Restauration d’un lieu historique francophone en Alberta

Parc Canada investit 14 500 $ pour la préservation de la Mission de Notre-Dame-des-Victoires/Lac La Biche, considérée comme un lieu historique du Canada.

L’argent sera remis à Lac La Biche Mission Historical Society qui œuvre à préserver la mission pour son caractère historique.

Le président de la société historique, Les Biollo, souligne qu’il s’agit d’un financement en contrepartie, ce qui signifie que le montant de la subvention doit être jumelé par l’organisme récipiendaire. « Les couts dépassent quelque peu ce qu’avait estimé le gouvernement, mais la société absorbera la différence », affirme M. Biollo.


La société historique avait réussi à amasser les fonds à la suite d’un incendie qui avait détruit un bâtiment de la mission, il y a trois ans de cela. « C’est un mal pour un bien. C’était difficile de perdre un édifice, mais l’argent des assurances nous permet de mieux protéger la mission dans son ensemble », indique le président.

La représentante francophone de Lac La Biche Mission Historical Society, qui siège également au comité de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) régionale de Plamondon/Lac La Biche, Fernande Plamondon, assure qu’il est urgent de protéger le patrimoine francophone. « Les bâtiments ont besoin de rénovations. Il faut protéger les façades de l’église contre les éléments extérieurs », avance la dame.

La société historique est soucieuse de ne pas altérer l’intégrité du site. C’est pourquoi l’argent investi servira à effectuer une étude architecturale pour déterminer les priorités à travailler lors de la réfection des bâtiments.

« Dès que l’étude sera complétée, nous pourrons entamer la restauration. Notre priorité sera de rénover les édifices selon les normes historiques, pour ensuite procéder à l’identification du site de la manière dont il devrait être interprété selon sa signification dans l’histoire », explique M. Biollo.

Cette étude sera déterminante dans la façon dont le site sera présenté au public dans les années à venir.

Le président explique que la mission témoigne d’un emplacement physique important dans le développement de l’Ouest canadien. « La Mission de Lac La Biche/Notre-Dame-des-Victoires a joué un rôle dans le commerce de la fourrure à l’époque, ainsi que dans le réseau de transport au pays. Il y avait aussi la dimension religieuse et le développement de l’éducation. C’était également un point de rencontre pour les cultures. C’est ici que les francophones, les premières nations, les Métis et les anglophones échangeaient », témoigne-t-il.

Sur la bonne voie pour recevoir du financement
Selon Les Biollo, la société historique n’aurait jamais été en meilleure posture pour recevoir plus de financement des différentes instances du gouvernement. De plus, l’étude architecturale donnerait plus de légitimité à la société pour du financement à venir.

Le président précise que la dernière restauration remonte déjà à 30 ans.

Mme Plamondon rappelle que la société avait déjà essayé d’obtenir du financement auparavant, mais sans succès. « Nous sommes très fiers que le gouvernement protège la mission. Nous essayons toujours de garder notre langue à la mission », précise-t-elle.

Elle ajoute que ce ne sont pas tous les membres qui siègent sur le conseil d’administration de Lac La Biche Mission Historical Sociéty qui parlent français. « Ceux qui veulent nous aider, il faut les prendre », indique Mme Plamondon.

Décès d’un pilier
L’ancien maire de Lac La Biche de 1990 à 1995, Tom Maccagno avait fait reconnaitre la Mission de Lac La Biche/Notre-Dame-des-Victoires en tant que lieu historique national. Son décès survenu le 7 janvier 2012 aura créé une onde de choc dans la communauté de Lac La Biche.

Fernande Plamondon avoue qu’il s’agit de la perte d’un allié francophone de longue date. « M. Maccagno était très impliqué dans la mission, pendant des années », dit-elle. Elle croit tout de même qu’il en va de la responsabilité du gouvernement de préserver la langue et la culture canadienne-française.

« Tom Maccagno était un véritable défenseur de la mission et sa signification historique. En tant qu’historien, il s’intéressait à toute la région, mais était passionné par Lac La Biche et la mission », soutient M. Biollo.

Retombées attendues
La représentante de l’ACFA à la société historique croit que cette restauration apportera beaucoup de touristes à la région. « C’est un site catholique qui reconnait l’histoire francophone en Alberta », se réjouit-elle.

Les Biollo confirme que cette réfection apportera beaucoup de retombées positives sur la région en terme de tourisme. Il espère voir de gros changements à la mission d’ici les trois prochaines années, s’il n’a pas à jongler avec des problèmes de financement.

Il assure que l’héritage canadien-français sera respecté, tout au long du processus. « La culture canadienne-française est définitivement présente à la mission, ne serait-ce que par l’architecture. Les faits historiques sont là pour de bon et c’est d’ailleurs notre raison d’être que de les préserver et leur offrir de la visibilité », conclut M. Biollo en parlant de la société historique.
 

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