de service pour les francophones dans la région, quelque chose qui était reconnu par le gouvernement depuis 10 ans. Franco Job a répondu à l’appel d’offres dans l’espoir d’obtenir le prochain contrat, mais d’autres entreprises privées ont également déposé leur candidature pour l’obtenir », indique Angélina Gionet.

Cette dernière craint que cette décision ne soit pas unique à Fort McMurray. « Malgré une grande demande des francophones qui arrivent ici, le service a été retiré. Cela nous inquiète et pourrait se propager ailleurs en province. Nous avons fait nos devoirs et lorsqu’on prend un individu qui entre ici jusqu’au moment où il ressort, cela revient à environ 33 $ par personne. C’est le service le moins coûteux comparé à d’autres agences et le gouvernement vient nous dire que c’est trop cher », déplore Mme Gionet.

Bilinguisme à maximiser
Dans tout le processus, la communauté n’a pas tout perdu, grâce à l’appui du Secrétariat provincial de l’ACFA et du Secrétariat francophone. « De la pression a été mise sur le gouvernement et un petit gain a été réalisé. Nous sommes assurés qu’il y aura au moins une personne bilingue sur le comité qui choisira le service qui sera retenu », explique Mme Gionet.

De plus, l’organisme ou l’entreprise qui recevra le contrat devra s’engager à offrir des services en français. «  On exige qu’il n’y ait une personne francophone en tout temps. Cependant, si cette personne est occupée avec un autre client, le francophone dont ce serait le tour d’être servi devrait être pénalisé, car il devra attendre que l’employé soit disponible. Cela ne peut fonctionner », déclare Mme Gionet.

Elle précise que la communauté devra se mobiliser advenant que Franco Job n’obtienne pas le nouveau contrat. « Il faudra être vigilant pour s’assurer que les conditions du contrat sont respectées », admet l’agente de développement.

La décision concernant l’entreprise ou l’organisme qui recevra le prochain contrat devrait être connue d’ici la mi-juin.


 

 

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