Le 19 juin dernier était une journée à marquer d’une pierre blanche pour les élèves d’Alexandre-Taché. C’est à Saint-Albert que la première pelletée de terre a eu lieu afin de marquer symboliquement les fondations de cette nouvelle école. Rétrospective d’une journée tant attendue.

Une petite pelletée de terre, un grand pas pour l’école francophone Alexandre-Taché ! Même le beau temps était au rendez-vous pour cette journée importante pour l’éducation francophone à Saint-Albert. Au total, plus de 200 personnes ont répondu présent, à savoir 150 élèves dont 2 classes de l’école La Mission, le ministre de l’infrastructure Brian Mason, la députée de St. Albert, Marie Renaud, ainsi que les représentants du Conseil scolaire Centre-Nord.

Durant cette journée, un groupe d’élèves a donné une prestation en chantant une chanson de leur répertoire. Leur  groupe s’appelle les « sousoliens ». Un clin d’œil caustique qui fait écho aux nombreuses années que certains ont passé dans le sous sol du centre de soins de longue durée Youville.

 

 

 

Son nom la trahit peut-être un peu : Marie Renaud est québécoise de naissance, ayant passé sa jeunesse dans la région de Montréal. Elle a encore de la famille au Québec, mais son cœur est depuis longtemps en Alberta, où elle a déménagé à l’âge de 17 ans. Connue dans le milieu communautaire pour son implication auprès des personnes souffrant de handicaps, la voilà maintenant députée pour le NPD albertain à St. Albert.

Son principal fait d’armes est la fondation Lo-Se-Ca (pour Love, Service, Care), où elle est directrice exécutive depuis 14 ans. Il n’est alors pas étonnant de connaître ses priorités comme nouvelle députée : « On ne donne pas assez de place à l’éducation, à nos enfants. Aussi, le service est trop lent dans nos hôpitaux », mentionne Marie Renaud. C’est en partie « grâce » au Parti progressif conservateur qu’elle a décidé de se lancer en politique. « Depuis quelques années, c’était plus difficile avec le Parti conservateur. Le Parti a cessé d’écouter nos besoins depuis longtemps. Mais Mme Notley a aidé et j’avais envie de travailler avec pour arriver à faire un changement. » Elle s’est dite « séduite par le programme inclusif » du NPD. Œuvrant depuis longtemps à Saint-Albert, elle connaît bien sa circonscription. « Les gens de St. Albert voulaient ce changement ». Les 53,9 % de vote en sa faveur semblent bien confirmer son affirmation. « Je suis toujours dans la communauté, je pense apporter une voix différente », mentionne-t-elle par rapport à ce qu’elle peut apporter au caucus néo-démocrate.

Mme Renaud, malgré son éducation en français jusqu’à la fin de la 6e année, s’avoue un peu rouillée en français : au travail comme à la maison, c’est l’anglais qui prédomine. Cela n’empêche pas que ses enfants de 29 et 20 ans, qui vont tous deux à l’université, parlent selon elle très bien la langue de Molière. La nouvelle élue espère bien avoir l’occasion de retravailler un peu plus en français.

Professeur de karaté dans six écoles et dans son dojo à Edmonton, André Beauregard s’applique à transmettre les valeurs traditionnelles japonaises… mais n’oublie pas de soigner sa langue française, notamment auprès des élèves en immersion.

« J’essaie de garder un bon français. J’ai une formation en traduction, ça aide un petit peu. » Originaire des Cantons-de-l’Est au Québec, André Beauregard enseigne le karaté depuis plus de 20 ans. En Alberta, il transmet son art aux élèves de six écoles – trois
francophones, trois d’immersion – et à différents publics dans son dojo ouvert en septembre 2012.

« Beaucoup d’adolescents, dès qu’ils sortent de l’école francophone, se parlent en anglais », relève le professeur, dont tous les cours sont en français (et en anglais en cas d’incompréhension). Il n’hésite pas à reprendre les jeunes en immersion sur leurs erreurs de pronoms, par exemple.

« Il y a des anglophones dont les enfants vont à l’école d’immersion qui vont suivre la classe et commencer à parler un peu en français. Ça les  sensibilise au bilinguisme », se félicite André, qui n’oublie pas de préciser la terminologie japonaise, « parce que c’est la tradition que je véhicule ».

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