Une FrancoZone pour transmettre le français

Comment transmettre le français à vos enfants à la maison lorsque vous faites partie d’un couple exogame? Entrez dans la FrancoZone.

FrancoZone est un concept développé par l’Albertain Glen Taylor, anglophone d’origine qui est l’auteur de deux livres sur l’exogamie, conférencier, et consultant en éducation francophone à travers le Canada.

 

 


Le spécialiste sur les réalités des familles composées d’un conjoint ou d’une conjointe francophone, et l’autre non francophone, présentait les premiers ateliers sur FrancoZone, à Edmonton le 27 novembre et à Calgary le 28 novembre, dans le cadre d’un projet pilote mené par l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC), en association avec la Commission nationale des parents francophones (CNPF).

« Pour transmettre la langue, il faut parler en français. On a beau le dire, mais souvent on ne sait pas quoi faire, comment faire. FrancoZone, c’est un cadre qui permet aux parents à la maison d’aider leurs enfants à développer des réflexes à parler en français », explique Glen Taylor.

« Le plus grand défi, c’est de trouver la place du français dans le milieu familial. FrancoZone est une approche terre-à-terre, facile à adopter et qui respecte le niveau de confort en français du parent non francophone », poursuit-il.

À quoi ressemble une FrancoZone? C’est un espace, un temps ou une activité de la vie familiale ou tout se passe en français. Par exemple, on délimite un espace physique dans la maison (avec du ruban adhésif sur le plancher) et toutes les conversations dans cet espace se déroulent en français. Ou encore, on déclare les déplacements en voiture un temps pour parler français et écouter la musique francophone. Des activités francophones en familles peuvent inclure les repas, des soirées cinéma, le visionnement de parties de hockey, etc.

Selon M. Taylor, FrancoZone est un outil qui peut aider les familles exogames à développer des habitudes chez leurs enfants qui aideront ces derniers à maitriser le français. « Il faut être bien encadré pour apprendre n’importe quoi, que ce soit la musique, le karaté, etc. », souligne celui qui, en tant que parent non francophone du couple, a appris le français et, avec sa conjointe francophone, a su appuyer l’apprentissage du français chez leurs enfants.

S’il semble avoir trouvé un concept gagnant avec FrancoZone, Glen Taylor n’a pas atteint son public cible lors de sa présentation à Edmonton qui, outre les organisateurs, ne comptait que trois personnes, dont aucune en situation de couple exogame avec des enfants au foyer. À Calgary, deux personnes étaient au rendez-vous.

Selon l’AFFC, le projet pilote FrancoZone vise la « création d’un réseau de soutien pour les mères qui se sentent isolées ou démunies lorsque leur foyer s’anglicise, qu’elles doivent parler anglais à leurs enfants, s’éloignent de leur culture et s’interrogent quant à leur identité ».

Le concept a toutefois reçu l’appui et l’encouragement des quelques personnes dans la salle. « J’aime beaucoup l’idée de FrancoZone. C’est concret et je crois vraiment aux bienfaits de délimiter l’espace physique », avance Josée Bélisle, enseignante de 1re année à l’école d’immersion Richard Secord, qui dit elle-même adopter un concept semblable dans la salle de classe.

Même son de cloche chez Patrick Roux-Buhl, ancien enseignant en immersion qui œuvre présentement au sein du ministère d’Éducation.

« J’ai trouvé cela exceptionnel. Je crois que cet outil est très bon pour l’immersion, et pour ceux et celles qui se retrouvent en famille exogame. L’éducation pour les parents va de pair avec l’éducation des enfants. J’aime aussi le côté ludique qui rend la chose un peu plus intéressante », partage-t-il.

On peut en apprendre davantage sur l’établissement d’une FrancoZone au www.francozone.ca, ou il est aussi possible de participer à un forum en ligne. Un outil de plus pour aider dans la transmission du français, une initiative que Glen Taylor considère des plus importantes. « C’est un engagement à vie pour avoir un impact à vie sur les enfants », conclut-il.

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