Transmettre pour avancer

Images, faits, histoires, personnages et objets : l’histoire de la communauté francophone de Canmore a été étudiée sous tous ses angles vendredi 12 octobre au Centre scolaire communautaire de Canmore. L’ACFA de Canmore-Banff et la Société historique francophone de l’Alberta se sont alliées pour organiser deux ateliers inspirants : une expérience enrichissante qui donnera lieu à la confection de quatre courtepointes à l’effigie de la francophonie locale.

Un extrait de la presentation de Denis Perreaux directeur de la Societe historique francophone de lAlberta

Les deux foires historiques, tenues l’une dans l’après-midi et l’autre en soirée, étaient placées sous le thème de la courtepointe, cette couverture à carreaux traditionnelle, doublée puis piquée ou brodée. « C’est quelque chose qui a marqué la communauté francophone, indique Geneviève Poulin, présidente de l’ACFA de Canmore-Banff. Dans le temps des premiers arrivants, les francophones n’avaient quasiment rien et ont dû bâtir. C’est un beau processus de construire quelque chose à partir de rien ».

Une histoire inspirante

Symbole de la construction communautaire, les couvertures seront brodées par les couturiers de la Canmore Art Guild, reconnue pour sa grande expertise. Ils s’inspireront des anecdotes, des personnages emblématiques, des visages, des routes et des montagnes de la région de la Bow Valley, racontés par Denis Perreaux, directeur général de la Société historique francophone.

Le passionné d’histoire fouille les recoins de cette origine francophone de la vallée. « L’idée, c’est vraiment de parler de la communauté locale », rappelle-t-il. Aussi, l’historien a relaté entre autres le parcours de Pierre-Jean De Smet, ce missionnaire franco-belge arrivé en 1845 dans la région de Canmore qui voulait pacifier les relations entre les peuples autochtones alors en guerre.

Puis, c’est l’histoire du chemin de fer qui a été contée. « Les endroits se sont développés au fur et à mesure que le train passait », illustre Denis Perreaux. En 1884, un poste de la voie ferrée est établi à Canmore, accélérant l’émergence de la région. Autre anecdote historique qui a été abordée lors de la rencontre : la première mission du sud de l’Alberta, Notre-Dame de la Paix, habituellement associée à Calgary, était en fait basée à l’origine à Bragg Creek !

Pour déceler les pépites de l’histoire, Denis Perreaux fait appel aux archives, notamment celles de Peel’s Prairie Provinces, une vaste collection de l’Université de l’Alberta disponible en ligne. Les numéros numérisés du Franco, du Courrier de l’Ouest et du Patriote sont aussi épluchés. Pendant une heure et demie, les trente participants ont pu profiter de ce travail de recherchiste et de passeur. « Les gens voulaient encore plus de détails, ce qui est difficile car les histoires paroissiales ne sont pas très détaillées, parfois même contradictoires. Mais j’aime beaucoup ce genre-là de commentaires », rapporte Denis Perreaux, témoin de l’intérêt des habitants.

Un lien entre passé et avenir

« C’est important de connaître et maîtriser notre histoire pour s’avoir où on veut s’en aller, confie Geneviève Poulin. Savoir qu’il y a eu des pionniers qui sont passés et ont eu une influence dans la région, voir que des liens ont été bâtis dans le passé, c’est essentiel. »

Les ateliers étaient principalement en français mais parfois bilingues, dans un souci d’inclusion. « C’était plus en anglais dans l’après-midi et en français dans la soirée. Mais finalement ça a été un mélange des deux, constate Denis Perreaux. Même des gens de Calgary et de Seattle sont venus ! » Et la trentaine de participants en ont redemandé. « C’est beau de voir l’intérêt des gens qui veulent passer l’histoire à leurs enfants », commente à son tour la présidente de l’ACFA régionale.

Avec la foire historique, l’idée n’est pas de faire une leçon d’histoire exhaustive, mais bien de rapporter des faits éparpillés qui, liés les uns aux autres, racontent les origines de la communauté. « On veut rejoindre les gens et stimuler l’intérêt à l’histoire », confie Denis Perreaux. Les recherches historiques vont se poursuivre, notamment autour de l’influence des mines de charbon dans la région, puis un compte rendu sera remis aux couturiers qui s’en inspireront pour confectionner quatre courtepointes. Les couvertures seront ensuite utilisées fièrement pour la levée du drapeau franco-albertain en mars prochain.

Par ailleurs, la Société historique sollicite d’autres communautés franco-albertaines pour accueillir des foires historiques : St Isidore, Bonnyville, Calgary, Grande Prairie… La prochaine foire aura lieu à Edmonton le 24 novembre, le même jour que l’assemblée générale annuelle de la Société. Puis, ce sera au tour de Lethbridge le 1er mars et Camrose le 8 mars.

Pour creuser l’histoire locale : http://peel.library.ualberta.ca/index.html

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