École francophone à Lac La Biche : le projet se concrétise

Les deux écoles potentielles à accueillir le nouveau programme francophone à Lac La Biche.Les démarches pour l’ouverture d’une école francophone à Lac La Biche sont officiellement entamées entre le Conseil scolaire Centre-Est (CSCE) et le secteur du plan capital du ministère de l’Éducation de l’Alberta.

Le directeur général du CSCE, Marc Dumont, prévoit même une première cohorte d’élèves dès septembre 2012.

« Nous voulons un programme qui offrirait de la prématernelle à la 2e année pour commencer. On ne se fait pas d’illusion pour offrir des cours jusqu’à la 6e année. La première année qu’une école ouvre ses portes il y a toujours moins d’élèves, les gens observent », assure-t-il, confiant.


Marc Dumont rappelle qu’il n’existe pas de programme d’immersion dans le secteur de Lac La Biche pour l’instant. De plus, l’école francophone laplus près se trouve à 30 kilomètres de la municipalité, soit à l’école Beauséjour de Plamondon.

Des données contradictoires
Voilà plusieurs années que le CSCE soumet le projet d’une école francophone à Lac La Biche. Cependant, le moment semblait toujours inopportun et les données recensées par Statistique Canada en 2006 ne justifiaient pas l’implantation d’une école de langue française dans le secteur.

Les parents de Lac La Biche qui désirent éduquer leurs enfants en français devaient donc les envoyer à l’école Beauséjour.

« Statistique Canada utilise le critère du français comme langue maternelle pour déterminer la population francophone d’une région, mais ça ne veut pas dire que dans ces endroits, il n’y a pas des jeunes qui sont admissibles dans nos écoles. Nous avons beaucoup d’enfants dont la langue maternelle n’est pas nécessairement le français », indique M. Dumont.

Le CSCE a donc mandaté la firme de recherche du Manitoba, Kisquared, d’effectuer une étude démographique de Lac La Biche et ses environs afin de déterminer l’intérêt de la population à envoyer leurs enfants à une école francophone s’ils en avaient l’opportunité.

Cinq-cents foyers dans la région de Lac La Biche, Plamondon et Lakeland County ont été conviés de répondre à un questionnaire.

Une étude révélatrice
« Les résultats sont surprenants, affirme Marc Dumont. Il a 71 élèves potentiels de 0 à 4 ans dans la région. Ça ne veut pas dire qu’ils vont tous choisir de fréquenter l’école francophone, mais c’est beaucoup plus grand que ce quoi on s’attendait. »

L’étude démontre qu’une proportion non négligeable, soit le tiers des familles éligibles à étudier en français, enverrait leur enfant à l’école francophone si cette dernière se situait à moins de 14 km de Lac La Biche. La distance augmente jusqu’à 31 km pour les villages de la région de Lakeland County.

« Les études nationales démontrent que la proximité de l’école est un facteur déterminant par rapport au choix de l’institution, sinon les parents préfèrent envoyer leurs enfants étudier en anglais », admet Marc Dumont.

Un projet mis en branle
Le CSCE a déjà approché le conseil scolaire anglophone Northern Lights afin de lui suggérer des partenariats temporaires avec différentes écoles, soit en implantant des unités modulaires à une école existante, soit en partageant une école anglophone. « Ce sont des solutions temporaires », assure M. Dumont.

Le conseil Northern Lights terminera la construction d’une nouvelle école d’ici deux ans. « Le CSCE serait intéressé à un transfert de bâtiment, mais nous ne voulons pas d’un bâtiment qui tombe en morceau. Le conseil a toujours poussé pour faire valoir le concept d’équivalence entre les écoles francophones et anglophones », insiste le directeur général.

Un coordonnateur de projet, Donald Michaud, prédécesseur de M. Dumont à la direction générale du CSCE, a d’ailleurs été engagé pour mener à terme le projet à Lac La Biche. « Nous avons besoin de quelqu’un sur place afin d’organiser des séances d’informations, de rencontrer les familles et répondre à leurs questions », explique Marc Dumont.

Ce dernier se dit optimiste quant à l’ouverture d’une école à Lac La Biche, et même ailleurs dans le Centre-Est. « Si tout va bien avec ce projet, nous considérons la possibilité d’entreprendre les mêmes démarches dans la région d’Athabasca », conclut-il.

 

 

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Aller au haut