Pour assurer sa survie, Éduk – un organisme de formation pour adultes –, situé à Saint-Paul, a décidé d’intégrer sa composante administrative au Centre collégial de l’Alberta. Dorénavant, l’éducation permanente en français passera par Edmonton.

« Depuis toujours, on parle de l’avenir d’Éduk, mais cela est surtout vrai depuis l’automne 2009 », a soutenu son président, Donald Michaud, à la dizaine de personnes réunies dans les locaux de l’ACFA de Saint-Paul, le 24 février dernier, pour participer à une assemblée générale spéciale de l’organisme.


Privé de financement récurrent, il avait même été décidé, en février 2010, de mettre en veilleuse les services d’Éduk. « Nous étions devant un grand défi, car on vivait depuis toujours avec du financement lié à la gestion de projets au niveau des programmes d’alphabétisation, mais sans financement de base, c’était extrêmement difficile de continuer », avoue M. Michaud.

À cette époque, le conseil d’administration d’Éduk a été mandaté d’étudier la situation et d’arriver avec une décision. « Nous savions que le financement ne suivrait pas, à moins d’une reconnaissance officielle. Au gouvernement fédéral, l’accent est mis sur des résultats concrets et ponctuels. Ils ne veulent rien savoir du financement de base, mentionne le président. Nous avons donc étudié les options viables. Plus d’une vingtaine de rencontres ont eu lieu, avec le Centre collégial, l’ACFA, la Fédération des parents et autres afin de regarder aux perspectives d’avenir et de collaboration. »

Par ailleurs, l’organisme devait aussi suivre l’évolution effectuée au niveau national. En effet, l’automne dernier, la Fédération canadienne pour l’alphabétisation en français (FCAF) est devenue le Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences (RESDAC).

« Aujourd’hui, on ne peut plus parler d’alphabétisation sans inclure les centres d’emploi par exemple. On parle maintenant d’une approche intégrée de développement de services en alphabétisation », explique Donald Michaud.

C’est pour cette raison que pour assurer le maintien de l’éducation permanente en français en Alberta, il a été décidé de travailler en étroite collaboration avec le Centre collégial. « Un partenaire incontournable », avance M. Michaud, mais qui signifie aussi « un déménagement du siège social à Edmonton ».

Ce dernier est d’avis qu’Éduk aurait été en mesure de continuer à fonctionner, « mais dans deux ans, on serait de retour à la case départ et il aurait fallu mobiliser les bénévoles pour assurer la survie », indique Donald Michaud en faisant allusion à l’organisation de diverses collectes de fonds, telle les soirées bingos. « Nous avons accompli ce que nous pouvions accomplir avec les moyens que nous avions », précise-t-il.

À noter que l’organisme compte maintenant un siège sur le comité consultatif du Centre collégial de l’Alberta. « C’est de cette façon que nous pourrons essayer d’influencer les décisions pour assurer un rayonnement de l’éducation des adultes, et ce, partout en province, pas seulement pour les personnes à Edmonton », affirme M. Michaud.

Retour aux sources
Ce déménagement de Saint-Paul à Edmonton signifie en quelque sorte un retour vers le futur. En effet, au début des années 80, la Faculté Saint-Jean avait son Centre éducatif communautaire de l’Alberta, qui était responsable de l’éducation permanente.

« À cause de compressions budgétaires, la Faculté a mis fin à l’éducation permanente, ce qui avait mené à la création de quatre bureaux, un à Edmonton, un à Calgary, un dans le Nord-Ouest et un ici à Saint-Paul », rappelle Donald Michaud.

« Au fil des ans, les autres bureaux ont fermé et seul celui de Saint-Paul a continué à fonctionner. Cela me fait dire que la décision qui a été prise n’est certainement pas liée à un problème de bénévolat, mais uniquement d’ordre financier », soutient-il.

Ramener Éduk à Edmonton est donc, en quelque sorte, un « retour au bercail ». « Comme dans toute décision, on a dressé la liste des pours et des contres et, à la fin, il y avait plus d’avantages à prendre cette approche. Il est par contre dommage de voir qu’un service qui était offert en région sera déplacé vers un grand centre », conclut le président d’Éduk.

Au cours des prochaines semaines, le conseil d’administration actuel d’Éduk sera dissout et certains membres du Comité consultatif du Centre collégial formeront le nouveau conseil.

 

 

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Aller au haut