Centre culturel de Saint-Paul : un avenir francophone?

L’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) régionale de Saint-Paul revend l’édifice du centre culturel au Conseil scolaire Centre-Est (CSCE) pour la somme symbolique de 1 $.

 

Depuis le déménagement des élèves de l’école du Sommet dans leurs nouveaux locaux en février 2011, le CSCE, principal locataire du centre culturel a lui aussi déménagé dans l’ancienne école laissée vide. Sans les revenus du conseil scolaire, l’ACFA n’arrivait plus à couvrir ne serait-ce que les frais d’entretien de l’immeuble. La possibilité de revendre le centre au CSCE était envisagée par les deux organismes depuis le mois de juillet dernier.

 

 

Les derniers détails de l’entente ont été fignolés le 10 janvier dernier avant de recevoir l’approbation du Conseil scolaire. « La prochaine étape sera de faire réviser l’entente par les avocats avant la signature des deux parties. On voudrait que ça se fasse d’ici la fin janvier pour pouvoir procéder au transfert de titres », avance le directeur général du CSCE, Marc Dumont.

 

L’avenir du centre culturel n’en est pas décidé pour autant. « C’est difficile à dire de façon définitive parce qu’on ne détient pas encore les titres », précise M. Dumont. Le CSCE observe, pour l’instant, quelques options de développementqui s’offrent à lui maintenant qu’il a fait sa dernière acquisition.

 

Rien n’est encore joué

 

Une des alternatives serait d’utiliser des fonds reçus du gouvernement provincial lors de négociations antérieures, afin de démolir l’édifice du centre culturel.

 

Une autre particularité qui vient jouer avec le sort réservé à la bâtisse serait la vente potentielle de terrains appartenant au CSCE, jouxtant le centre culturel. Le conseil est présentement en pourparlers avec le conseil scolaire anglophone de la région à ce sujet. Marc Dumont a été mandaté afin de vérifier si l’intérêt de St-Paul Education pour l’achat des terrains était sérieux.

 

Néanmoins, les plans d’aménagement du CSCE vont incorporer des locaux pour l’ACFA, ainsi que d’autres locataires comme la troupe de danse Les Blés d’or, et un espace sera réservé pour le projet d’une garderie francophone. Cette initiative irait, par ailleurs, dans le même sens qu’une des recommandations du ministre de l’Éducation, Thomas Lukaszuk, de faciliter l’accès à des services de garde à proximité d’établissements scolaires.

 

Respecter son mandat

 

Les couts d’entretien et de réfection de l’édifice du centre culturel devenaient trop lourds à payer pour l’ACFA de Saint-Paul. Les travaux de rénovation étaient estimés à 1,2 million $, sans compter l’aménagement intérieur. L’association louera, à prix modique, les portatives de l’ancienne école du Sommet, en attendant que le CSCE termine ses travaux d’aménagement et leur octroie une place à l’intérieur de l’ancienne école.

 

Auparavant, le CSCE louait des locaux à l’ACFA dans l’édifice du centre culturel. Le conseil a récemment déménagé dans la bâtisse de l’ancienne école du Sommet, adjacente au centre culturel. « Le conseil scolaire était un gros gagne-pain, et avec l’école du Sommet à côté du centre, tout bouillonnait. Démolir une bâtisse coute cher et nous sommes d’accord avec le pas qu’il faut faire. Nous sommes chanceux que le CSCE reprenne le centre », affirme un membre actif de l’ACFA régionale de Saint-Paul, Laval Pelchat, qui a participé aux rencontres d’informations concernant l’avenir de l’édifice.

 

Le vice-président de l’ACFA régionale de Saint-Paul, Bertrand Poulin, assure que l’ACFA pourra dorénavant s’investir davantage dans l’organisation d’activités qui font la promotion de la culture canadienne-française et de sa langue, bien qu’il tient à souligner que les activités n’ont jamais souffert à cause des responsabilités reliées à l’entretien du centre culturel.

 

« On a toujours pu s’arranger dans la communauté. Il n’y aura pas nécessairement plus d’activités, mais nous pourrons offrir des activités de meilleure qualité, nous pourrons offrir plus dans chacune d’elles », laisse-t-il entendre.

 

Il s’agit d’une décision financière. « C’est un bon avancement pour l’ACFA. Maintenant, nous avons l’assurance d’avoir des locaux pour nos activités et les fonds seront mieux investis pour les francophones plutôt que dans les dépenses de l’édifice », affirme Bertrand Poulin. Ce dernier rappelle que l’entretien et la gérance de l’édifice ne correspondent pas au mandat de l’Association.

 

Il précise que la reconstruction du centre à la suite d’un incendie en 1981 ne permettait pas de classer l’édifice comme étant historique, ce qui ferme la porte aux investissements gouvernementaux pour la rénovation. M. Poulin indique également, la difficulté de louer des locaux à prix élevé en région éloignée.

 

Reculer pour mieux avancer

 

« Nous achetons la bâtisse pour aider l’ACFA, admet Marc Dumont. Nous tenons compte des arrangements que nous avons eus par le passé dont le CSCE a bénéficié, et de la relation symbiotique entre les organismes au fil des ans. » L’ACFA avait acheté le même édifice du CSCE en 1995, pour la même somme symbolique.

 

Laval Pelchat se souvient, avec un peu de nostalgie, des bons moments passés au centre et la fierté de faire partie d’un centre culturel francophone. « On en perd d’un côté, mais on gagne de l’autre. Il y a 25 ans, il n’y avait pas d’école francophone et l’assimilation était terrible », se remémore ce dernier.

 

Il déplore toutefois que bien des organismes comme la caisse populaire, le conseil de pastoral, etc., transigeaient en français durant ces années, une pratique qui s’est perdue aujourd’hui alors que ces organismes sont dirigés par des anglophones.

 

Il garde toutefois espoir devant la relève de l’école du Sommet qui crée une fierté, selon lui.

 

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