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L’importance de transmettre son histoire

PY1C’est à Bonnyville, le 8 février dernier, qu’a débuté le nouveau projet de la Fédération des aînés franco-albertains (FAFA) : le Café-philo. Pour l’occasion, le doyen du Campus Saint-Jean, Pierre-Yves Mocquais, avait accepté d’animer une conférence-débat intitulée Comment la mémoire des pionniers se construit : le cas de Louis Bandet.

Devant la vingtaine de personnes réunies, M. Mocquais a commencé par expliquer, comment son intérêt pour les francophones en milieux minoritaires s’était développé. Originaire des Pays de la Loire (France), le doyen a souligné qu’avant son arrivée au Canada en 1978, il n’avait pas réalisé, d’une part, que les francophones étaient aussi nombreux dans l’ouest du pays et, d’autre part, qu’ils étaient confrontés à des défis d’autant plus grands que le Canada n’était pas, contrairement à ce qui était souvent pensé à tort, un pays bilingue.

M. Moquais a ensuite mentionné son estime pour les travaux de l’ethnologue Carmen Roy, que l’on connait pour avoir dirigé le Musée national de l’homme. Il a fait remarquer que ces entrevues minutieuses, réalisées auprès de centaines de francophones du Canada, ont permis d’illustrer la diversité culturelle exceptionnelle du pays, en plus de souligner l’importance de transmettre nos histoires pour former l’identité des prochaines générations de francophones.

Afin d’appuyer ses propos, M. Mocquais a présenté un reportage consacré au cas de la famille Bandet. Dans cet extrait, on voit Louis Bandet, le petit-fils d’un breton qui avait immigré en Saskatchewan au cours de l’année 1905, raconter avec une émotion viscérale comment son aïeul avait tout abandonné en Europe pour offrir une vie meilleure à sa famille. Son grand-père, raconte Louis, avait dû, entre autres, affronter sous une tente la rudesse de l’hiver avant de mener, jusqu’à son tout dernier souffle, une vie pieuse et ascétique.

Nous faisant remarquer que, en dépit de la très grande émotion véhiculée par le reportage, le fransaskois Louis Bandet n’avait jamais connu son grand-père ou été le témoin de ses difficultés, M. Mocquais a souligné que l’importance n’était pas tant dans l’exactitude de nos récits que dans le fait de partager les histoires que nous avons dans nos cœurs.

Pierre-Yves Mocquais a invité les participants à continuer de prendre le temps de partager leurs souvenirs d’enfance à leurs petits-enfants notamment. C’est un premier pas dans la transmission de la riche histoire franco-albertaine d’une génération à une autre.

Ce message a d’ailleurs été fort bien reçu par les participants à en juger par leur demande respective, formulée au moment de la discussion, de mettre en place des ateliers d’écriture pour les adultes. Or, ce que les participants ignoraient c’est que la FAFA avait justement suggéré, quelques jours auparavant, dans le cadre d’une demande de projet visant à souligner le 150e anniversaire de la Confédération, de ressusciter le programme Je me raconte pour permettre à tous les adultes de 10 communautés francophones de l’Alberta de partager leurs histoires.

D’ici la concrétisation de cette nouvelle aventure, le Café-philo, financé par le ministère du Patrimoine canadien et mis en place en collaboration avec le Campus Saint-Jean, offrira, partout à travers la province, des occasions uniques d’informer les personnes intéressées, qu’elles soient ainées ou non, sur des sujets d’actualité qui les passionnent!

    

 

 

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