La tournée inaugurale de l’Autobus de la justice dans l’Alberta rural a démarré par Grande Prairie le 31 août. Le principe : un autocar avec des professionnels du monde juridique et des étudiants en droit de l’Université de l’Alberta pour offrir des ateliers et de l’information au public rural. Faisant d’une pierre deux coups, l’initiative remporte un vif succès et pourrait être répétée à travers la province.


La rencontre a eu lieu au Centre pour les nouveaux arrivants de Grande Prairie. Si l’AJEFA (Association des juristes d’expression française de l’Alberta) offrait déjà depuis plusieurs années des ateliers juridiques, cette initiative inédite apporte une nouvelle dimension avec la participation des étudiants. Ils accompagnent également les avocats lors de consultations individuelles d’informations et d’avis juridiques sommaires, une nouvelle facette qui arrive en complément aux activités précédemment établies.

Un besoin criant

Dans un contexte où la population d’expression française en Alberta est en constante augmentation et où les besoins en français se font grandissants, la nécessité d’avoir des services juridiques en français devient évidente. Et ce, d’autant plus en milieu rural où l’offre est encore plus limitée. « Ce partenariat permet à l’AJEFA de mieux desservir les Albertains à l’extérieur des grands centres tout en offrant aux étudiants en droit l’occasion d’œuvrer auprès d’avocats pratiquant en milieu rural », a déclaré Denise Lavallée, directrice générale de l’AJEFA.

Roch Labelle, gestionnaire du projet pour l’ARDN (AlMe Celine Begin Autobus justice a GPberta Rural Development Network), indique que Grande Prairie n’est que le début d’une tournée dans les quatre coins de la province. « Nous allons cibler des collectivités où se trouvent des masses critiques de gens d’expression française. Dans notre proposition, nous avons identifié Grande Prairie, Fort McMurray, Brooks, Canmore, Jasper et St Isidore », précise-t-il.

Michelle Margarit, directrice de l'ACFA de Grande prairie, était elle aussi présente lors de l'atelier juridique de Grande Prairie. En tant que partenaire, elle estime que l’initiative est un succès. « Nous avons reçu de l’information sur la justice mais on a aussi découvert une avocate qui pourrait nous aider dans le futur avec des problèmes que nous rencontrons parfois en immigration. On avait du mal jusque-là à identifier une avocate francophone dans notre région », détaille-t-elle.

Une initiative formatrice

Ce projet pilote s’inspire d’un organisme américain qui avait mis en place un autocar pour diffuser ses services tout en formant les jeunes : « Le bus prend les étudiants en droit, trop souvent cantonnés dans la grande ville, et les sort en région », commente Roch Labelle. Le projet répond ainsi également au besoin de former des professionnels qui soient conscientisés aux réalités du terrain. « Il s’agit d’une activité d’apprentissage fondé sur une expérience de terrain. Les facultés de droit se doivent aujourd’hui d’offrir un curriculum enrichi qui va au-delà des cours théoriques », souligne-t-il.

Par conséquent, l’Autobus fait d’une pierre deux coups : tout en offrant un service juridique d’appoint aux francophones en milieu rural, il permet à des étudiants en droit d’acquérir une expérience d’apprentissage unique. Pascal Visentin, étudiant en 2e année de droit à l’Université de l’Alberta, est l’un d’entre eux : « En tant qu’étudiant, c’est une belle opportunité. Elle permet non seulement de promouvoir l’accès à la justice en Alberta rural mais aussi d’expliquer des concepts juridiques en français ».

Émilie-Claire Draper, qui a travaillé comme coordinatrice pour le projet, est elle étudiante en 3e année de droit et s’intéresse au droit pénal et au droit de la famille : « J’aimerais aider en tant que bénévole pour l’AJEFA. Ce projet m’a donné une chance de vraiment apprendre comment faire un atelier juridique pour le public, c’est une belle opportunité de collaborer et de parler avec les avocats présents en région rurale », témoigne-t-elle.

La directrice de l'ACFA de Grande Prairie espère que le projet motivera certains jeunes à venir s’installer dans la région : « Ça peut stimuler les jeunes futurs avocats, voire même donner des idées à d’autres professionnels, comme des juges, de s’installer dans notre communauté », songe-t-elle. La formule gagnante pourrait, selon elle, être même « étendue à d’autres dossiers, comme la santé ou l’emploi ».

Si le projet en est encore à son étape de validation, une rencontre similaire à celle de Grande Prairie est déjà prévu pour Brooks cet automne.

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