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Médiathèque de Lethbridge: Une année 2017 difficile

Jeudi 15 mars, dans la salle de réunion de la Cité des Prairies, l’assemblée générale annuelle (AGA) de la médiathèque de Lethbridge a eu lieu. L’année 2017 a été revue par le conseil d’administration et le problème épineux du financement a été étudié de près. Les années à suivre s’annoncent tout aussi difficiles.

Mediatheque francophone de Lethbridge

« Nous avons parlé du défi d’honorer nos obligations financières auprès de la Cité des Prairies », indique François Eudes, président de l’association de la médiathèque de Lethbridge. En effet, sans fonds depuis le mois de mai 2017, l’organisme peine à payer son loyer pour le local qu’il loue au sein de la Cité. Sans compter qu’il n’y a aucun salarié.

« Tous sous le même toit »

Les organismes locataires de la Cité ont fait preuve de solidarité envers la médiathèque. « Ils se sont rendu compte qu’il était important d’avoir tous les organismes sous le toit de la Cité des Prairies, ils ont accepté de prendre une responsabilité accrue sur le loyer, en particulier l’ACFA régionale », précise François Eudes. Outre l’aide financière, l’ACFA régionale de Lethbridge fournit aussi une personne depuis le mois de septembre, Marilou Dupray, une étudiante à l’université de Lethbridge, à hauteur de 12 heures par semaine.

« Nous vivons tous sous le même toit ». C’est avec cette idée en tête que les décideurs des organismes voisins ont choisi d’appuyer la médiathèque. « Chaque organisme offre un apport, une contribution à l’espace francophone. Car en perdant l’un d’entre nous, tout le monde est pénalisé », relève François Eudes.

Si les autres organismes se sont engagés à prendre davantage d’espace et, par conséquent, à absorber une part plus importante du loyer, la médiathèque, elle, a réduit son espace au sol : « On a regroupé des livres sur moins d’étagères et on a transféré des livres à Brooks et à Banff », informe le responsable qui veut désormais revoir le loyer pour le réduire de 1 000 dollars à 800.

En manque de financements

L’autre leçon tirée durant l’AGA concerne la décision prise il y a quatre ans de voler de ses propres ailes. « Il arrive que des décisions soient prises lors d’une AGA qui peuvent avoir des conséquences à long terme qui ne sont pas nécessairement perçues lors de la prise de décision », observe François Eudes. Car la situation financière était plus confortable lorsque la médiathèque était encore sous la tutelle de la Cité des Prairies: elle bénéficiait alors d’un casino. « Sur le coup, cela semblait logique avec cette perception de réduire le risque de conflit d’intérêt, mais ce faisant on a placé la médiathèque sans financement de casino pendant cinq ans, ce qui a créé énormément de défis », remarque le responsable. La médiathèque aura à nouveau accès au casino d’ici à deux ans, représentant près de 12 000 dollars par an.

Quelques pistes ont été explorées afin de pallier le manque d’argent. Une levée de fonds s’est achevée il y a deux semaines et a récolté 700 dollars grâce à la vente de livres. En outre, un système de levée de fonds via un catalogue d’abonnements a permis de reverser un pourcentage des revenus à la médiathèque.

Malgré ces petites bouffées d’air, reste le problème des salaires. À l’heure actuelle, « aucun programme fédéral ou provincial ne permet de couvrir les salaires d’une bibliothèque francophone », renseigne le président de l’association. Et l’ACFA provinciale ne semble pas se pencher sur le problème. « Nous n’avons pas eu de rencontre avec Marc Arnal. En fait, je ne sais plus à quand remonte la visite d’un dernier président de l’ACFA, ça fait des années et des années. On est très loin d’être dans leur radar », confie François Eudes.

Les activités continuent malgré tout

Le manque d’argent n’empêche pas la médiathèque d’avancer. Un service de collections mobiles est en expansion avec les bibliothèques publiques de la région. Lethbridge, Coaldale, Pincher Creek, et récemment Brooks et Banff font désormais partie du réseau. « On a un bon trafic de prêts de livres entre les bibliothèques », se réjouit François Eudes.

Avec 6 000 ouvrages dans la collection permanente à la Cité des Prairies et près de 800 dans les collections mobiles, la médiathèque couvre un champ large. Grâce à un financement reçu récemment du Community Initiative Program (CIP), de 18 000 dollars sur 18 mois, l’organisme va continuer d’étoffer ses collections mobiles, « en ciblant les lecteurs de 5 à 14 ans ».

Une nouvelle demande de financement a été déposée récemment auprès de Patrimoine canadien pour l’organisation d’une activité inédite. « Il s’agit d’un espace créateur qui amènerait les gens de la communauté à partager leurs savoir-faire et expertise, par exemple en photographie, couture, poterie, dans l’espace partagé de la Cité. C’est important que les bibliothèques offrent davantage de services que la simple location de livres », précise François Eudes.

En définitive, l’AGA aura permis d’y voir plus clair sur une situation épineuse pour l’organisme. « La médiathèque va avoir encore deux années difficiles, et après ça devrait se trouver dans une situation financière améliorée », résume le président de l’association.

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