Trois nouvelles écoles ont vu le jour à la rentrée 2014. Leur confessionnalité vient d’être déterminée grâce aux votes des parents d’élèves.

« Le vote pour le ‘‘public’’ était dans le meilleur intérêt de l’école, estime Malorie Aubé, laprésidente du conseil de l’école francophone de Camrose. On voulait que notre environnement soit inclusif. » Sur les 27 bulletins envoyés aux parents, 21 sont revenus dans les temps… et 20 soutenaient le choix du public. L’école sera donc officiellement publique à la rentrée 2015. Pour autant, il reste « envisageable » de mettre en place un cours d’éducation catholique, en cas de demande des parents.

À Beaumont, les parents d’élèves en ont décidé autrement. 60% des bulletins reçus réclamaient une école catholique. Une surprise pour Daouda Marika qui avait « l’intime conviction » que l’école serait publique. D’après Alain Bertrand, le président du conseil d’école, un cours alternatif d’éthique et culture religieuse devrait être proposé pour les enfants dont les parents ne souhaitent pas d’éducation catholique. « Si c’est le cas, alors je ne vois aucun problème à ce que ma fille reste à l’école francophone catholique de Beaumont », confie M. Marika.

Si j’étais mère d’un enfant en âge d’être inscrit à la nouvelle école de Beaumont, ou de Camrose, je me serais posé une question lors de la réunion des parents sur la confessionnalité de l’école. Est-ce que l’école, étant catholique, pourrait refuser de former des alliances gais-hétéros dans l’école de mon enfant ? Est-ce que des précédents font qu’il y aurait de fortes chances que certaines écoles s’y opposent ?

La réponse bien sûr ne relève pas seulement du conseil scolaire. Le projet de loi 10 sur les alliances gais-hétéros est à l’heure actuelle dans la pile « pas pour tout de suite », car le premier ministre Prentice a dû faire face à des représailles de tous côtés, y compris de membres de son propre parti. L’ironie, c’est qu’il essayait, avec un projet de loi pratiquement et idéologiquement contradictoire, d’accommoder tant les droits des jeunes LGBTQ, que ceux des parents ainsi que l’autonomie des conseils scolaires, ne s’attirant au final que des ennuis. Selon l’éditorialiste Graham Thompson, on peut s’attendre à ce que ce projet de loi revienne sur la table à la session parlementaire du printemps.

Jeudi 11 décembre, une quinzaine de parents se sont réunis à l’invitation du Conseil scolaire Centre-Nord pour discuter de la confessionnalité de la nouvelle école de Beaumont.

« On ne veut pas vous influencer d’une façon ou d’une autre. […] La loi veut que l’école soit publique ou catholique. Au conseil scolaire, ça ne fait aucune différence », annonce Henri Lemire, directeur du Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN), à la quinzaine de parents présents jeudi 11 décembre dans un des six bâtiments de la toute jeune école de Beaumont. Des conseillers scolaires sont également de la partie. Une réunion similaire avait d’ailleurs eu lieu lundi 1er décembre à Camrose.

Ouverte en septembre 2014, l’école de Beaumont compte désormais plus de 70 élèves. Il s’agit maintenant de décider si l’on veut qu’elle soit catholique ou publique. Dans les deux cas, elle dépendra du CSCN, mais le choix n’est pas anodin pour autant. Histoire d’y voir plus clair, deux intervenants ont présenté ces deux approches de l’enseignement francophone en Alberta.

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