Imprimer cette page

La Radio CKRP n'est plus

Après plusieurs années à survivre de peine et de misère, le couperet est tombé; CKRP, la radio communautaire francophone de Rivière-la-Paix cessera d’émettre. Lors de l’assemblée générale du 15 juin dernier, l’ancien président du C.A de l’ACFA de Rivière-la-Paix et ex-animateur de CKRP, Joel Lavoie a dressé le portrait actuel de la radio aux membres présents sur place. Équipement désuet et un manque de bénévoles impliqués sont à l’origine de la décision.

 

« Cela coûterait près de 40 000$ pour mettre à jour l’équipement et les tours d’émissions. Nos membres ont jugé que cela n’en valait pas le coût », mentionne Mme Maryse Simon, nouvelle présidente du conseil d’administration de l’ACFA régionale de Rivière-la-Paix. À 20 voix contre 7, les membres de l’ACFA ont voté pour la fin de la gestion de la radio communautaire.  

Logo CKRP site

Car c’est bien une fin de la gestion de la radio communautaire dont il s’agissait à l’origine. M. Joël Lavoie, lors de son allocution du 15 juin dernier, mentionnait l’existence d’un comité radio, formé pour aider à la préparation de la programmation de CKRP. Par manque de bénévoles, ce comité a également cessé d’exister et la programmation en a souffert. « L’ACFA était très ouverte à céder la gestion de la radio à toute personne prête à l’aider à poursuivre sa mission d’information, mais nous n’avons eu aucune candidature. Nous n’avions donc pas d’autres choix », ajoute Mme Simon.

Des subventions gouvernementales trop maigres

La question du financement de CKRP est également devenue une question politique par les temps qui courent. Mme Carole Saint-Cyr, secrétaire du conseil d’administration de la nouvelle antenne Radio-Cité, a fait de nombreuses démarches auprès des différents paliers de gouvernements afin d’obtenir du financement. « Il y a une subvention précisément pour les radios communautaires chez Patrimoine Canada, elle couvre l’achat d’équipement et une partie du salaire pour démarrer le projet », mentionne-t-elle, tout en précisant l’absence de subventions afin de financer les frais d’opération.

Du côté des gouvernements municipaux et provinciaux, Mme Saint-Cyr y va d'un même son de cloche : « Il n’existe pas vraiment de subventions précises pour les radios communautaires de ce côté », ajoute Mme Saint-Cyr.

Une radio avant tout une entreprise

Toutefois, selon la secrétaire du C.A de Radio-Cité, la principale cause des difficultés des radios communautaires réside dans leur capacité à vendre de la publicité. « Le revenu d’une radio, c’est la publicité et pour vendre de la pub, il faut un bon bassin de population qui peut attirer les annonceurs », résume Mme Saint-Cyr.

Toujours selon la principale intéressée, ce devoir de vente de publicité peut être lourd à porter pour une ACFA régionale. « Ce sont des gens qui s’impliquent, qui font du bénévolat, qui ont des familles. Ça peut être compliqué de gérer une radio dans ces conditions », poursuit-elle.

 

Radio-Cité une possible relève?

Pour le moment, CKRP restera fermée jusqu’à nouvel ordre. L’antenne communautaire devenait lourde à porter pour l’ACFA régionale, autant en terme de temps que financièrement. Faut-il y voir un mal pour un bien ? « La fin de la radio va nous permettre de consacrer davantage de temps et de ressources sur le volet communautaire de l’ACFA et ainsi augmenter notre offre de service. Ce n’est pas forcément négatif », affirme Mme Simon.

 

De son côté, questionnée à savoir si Radio-Cité pourrait s’étendre en région, Mme Saint-Cyr ne ferme pas la porte si la volonté des résidents de Falher et Rivière-la-Paix est toujours présente. « On espérait que Falher attende que nous soyons en ondes et avec notre programmation, nous aurions pu combler leur grille-Horaire », conclut-elle.

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Éléments similaires (par tag)