Consultation publique pour définir son identité culturelle

La municipalité de Legal tenait une audience publique exceptionnelle le 22 septembre dernier, où les résidents étaient conviés à venir donner leur point de vue sur l’orientation culturelle que désire prendre le village à la suite du dévoilement, au début de l’été, d’un monument illustrant la dualité entre le français et l’anglais dans l’histoire canadienne.

La municipalité compte déjà 35 murales qui font valoir le caractère francophone de la municipalité. Le maire de Legal, Albert St. Jean, se targue d’ailleurs d’être la capitale des murales canadiennes-françaises au pays. La Société touristique Centralta désire en implanter huit autres, en plus d’un monument à l’effigie du conflit entre les deux langues officielles.


Des opinions divergentes
Environ 40 résidents se sont déplacés à la réunion, pour la majorité des anglophones selon le coordonnateur de la Société touristique Centralta (STC), Ernest Chauvet. Certains exprimaient leurs réticences et d’autres leurs craintes par rapport à un si grand déploiement de la culture francophone dans le village. « Il y a eu un cheminement qui s’est fait. Il y avait des gens opposés au monument, mais dans l’ensemble, les personnes présentes ont été presque unanimes sur l’affirmation de l’identité culturelle et du caractère francophone de la municipalité », affirme M. Chauvet.

Le maire rappelle, quant à lui, que la majorité des résidents de Legal sont de descendance francophone, bien qu’ils ne l’expriment pas tous autant les uns que les autres. « Les gens de la municipalité n’ont pas de problème à intégrer des œuvres qui reconnaissent les habitants qui ont contribué à bâtir la municipalité, mais croyaient que le monument relevait plus de l’histoire du Canada en général. Certains n’étaient pas confortables à l’idée qu’une telle œuvre se retrouve dans le village », souligne M. St. Jean.

Une façon de faire critiquée
Le maire de Legal déplore également le manque de communication de la part de la Société touristique Centralta à l’égard de ce projet. Il a d’ailleurs terminé la réunion en stipulant que tout nouveau projet devra être débattu en conseil municipal avant sa mise en place. Certains citoyens se sentaient exclus du projet.

« Le conseil savait qu’un monument était en fabrication, mais ne disposait pas de toutes les informations », évoque le maire St. Jean.

Selon M. Chauvet, la STC aurait profité de l’audience de jeudi dernier pour expliquer son mandat de développer le tourisme à travers les racines francophones du pays.

« On n’enlève rien aux anglophones. La contribution des francophones au développement de la municipalité, c’est une partie de la tarte. Les anglophones ont tout à fait le droit de s’organiser pour faire rayonner leur culture », avance-t-il. Ce dernier croit que le débat sur la dualité linguistique ramené par le monument sera constructif.

Le maire reconnait qu’il s’agit d’un « cadeau » de la part de la STC qui pourrait mener à la confrontation.

Municipalité à l’écoute
Albert St. Jean soulève un autre point quant à la localisation du monument. La municipalité hésite à l’ériger dans un parc puisque les enfants peuvent grimper dessus et se blesser ou endommager la statue. Un site près de l’autoroute avait été retenu, mais il y aurait des problèmes avec Alberta Transportation.

« Dans ce dossier, les gens veulent se faire entendre. La décision revient au conseil municipal, mais nous allons considérer l’information que nos citoyens veulent nous donner et nous prendrons une décision », conclut le maire de Legal.

 

 

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Plus dans cette catégorie :

Aller au haut