Canmore déjà 10 ans d’éducation catholique et francophone

Une centaine de personnes se sont réunies dans le gymnase de l’école Notre-Dame des Monts (NDM), le 16 mai dernier, pour participer à un 5 à 7 marquant les 10 ans de l’école et de l’éducation catholique et francophone de Canmore.

« C’est au mois d’aout 2002 que le Conseil scolaire catholique et francophone de l’Alberta (CSCFSA) ouvrait sa deuxième école francophone, ici à Canmore. Quelle fierté de pouvoir constater le cheminement exceptionnel de l’école », a soutenu la présidente du CSCFSA, Diane Boutin.


En effet, lors de sa première année d’existence sous le conseil catholique, l’établissement accueillait une directrice-enseignante, une enseignante, une secrétaire à temps partiel et 16 élèves. « En 10 ans, la population de l’école a augmenté par 10 fois. Pour la première fois cette année, nous avons deux classes de maternelle et l’an prochain, nous aurons nos premiers diplômés », a lancé fièrement la directrice Sophie Leclair.

Cette dernière est en poste depuis presque les débuts de l’école. « On réalise que le temps passe vite. Au fil des ans, l’école a connu énormément de succès, mais nous avons dû surmonter de nombreux défis aussi, que ce soit du côté de la programmation, puisqu’un nouveau niveau était offert chaque année, ou encore en matière d’infrastructures, avec les retards liés à la construction de la nouvelle école. Cependant, nous avons su relever ces défis grâce à des parents super engagés et visionnaires qui veulent le mieux pour leurs enfants », croit Mme Leclair.

Pour l’année scolaire en cours, l’école NDM compte 120 élèves, une dizaine d’enseignants et cinq membres du personnel de soutien. « La force de l’école, c’est qu’on a des enseignants hors pair. Oui, ils sont dynamiques, engagés et passionnés, mais plus que tout, on sent vraiment qu’ils aiment nos enfants », s’exclame Geneviève
Poulin, pionnière de l’école.

Outre Mme Poulin, c’est grâce aux efforts déployés par Sylvie Grégoire, Christian Gingras et Christine LeClerc, Cathie Mousnier et Manon Miller que cette école a été créée. « Les parents jouent un rôle très important dans le développement de l’école. Les parents d’hier ont créé et ont soutenu l’éducation francophone et ceux d’aujourd’hui continuent de s’impliquer pour assurer le développement de leurs enfants », a soutenu le président du con-seil d’école, Pierre Boucher.

Un avis que partage Diane Boutin : « Votre engagement fait une différence. Canmore est une communauté francophone vivante au sein de laquelle vos enfants s’épanouissent », lance la présidente du CSCFSA.

Pierre Boucher a tenu à rappeler que parmi tous les parents, seule Geneviève Poulin fait partie du comité de parents de l’école depuis la toute première année.
Mme Poulin se rappelle des débuts difficiles de l’école. « Dans les faits, c’est la 11e année d’existence de l’éducation francophone à Canmore cette année, puisque l’école faisait partie, lors de sa première année, du conseil scolaire public francophone. Cela a été un grand défi de passer du public au catholique. Ça n’a pas été une période agréable, mais cela fait partie de notre histoire », mentionne Mme Poulin.

Cette dernière préfère tourner la page et estime que fêter les 10 années d’éducation catholique et francophone ne doit pas être vu comme la réalisation d’un rêve. « En décidant d’ouvrir une école francophone, nous savions que nous avions du travail pour arriver là où nous sommes aujourd’hui. Nous avions des défis à l’époque et nous sommes confrontés à d’autres défis aujourd’hui », lance-t-elle.

Manque d’espace
Parmi les défis, le manque d’espace est sur toutes les lèvres, et ce, même si le nouvel édifice a été officiellement inauguré en septembre 2010.

