L’archevêché de Grouard-McLennan déménagera à Grande Prairie

« Ce n’est certainement pas pour mal faire, la seule raison pour déménager, c’est pour améliorer les choses », a assuré l’archevêque Gérard Pettipas, qui assume la charge pastorale de la circonscription ecclésiastique de Grouard-McLennan depuis 2007.

Il parlait de l’importante décision de déménager d’ici deux ans à Grande Prairie les bureaux de l’archidiocèse, qui dessert plus du tiers du territoire albertain sur lequel vivent plus de 44 000 catholiques. Mgr Pettipas considère cependant que le déménagement ne bouleversera pas l’organisation de l’Église dans la région.


« La cathédrale demeurera à McLennan, et j’en serai toujours l’évêque attitré », stipule-t-il. Mgr Pettipas a en effet pris la décision de ne pas demander à Rome de changer la désignation de l’une ou l’autre des églises de McLennan et de Grande Prairie, ce qui se fait régulièrement lorsqu’un archevêché déménage. C’est que l’archevêque a l’intention d’assurer quand même une présence à McLennan et que l’impact de son déménagement se limite ainsi pratiquement aux regrets de s’éloigner physiquement de ses amis de la communauté.

Gagner en liberté de mouvement
À Grande Prairie, l’archevêque compte pouvoir profiter d’un plus grand bassin d’employés potentiels, puisque plus de croyants y habitent. Mais c’est premièrement pour se rapprocher de l’aéroport que Mgr Gérard Pettipas y recherche un nouveau domicile.

« Ce n’est pas la première fois qu’on déménage, rappelle-t-il. Dans cette partie de la province, on voyageait jadis en bateau. Il y avait à Grouard un grand port et nous y avons planté les premiers bureaux de l’archidiocèse, alors qu’on disait même que la ville allait devenir la  capitale provinciale. »

En 1942, l’archevêché et la cathédrale ont été déménagés à McLennan. « C’était l’époque où les gens voyageaient par le chemin de fer, qui était très bien implanté à McLennan, continue Mgr Pettipas. Il y avait alors 1000 âmes à McLennan et autant à Grande Prairie. On croyait, compte tenu de l’importance de la gare, que McLennan allait se développer et devenir l’une des plus grandes villes de la province. »

Depuis, le train qui fonctionnait à vapeur carbure maintenant au diésel. Qui plus est, il ne transporte plus les gens. « Le train qui passe par l’archevêché avec ses cargos de marchandise ne nous sert pas à rejoindre la population, il ne nous sert pas à grand-chose », fait constater l’archevêque, qui souligne l’importance actuelle du réseau de transport aérien.

« Le seul aéroport dans l’archidiocèse qui accueille des vols nationaux est à Grande Prairie. Nous devons être où se trouve ce transport, nous devons logiquement déménager », conclut-il. La proximité d’un aéroport aurait aussi facilité ses déplacements cet été, soit quelques visites en sols canadiens ainsi qu’un séjour au Nigeria et en Espagne.

Les archives suivront
Mgr Gérard Pettipas ne déménagera pas seul à Grande Prairie. Avec lui s’y installeront le bureau des finances du diocèse, le ministère de la Jeunesse du diocèse et les archives. Notons que l’archevêché abrite l’une des plus grandes collections d’archives ecclésiastiques et communautaires pour la francophonie dans la province.

« Elles seront très bien protégées », assure à ce sujet l’administratrice financière de l’archidiocèse, Paulette Carrier. Elle rappelle que selon le livre II du droit canonique, l’archevêque a la responsabilité de s’assurer de protéger les archives de l’Église en tout temps.

Mgr Pettipas y tient d’ailleurs énormément. « Les archives, c’est un vrai trésor, affirme-t-il. Dans notre diocèse reposent les racines de la naissance du nord de la Colombie-Britannique, de l’Alberta, des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon, tout était dirigé par Grouard. Les archives déménageront avec moi aussitôt que nous leur aurons trouvé un bon endroit pour les recevoir. »

Pas pour tout de suite
Il est bon de préciser que si la décision de déménager est prise, le projet ne se concrétisera pas avant plusieurs mois, voire deux ans.

Un comité composé de paroissiens de McLennan et de Grande Prairie, formé à l’initiative de Mgr Pettipas, planifie à l’heure actuelle la suite des choses. Il doit premièrement trouver une résidence à Grande Prairie pour l’Archevêque et de l’espace pour ses bureaux; il faut ensuite déterminer ce qui adviendra des bureaux à McLennan; il faudra finalement trouver de quoi financer le projet.

« On n’est pas un des diocèses les plus riches, signale Mgr Pettipas. Et l’argent de la taxe envers le diocèse, le cathedraticum, nous suffit exclusivement à supporter nos opérations. Il nous faudra organiser une campagne de financement. »

Le comité, dont la dernière réunion a eu lieu le 20 juillet dernier, va de l’avant, mais « on ne déménagera pas avant un an ou deux », termine l’archevêque.
 

 

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