Médiathèque francophone de Lethbridge: Besoin urgent de financement

Sans soutien financier, la médiathèque francophone de Lethbridge lutte pour survivre. Une consultation entre les membres de son conseil d’administration s’est tenue samedi 9 décembre pour discuter des solutions éventuelles. Les options évoquent plusieurs voies, mais l’association compte beaucoup sur la Politique de services en français.

Mediatheque francophone de Lethbridge

La médiathèque francophone de Lethbridge possède une large collection de 6 000 ouvrages, comprenant livres, bandes dessinées, DVD et CD. Sous le toit de la Cité des Prairies, elle dessert une clientèle composée de francophones et francophiles tout en partageant des collections mobiles au sein des bibliothèques municipales de Lethbridge, Pincher Creek et Coaldale.

Sauver la médiathèque

La médiathèque est à l’origine un projet de la Cité des Prairies créé en 2008. Elle est devenue il y a trois ans un organisme à but non lucratif, afin de lui accorder assez de temps et d’énergie de manière indépendante.

La consultation du 9 décembre s’est faite avec une dizaine de membres de l’association qui gère la médiathèque et quelques usagers. Elle a fait suite à une autre forme de consultation, cette fois en ligne, par laquelle une quarantaine de personnes ont pu s’exprimer lors du brunch de Noël organisé par l’ACFA.

François Eudes, président de l’association de la médiathèque de Lethbridge, rapporte que les gens veulent conserver la collection au sein de la Cité des Prairies plutôt que dans les bibliothèques municipales. « La Cité est un lieu de convergence, l’occasion de se rencontrer, un lieu de discussion et pas seulement d’emprunt », souligne-t-il.

Vue panoramique de la Mediatheque 1

Une situation critique

Jusqu’à présent, la médiathèque avait fonctionné sur des financements annuels du Patrimoine canadien et du Community Initiative Program (CIP). Elle avait aussi bénéficié des fonds du casino à un moment donné, et des fonds de l’Official Languages Program, un programme fédéral géré par le ministère de l’éducation qui a permis de couvrir le salaire d’une bibliothécaire, « ce qui a fait une énorme différence », relève François Eudes.

Mais depuis deux ans, la médiathèque n’est plus gérée que par des bénévoles. Pire encore, depuis le mois de juin, elle n’est plus capable de payer le loyer. « Nous avons la chance d’avoir grâce à l’ACFA de Lethbridge une personne employée 10 heures par semaine qui travaille sur le projet pour relancer le service et communiquer à nouveau avec les usagers. Et la Cité des Prairies nous a exemptés de loyer pour un an », remercie le président de l’association.

Aujourd’hui, il faudrait 10 000 dollars pour couvrir un an de loyer, et un bon 35 000 pour payer le salaire d’une bibliothécaire à 25 heures par semaine.

Mediatheque section jeunesse 2

Quelles solutions sur le long terme ?

La médiathèque a fait une demande il y a un an pour avoir de nouveau accès au casino. Approuvée pendant l’été, elle est désormais placée sur file d’attente. « Ça peut prendre plusieurs années car il y a des centaines d’organismes devant nous », observe François Eudes. Rappelons que chaque organisme à but non lucratif en Alberta peut recevoir des fonds de casinos en échange de bénévolat, constituant ainsi une source de financement substantielle.

L’association est aussi en contact avec Patrimoine canadien pour mettre en place un projet ponctuel autour du livre, dont la préparation devrait se faire en février prochain. Enfin, il est prévu que la médiathèque se rapproche des écoles d’immersion « pour proposer des projets conjoints et financer le salaire d’une bibliothécaire ».

Une Politique de services pour plus de stabilité

Malgré les idées subsiste le problème de la continuité et de la stabilité dans le financement. D’où l’importance de la nouvelle Politique de services en français pour François Eudes. « Il faut commencer quelque part avec cette politique, et les services de bibliothèque seraient un bon point de départ », estime le responsable.

François Eudes souhaiterait que la Politique annoncée par la province en juin dernier bénéficie à la médiathèque. « En prenant appui sur cette politique, nous devrions avoir le choix de diriger nos impôts locaux vers un service de bibliothèque en français », considère-t-il. D’autant plus que, d’après lui, ceux qui ont fait le choix de l’éducation en français dans les écoles francophones ou d’immersion, un nombre non négligeable, seraient intéressés à soutenir un service bibliothécaire en français ou bilingue.

« La municipalité est le premier point d’interaction avec les gens, beaucoup plus que les autres paliers du gouvernement, provincial ou fédéral », ajoute le responsable. Ces questions seront discutées avec le nouveau président de l’ACFA provinciale Marc Arnal, en février ou mars 2018, afin d’approcher le gouvernement provincial.

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