Plus qu’un deuxième café

Une franchise des cafés Second Cup, au sud de la ville de Red Deer, a récemment décidé d’afficher l’autocollant offert par le Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA), où l’on peut y lire : services en français disponibles.

« Ici, ça a vraiment été un changement positif. Pratiquement à tous les jours, depuis que j’ai posé l’autocollant, quelqu’un me parle en français ou me fait la remarque », affirme la gérante de l’établissement, Julie Jolicoeur, une Québécoise des environs de Drummondville établie en Alberta depuis maintenant quatre ans.

C’est tout à fait par hasard qu’elle s’est retrouvée avec ces autocollants. Le directeur général du CDÉA, Marc Tremblay y passait à l’occasion et il s’est rendu compte du potentiel francophone du café. Il lui a simplement remis les autocollants. « J’en ai un pour le service à l’auto, un à la porte et un autre à la caisse », précise la jeune femme. Le résultat était surprenant après seulement deux ou trois mois.


Une communauté insoupçonnée
« Il y a des clients que je servais en anglais depuis trois ou quatre ans qui ont commencé à me parler en français », admet Mme Jolicoeur. Elle ajoute que certains clients purement anglophones font même l’effort de lui dire quelques mots dans la langue de Molière. Ces derniers vont jusqu’à faire des recherches pour être capables de faire une phrase complète lorsqu’ils reviennent. « Ils savent que je peux les servir en anglais, mais ils veulent parler français, ils souhaitent le faire », constate la gérante.

Il n’y a pas seulement les clients qui bénéficient de l’expertise francophone de Julie Jolicoeur. La plupart des employés de Second cup sont des élèves et quelques-uns sont en immersion française.

Ces derniers en profitent pour pratiquer leur deuxième langue avec leur gérante, ainsi que sa fille qui a aussi commencé à travailler les fins de semaine. « Lorsque j’ai des clients francophones réguliers, je demande à mes employés qui étudient le français de leur répondre dans leur langue. Ils se forcent pour parler en français et pratiquer. C’est vraiment amusant à voir », fait remarquer Julie Jolicoeur.

Un atout pour les entreprises
Le CDÉA tente depuis longtemps de démontrer aux entrepreneurs anglophones la valeur ajoutée d’avoir des employés capables d’offrir des services en français. L’industrie du tourisme est particulièrement touchée par des campagnes de sensibilisation et de promotion, notamment avec le guide touristique francophone.

Toutefois l’agent de développement du CDÉA, Roch Labelle,  affirme que le service à la clientèle est un créneau tout aussi porteur que le tourisme au niveau du service en français.

« On vise le niveau d’appréciation auprès de la clientèle, toute bonne entreprise viserait à bien servir sa clientèle, et si ça veut dire passer par les services en français, on peut intervenir sur ce plan », rappelle M. Labelle.

Le conseil de développement a également œuvré à répertorier les entreprises et services francophones, ou pouvant offrir des services en français dans la province.

Julie Jolicoeur est catégorique. Pour elle, il est certain que la publicité annonçant le service en français lui a apporté de nouveaux clients. C’est que la mention se retrouve également sur le site internet de la compagnie. Le message se passe aussi de bouche à oreille dans la communauté francophone. Le propriétaire de la franchise où Julie travaille est pour sa part content de cette annonce qui génère beaucoup de retombées positives.

Services en français appréciés
Dans le cas où aucun préposé en mesure d’offrir le service en français n’est disponible, Mme Jolicoeur affirme que les employés sont au courant et laissent savoir aux clients à quels moments un employé francophone sera sur le plancher.

« Des fois, des gens qui viennent juste d’arriver en Alberta s’empêchent de sortir et d’aller à certains endroits parce qu’ils ne peuvent pas s’exprimer. Ici, ils peuvent appeler et venir quand je travaille. Des fois, je peux les aider », indique-t-elle.

Julie Jolicoeur avoue qu’elle ne connaissait pas beaucoup l’anglais lorsqu’elle a immigré en Alberta pour des raisons familiales. « J’avais le minimum que l’on apprend à l’école et dont tu ne retiens pratiquement rien. J’ai appris en travaillant avec le public », conclut-elle.
 

 

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