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À Saint-Paul : un autre organisme cesse ses activités

Après Éduk qui a vu son siège social déménager à la fin du mois de février, voilà qu’un autre organisme cesse ses activités à Saint-Paul. En effet,  la Société bien-être Centre-Est a été officiellement dissoute lors de l’assemblée générale annuelle de l’Association canadienne-française (ACFA) régionale de Saint-Paul, le 24 avril dernier.

Victime d’un financement sporadique, l’organisme n’a jamais obtenu de subventions gouvernementales qui auraient permis l’embauche d’un employé et assuré un fonctionnement annuel de l’organisme.

Les fonds résiduels des projets mis sur pied par la Société, d’une valeur d’environ 8000 $, seront distribués entre les ACFA régionales de Saint-Paul, Bonnyville/Cold Lake et Plamondon Lac La Biche, ainsi que le Conseil scolaire Centre-Est (CSCE), les premiers partenaires lors de la création de la Société en 2001.


L’ancienne présidente de la société, Louise Reidy, espère que ces fonds serviront à développer des projets en santé dans les communautés du Centre-Est de la province. « Je ne voulais pas que cet argent soit perdu, mais qu’il porte encore quelques fruits. Ce n’est pas beaucoup. Cependant, c’est assez pour agir en partenariat et monter un projet qui peut promouvoir la santé en français », avance Mme Reidy.

Mission accomplie
La directrice de l’ACFA régionale de Saint-Paul, Nathalie Hébert, se dit triste de voir disparaitre la Société, cependant, elle croit que les buts que s’était fixés cette dernière ont été réalisés.

« Les gens sont conscients de l’importance d’avoir accès à des services en français et il y a de plus en plus d’activités qui font la promotion de la santé en français », avance Mme Hébert, qui était présidente de la Société au moment de sa création.

Elle ajoute que la mise sur pied du Réseau santé albertain (RSA) en 2004, d’envergure provinciale, ne justifiait plus le besoin d’entretenir un organisme en région. Les fonds alloués aux projets mis sur pied par la Société, sont redirigés vers le RSA.

La Société a tenté d’obtenir du financement à travers l’ACFA régionale de Saint-Paul, mais cela s’avérait périlleux pour l’organisme francophone. Le dernier projet mis sur pied par la Société remonte à 2008 où l’organisme avait fait la tournée des écoles primaires francophones et d’immersion pour sensibiliser les jeunes à la sécurité sur roues.

Louise Reidy admet que le RSA est mieux placé pour répondre aux besoins de niveau provincial.

Selon cette dernière, une bonne collaboration entre réseau et les ACFA régionales et une demande active de la part des patients sont suffisantes pour assurer une bonne accessibilité aux services de santé dans la langue de Molière.

Petit train va loin
Mme Reidy se dit toutefois fière des accomplissements de la Société ces dernières années, en dépit des moyens disponibles limités. « Nous avons entamé les démarches, tel que créer des liens entre les intervenants des différentes communautés et faire pression pour l’obtention de services en français dans la région. Au début, il n’y avait pas de RSA », mentionne cette dernière qui affirme avoir vu une amélioration dans ce domaine.

Aujourd’hui, l’accès aux services de santé en français est systématiquement considéré par Alberta Health Services et une coordonnatrice des ressources s’avère disponible pour faciliter l’accès en français dans la région, en la personne de Rachelle Bérubé.

Quelques partenariats fructueux entre les organismes de santé publique francophones ont eu lieu dans les dernières années. Un projet pilote d’ateliers de gérance de maladies chroniques comme le diabète dans la région de Saint-Paul aura permis au RSA d’aller chercher du financement pour continuer le projet au niveau provincial.

Mme Reidy ne cache pas que le travail à la Société aura été épuisant pour elle, mais également pour les bénévoles investis dans le projet. « Je pense qu’on peut célébrer », conclut-elle.
 

 

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