Fort McMurray: Un an et demi après, « à 95% rétablis »

Suite aux incendies de Fort McMurray déclarés en mai 2016, les organismes communautaires de l’ACFA de Wood Buffalo et de l’école Boréal avaient dû fermer leurs portes pendant près d’un an. Tous deux rouverts depuis avril dernier, ils témoignent du rétablissement de la situation, malgré quelques familles encore dans le besoin.

Angelina Gionet, directrice de l’ACFA de Wood Buffalo, estime que l’organisme est presque entièrement rétabli. « Il reste encore quelques petits détails, mais ça fait deux semaines qu’on a vraiment ouvert tous les services à la clientèle de l’ACFA, et tous les services de la garderie sont fonctionnels ».

Au niveau de l’école Boréal, la directrice Sonia Coulombe indique elle aussi que les locaux ont été réintégrés en avril dernier. « On a pu recommencer une nouvelle année dans un autre milieu. C’est un très beau début d’année scolaire », estime-t-elle.

mcmurray

Encore besoin de soutien psychologique

Si la situation matérielle est réparée, il reste néanmoins la question du besoin de soutien psychologique. « On vient de faire une demande d’extension à la Croix-Rouge au niveau de la résilience, pour soutenir les gens qui doivent faire face à la reconstruction de leur maison, aux problèmes d’assurance, à l’attente et à la fatigue morale », précise la directrice de l’ACFA de Wood Buffalo.

Soulignons ici que si les familles touchées par les incendies pouvaient espérer rentrer chez elles en décembre 2017 au plus tard, plusieurs problèmes avec les contracteurs sur les chantiers ont repoussé cette échéance à… décembre 2019 !

« Le problème que ce délai pose pour certaines personnes, c’est que les assurances couvrent seulement un certain temps leurs frais de relogement », relève à juste titre Mme Gionet. Elle explique à cet égard que « la communauté s’est prise en main, reste à l’écoute des besoins des gens, et essaie de trouver des solutions à ce genre d’imprévus ».

Des aides appréciables

L’ACFA de Wood Buffalo peut compter sur le soutien de la Croix-Rouge qui a fourni des fonds destinés à appuyer la santé mentale des victimes. « Grâce aux fonds, nous avons établi un partenariat avec la clinique francophone de Calgary, afin d’offrir des services, des ateliers, des présentations, et des rencontres de groupe », détaille Angelina Gionet. « C’est une chance qu’ils nous aient aidés, surtout pour les familles sans assurance », ponctue la directrice.

L’ACFA a dû fermer ses portes pendant un an, du 3 mai 2016 au 17 avril 2017. Pour faire face à la situation, l’organisme a aussi pu compter sur le soutien de la provinciale : « L’ACFA provinciale est venue nous épauler à un moment où il fallait prendre une décision sur la fermeture définitive ou non de nos portes. On est arrivés à une entente : fermer les services seraient très dommageables pour la communauté. Ils nous ont donc fait des prêts », explique Angelina Gionet.

En outre, près d’un an et demi depuis les faits, Alberta Health a finalement assigné une coordinatrice des services en santé en français à Fort McMurray, dont le rôle est d’identifier les besoins et trouver des solutions aux problèmes des francophones.

L’école Boréal a de son côté pu compter sur les assurances et le Conseil scolaire Centre-Nord pour la gestion de rénovations. De plus, « la Croix-Rouge a donné des fonds pour avoir une coordinatrice et conseillère en comportement », ajoute Mme Coulombe.

La directrice de l’ACFA de Wood Buffalo note que certaines agences anglophones ont été de vrais alliés en ces temps difficiles, à l’instar de United Way. Quant à la directrice de l’école Boréal, elle remercie l’école McTavish, une école d’immersion qui a accueilli les élèves francophones pendant les 11 mois de fermeture : « Nous avons reçu un très bel accueil ».

On peut donc se réjouir que la situation soit rétablie à Fort McMurray, même s’il reste encore quelques défis à relever. « Vraiment, on est heureux et on a beaucoup de gratitude que personne n’ait perdu de membre de sa famille. C’est une histoire qui se termine bien de ce point de vue », résume Mme Gionet, soulagée.

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