Éducation : consultations sur la loi 18 à Jasper

La série de consultation Our children, our future : getting it right, organisée par Exprimes-toi, l’organe qui permet aux élèves de l’Alberta d’émettre leur point de vue dans le but d’améliorer le projet de loi 18 concernant le système d’éducation, s’est rendue à Jasper, le 13 décembre dernier, pour y tenir la seule consultation en français pour les élèves de la 9e à la 12e année, à l’école Desrochers.

Gabriel Kreiner étudie à l’école francophone de Jasper, il est également le seul élève francophone à siéger sur le conseil d’élèves du ministre. « Notre école avait beaucoup de choses à dire, mais nous n’étions pas seuls, il y avait aussi les élèves en immersion à Jasper. C’était intéressant parce qu’à notre rencontre, c’était juste les élèves qui s’exprimaient », précise le jeune homme.


Alberta Education en est à colliger les informations des jeunes sur ce qui devrait se retrouver dans la nouvelle loi scolaire. Les points sont soulevés sans tabous et remettent parfois en question le fonctionnement complet du système d’éducation. « Si nous voulons appliquer dans la pratique les connaissances théoriques que nous possédons, il va falloir ouvrir certaines barrières parce que maintenant, c’est très régimenté », affirme la directrice de l’école Desrochers, Hélène Gendron.

Celle-ci interroge jusqu’au calendrier scolaire qui a été instauré au temps où les enfants travaillaient à la ferme durant l’été. « Est-ce que ça s’applique encore aujourd’hui en ville? Il faut au moins poser la question », argumente-t-elle.

L’école industrielle
Une question abordée souvent par le ministre Thomas Lukaszuk durant les consultations est : comment créer un environnement scolaire sécuritaire, où les élèves auront envie d’apprendre? « On veut mettre fin à l’intimidation. Nous voulons sentir de l’amour dans les relations entre les élèves, mais aussi avec les professeurs et la direction. On ne veut pas sentir d’intimidation nulle part », témoigne Gabriel.

Mme Gendron se dit agréablement surprise des conclusions ressorties à la fin de cette consultation. Les commentaires des élèves se situaient beaucoup plus au niveau des relations interpersonnelles et affectives, alors qu’elle s’attendait à ce que ces derniers mettent l’accent sur l’utilisation des nouvelles technologies dans le cursus scolaire.

« Ils veulent des enseignants passionnés qui vont leur transmettre l’intérêt. Pour bien apprendre, ils veulent que le système soit plus humain et moins académique. Ils sont prêts à sortir de l’ère industrielle pour qu’on ne les traite pas comme des machines », souligne la directrice. Cette dernière déplore d’ailleurs le modèle industriel sur lequel est basé le système d’éducation qui produit présentement des élèves en série.

L’agent de communication à Alberta Education, Gregg Kuziniuk, était présent lors de la séance à Jasper. Il observe une tendance très similaire chez les élèves à travers la province, tant francophones qu’anglophones. « Les jeunes veulent être mieux préparés à vivre en société dans leur futur. Ils veulent développer davantage leurs aptitudes sociales et par exemple, apprendre à faire un budget, où comment établir ses priorités. Ils veulent plus de flexibilité dans leur système d’éducation », laisse entendre M. Kuziniuk.

Apprendre à apprendre
Le conseil étudiant du ministre est un des quatre volets de l’organisme, Speak out, Exprimes-toi, créé au sein d’Alberta Education, pour impliquer les élèves dans l’élaboration des politiques scolaires au gouvernement. « On est vraiment les experts de l’éducation, c’est nous qui la vivons tous les jours et c’est important que les gens sachent ce que l’on pense », avance Gabriel Kreiner.

Ce dernier fait partie du conseil depuis septembre dernier, à la suite du processus de sélection qui suivait sa mise candidature en ligne. Selon lui, il s’agit d’une opportunité sans pareille.

Le jeune homme souligne la chance des élèves de l’Alberta d’avoir leur mot à dire quant aux politiques relatives au système d’éducation. « Ça vaut la peine de participer parce que je sens que les gens écoutent et prennent nos demandes au sérieux. C’est sûr qu’il est impossible d’entendre tout le monde et c’est pour cette raison qu’il est important pour les élèves de savoir qui est leur représentant pour amener leurs revendications jusqu’au ministre », explique celui qui avoue être de plus en plus intéressé par la politique.

Il ajoute qu’un tel organisme serait pertinent au sein de la communauté franco-albertaine, et pourquoi pas, pour la province au complet.

Exprimes-toi comprends aussi un volet forum, ainsi qu’un site web, et organise des conférences dans les écoles dans les deux langues officielles afin de recueillir le point de vue des élèves et les intégrer au processus de décision.

Le ministre Thomas Lukaszuk envisage de présenter le projet de loi 18 concernant la réforme scolaire lors de la prochaine séance parlementaire.

 

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