Natacha Bergeron, francophone de Grande-Prairie, a décidé que son parcours scolaire serait en français, et elle est maintenant étudiante au Campus Saint-Jean. À l’occasion du Sommet, Le Franco l’a rencontré pour une entrevue.

H.L: Natacha, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

N.B: Je m’appelle Natacha Bergeron, je viens de Grande-Prairie dans le nord de l’Alberta et j’étudie en psychologie, mais mon but est de devenir orthophoniste bilingue. Je suis étudiante au Campus Saint-Jean. C’est ma première année au CSJ, mais j’en suis à ma troisième année d’étude.

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H.L: Alors pourrais-tu m’expliquer qu’est-ce qui t’a amené à étudier au Campus Saint-Jean?

N.B: Je voulais faire mes études le plus possible, en français. Puis, j’ai fait deux ans au collège régional de Grande-Prairie en anglais. Puis avec la réalité de l’Alberta, c’est plus dur d’étudier en français sauf ici à Edmonton. Donc, j’ai sauté sur l’occasion de pouvoir transférer en français pour continuer dans ma langue maternelle.

H.L: Dans le système actuel, pour faire un bac de 4 ans, les deux premières années se font dans un collège, qui propose des programmes universitaires en français, c’est bien ça?

N.B: Non justement, mon programme universitaire au collège avait les deux premières années en anglais, mais oui le reste est bien. J’ai fait la moitié de mon bac au collège.

H.L: Étant donné que tu as fait la moitié de ton bac en anglais, as-tu trouvé la transition difficile ?

N.B: Non, je n’ai pas trouvé ça très difficile à ce moment-là, mais j’ai été à l’école francophone de la prématernelle à la dixième année. Pour mes deux dernières années du secondaire, je les ai faites en anglais. Avec ce bagage et ma famille francophone, c’est plus facile pour moi de changer de langue.

 

H.L: On parle beaucoup d’exode rural chez les jeunes. Est-ce que c’est quelque chose qui te touche de près?

N.B: Oui, la plupart de mes amis du secondaire sont tous partis dans une autre ville. Surtout en Alberta. On n’a aucune idée s’ils vont revenir ou non pour retravailler dans ma ville natale.

H.L: Toi tu te destines à être orthophoniste, quand tu auras fini ton bac, quel sont tes projets? Est-ce que tu voudrais rester en Alberta?

N.B: Oui pour l’instant je veux rester en Alberta. Je ne sais pas où exactement. Je veux définitivement rester en Alberta puis aider les gens à s’exprimer en français, dans ma province.

H.L: En grandissant à Grande-Prairie, est-ce que c’était facile pour toi d’avoir des amis et de socialiser en français?

N.B: Non, ce n’était pas facile de socialiser en français. L’école francophone Nouvelle Frontière est assez petite donc c’était difficile et je ne connaissais pas vraiment les élèves des écoles d’immersion, donc je ne me tenais pas avec eux. Puis, la plupart des activités pour les jeunes sont en anglais à Grande-Prairie. C’était très difficile.

H.L: Tu as choisi le Campus Saint-Jean au lieu de l’Université de l’Alberta. Pourquoi?

N.B: Pour pouvoir étudier dans les deux langues officielles du pays. Pour pouvoir travailler dans les deux langues plus tard. Donc en étudiant en français, mes horizons sont plus grands. Je peux vraiment vivre ma langue même si je suis loin de ma famille. Pour moi c’est une source de fierté de pouvoir étudier et pratiquer en français en Alberta.

H.L: Est-ce que tu es satisfaite des services qu’offre le Campus?

N.B: Je suis satisfaite des services du Campus, mais c’est dommage qu’il y ai moins de choix de cours. Je comprends que cela prend plus d’étudiants et plus de professeurs, mais mon mineur, par exemple, c’est la linguistique et je le fais en anglais à l’Université de l’Alberta.

H.L: As-tu assisté au Sommet de la fin de semaine dernière?

N.B: Non je n’ai pas pu assisté au sommet. Mais c’est très important. Si le Campus devient une université, je ne sais pas ce qu’il va se passer, c’est très important de conserver l’éducation postsecondaire en français en Alberta. J’ai été au 5 à 7 au café bicyclette, jeudi. C’était vraiment intéressant d’entendre les gens parler de leur parcours et de pourquoi ils tiennent autant à l’éducation postsecondaire en français.

H.L: Est-ce qu’il y a des questions qui t’ont particulièrement interpellée?

N.B: Oui, la question qui m’a le plus interpellée était en fait un énoncé. La plupart des étudiants des écoles d’immersions ne viennent pas au Campus. Ils poursuivent leurs études en anglais et il y en a beaucoup qui perdent leur français. Je trouve que c’est une réalité qui fait peur à travers les provinces de l’Ouest.

H.L: Est-ce que c’est quelque chose qui te fait personnellement peur ? de perdre un jour ton français?

N.B: Non, pas pour moi. Avec tout ce que j’ai appris, le français me tient trop à coeur pour ça.

 

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