Comme le fait remarquer Sophie Leclair, l’école a été construite dans le but d’accueillir un maximum de 50 élèves. « Nous n’étions même pas encore dans nos nouveaux locaux que nous avions dépassé ce nombre. C’est pour cette raison que quatre classes modulaires ont depuis été ajoutées et qu’une demande pour en obtenir d’autres a été formulée », explique la directrice.

Bien qu’heureux de ce nouvel établissement, nettement supérieur à ce que l’école avait avant, le vice-président du CSCFSA et élu de la région de Canmore/Banff, Roy Goulet, croit qu’il aurait été possible d’avoir plus. « Le projet de construction a été fait en partenariat avec le conseil scolaire anglophone. À l’époque, nous accueillions 30 élèves et ils avaient estimé qu’en 2015, nous serions bons pour accueillir une cinquantaine d’élèves. Quelle erreur », s’exclame Roy Goulet.

Ce dernier avoue avoir fait son entrée au conseil après que cette décision ait été prise. « Il était impossible de faire changer certaines décisions et c’est pour cette raison que l’ajout de classes modulaires a été nécessaire », partage-t-il.

À l’époque, le concept de bâtir une école francophone, les nombres vont suivre n’était pas quelque chose de très vendeur auprès du gouvernement.
 
« Nous avons servi en quelque sorte d’exemple et il semble que cette erreur ne se reproduira pas », avance Geneviève Poulin, en faisant notamment allusion aux constructions prochaines des écoles (maternelle-12e année) à Cochrane et Airdrie où la capacité maximale de l’école est de beaucoup supérieure aux nombres actuels.

Pour l’école NDM, de nouvelles classes modulaires devraient être installées dans un avenir rapproché. « Notre capacité maximale actuelle est de 165 élèves. Nous avons fait une demande pour ajouter d’autres classes, mais cette requête a été rejetée. Nous ne baissons pas les bras. D’autres écoles à Canmore ne connaissent pas le même élan que nous et nous devrons voir s’il n’est pas possible d’acheter ou louer leur classe modulaire », indique-t-elle.

Cet engouement pour l’éducation francophone est de bon augure pour l’avenir de l’école et vient confirmer que l’emplacement de l’école n’est pas une embuche. En effet, l’école NDM est située au sud-est de Canmore, à environ 10 minutes de route, dans le quartier Three Sisters.
   
« C’était une crainte au départ que des parents vivant dans la partie nord de Canmore, soit dans la partie appelée Sunny Side, optent pour l’école d’immersion, mais nos doutes se sont rapidement dissipés. Quand une école est performante et que les élèves aiment leurs enseignants, c’est ce qui fait pencher la balance », affirme Sophie Leclair.

« À titre de parent, je vois cela comme un plus le fait que l’école soit située un peu à l’extérieur de Canmore », enchaine Geneviève Poulin, en précisant que l’école accueillait des élèves de l’extérieur de Canmore, soit du Lac Louise, de Banff, d’Harvie Height et d’Exshaw.
 
Le fait que NDM soit rattachée à l’école Our Lady of the Snows Catholic Academy est aussi une valeur ajoutée, car elle permet d’offrir, pour les élèves du secondaire, plusieurs cours comme la menuiserie et le cuisine, chose qui aurait été impossible sans ce partenariat.

Pour la directrice de l’école, développer le secondaire constitue un grand défi. « Les installations sont là, les cours à options sont aussi offerts, mais ce qu’il manque le plus à ces élèves, c’est une vie sociale. Cela n’est pas évident lorsque tu as seulement quatre élèves dans une classe », mentionne Sophie Leclair.

C’est une des raisons qui poussent la Société de parents à vouloir développer l’extérieur de l’école. Le premier objectif est d’installer une structure de jeux adéquate. « Nous sondons aussi les élèves pour voir ce qu’ils désirent. Est-ce qu’ils veulent une piste de course, un centre d’entrainement, un gazebo? Il faut mettre en place des choses qui vont inciter nos élèves plus vieux à vouloir rester », conclut Geneviève Poulin.
 

 

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Aller au haut