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C’est du jamais vu! L’Alberta courtise ouvertement les Québécois à travers une campagne publicitaire audacieuse mise sur pied en collaboration avec le Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA). L’opération a d’ailleurs permis un véritable déridage des outils publicitaires utilisés par le CDÉA pour convaincre les Québécois de visiter la province.

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Qu’ont en commun Rome, Sparte, Athènes? Chacun de ces empires a connu une prospérité éclatante avant de s'écrouler inexorablement. À l'instar de ses illustres consœurs, Fort McMurray, troisième réserve mondiale de pétrole et figure emblématique du royaume canadien, connaitra-t-elle le même sort? Le brasier qui fait rage changera-t-il la donne? Cette tragédie, qui ne laisse personne indifférent, ne donnera pas d’autre choix à l’Alberta que de se renouveler.

Fort McMurray, aujourd’hui tout le monde connaît! Toutes les chaînes de télévision ont parlé de cette ville ouvrière de 130 000 habitants, située au nord de la province. Si certains sont affligés par la situation des évacués, d’autres y verront un pied de nez de la nature, un retour du karma… Bref, des opinions mitigées par rapport à l’exploitation très controversée des sables bitumineux.

Des reportages sur « Fort Mcmoney » avaient déjà été tournés. Construite exclusivement sur l’économie du pétrole, la ville a vu son aura partir en fumée. Un vent trop fort a fini par souffler sur les braises de l’exploitation pétrolière et remettre certaines choses en perspective. Depuis des années, beaucoup de personnes vivaient à Fort McMurray en raison des salaires plus qu’élevés. 500 000 $ comme salaire à l’année était presque une norme pour les personnes établies à « Fort Mac ». Cela dit, qui sommes-nous pour juger? Qui n’a jamais rêvé de donner les moyens à sa famille d’avoir un avenir et une existence confortables et dorés?

Avec ses hauts salaires, Fort McMurray a représenté une forme de démesure. Démesure des salaires, démesure de l’exploitation outrancière de l’environnement. La démesure de cet incendie est à son tour à l’image du train de vie et du rythme effréné imposé à l’environnement. De quoi faire réfléchir! Et pourtant, déjà les pétrolières exigent de la province que l’exploitation de l’or noir reprenne...

Véritable plaque tournante du pétrole, que va t-il advenir de Fort McMurray? Raisonner sur le court terme n’est plus un luxe que l’économie canadienne peut se permettre. Ces derniers temps, l’Alberta avait déjà été victime de la chute du prix du baril de pétrole. L’économie canadienne va-t-elle prendre de nouveau un sérieux coup dans l’aile avec cette tragédie? La chute de la production est estimée selon les experts entre 1 et 1,5 million de barils par jour, soit presque un quart de toute la production canadienne.

Ce drame humain et écologique possède au moins un intérêt : celui de nous faire réfléchir et de se réinventer. Selon vous, quelle sera la teinte de l’horizon de Fort McMurray? Rouge, noir, vert… les paris sont ouverts.

 

En partant de la Belle province pour m’installer dans celle de la Rose sauvage,  je savais que j’allais beaucoup apprendre en travaillant dans un journal francophone. Ce que je ne savais pas, c’est à quel point j’en apprendrais sur la force avec laquelle les Franco-Albertains défendent leur langue.  

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Quand on est jeune, on veut se couler dans le moule, on veut correspondre aux couleurs qui vibrent autour de soi. Enfin, c’est ce que je croyais. Lors de la 25e édition du Parlement jeunesse de l’Alberta (PJA), j’ai eu la chance de m’entretenir avec des jeunes adultes franco-albertains surprenants. Avec leur accent qui, pour un Québécois, pourrait sembler anglophone, ils m’ont appris que non, justement, leur accent ne vient pas d’une difficulté à traduire les mots de la langue de Shakespeare, mais bien d’une identité propre à celle de Mollière.

La motivation des jeunes franco-albertains m’a fait comprendre que tous les accents ont lieu d’être, même ceux qui sont en voie de disparaître dans l’orthographe rectifiée. Le président-directeur général du Centre de la francophonie des Amériques, Monsieur Denis Desgagné, a prononcé un discours qui en a ému plus d’un. Le Saskatchewanais a entre autres expliqué que, lorsque ses enfants et lui avaient déménagé au Québec, la détermination dont ils avaient fait preuve l’avait touché. À l’école primaire, ses enfants ont été les seuls à se précipiter pour lever la main quand l’enseignant avait demandé qui voudrait se présenter aux élections scolaires. Est-ce que les jeunes francophones de l’Ouest sont plus motivés que les jeunes Québécois ? Et si c’est le cas, serait-ce par habitude de devoir constamment défendre leur identité langagière que cette jeunesse francophone se prononce aussi vélocement ?

Le député Bob Wanner faisait aussi partie des invités du PJA, avec le rôle de Lieutenant-gouverneur. Au lendemain de l’événement, M. Wanner a écrit sur Twitter que c’était pour lui un privilège de se retrouver entouré des jeunes parlementaires francophones de demain. Il a conclu son gazouillis en conseillant aux jeunes de « ne rêver que de grands rêves ».

De son côté, Colin-Philip Belliveau-Simard, président du Conseil d’administration de la Francophonie jeunesse de l’Alberta (FJA), a offert des mots et des larmes durant son discours célébrant le travail des participants du PJA. Émouvant, son allocution a fait réaliser à la Québécoise que je suis que pour certains, la langue française est plus qu’une façon de communiquer. Pour ces jeunes ayant deux langues maternelles, le français représente un perpétuel combat contre la tentation de s’exprimer dans la langue la plus facile au monde et contre ceux qui ont peur des accents (glottophobes).

Au Québec, parler français, c’est normal. Tellement normal qu’on en oublie parfois l’unicité de notre langue, et on en vient à envier les anglophones d’avoir un langage aussi facile et universel. En Alberta, la rose sauvage est le symbole notoire de la Francophonie. Singulière, rare et pourtant bien ancrée, celle-ci est défendue inopinément par ceux qui la parlent, mais aussi par ceux qui l’aiment.

Je sais déjà que je ressortirai grandie et changée de mon passage en Alberta. J’apprends, et je m’émeus de voir tous ces jeunes défendre leur langue avec conviction. Je rapporterai ce bagage linguistique fièrement à une nation qui a besoin d’apprendre la résilience.

 

Le groupe Two Blue, dont l’un des membres est la Franco-Albertaine Karimah, entre dans les ligues majeures de la musique Blues. Le 30 avril prochain, au Oasis Center, le duo se produira  avec nul autre que le mythique groupe edmontonien River City Big Band.

« J’anticipe un peu, car c’est la première fois que je performe avec un si grand groupe, commence Karimah. Habituellement, ce n’est seulement que moi et Robert Walsh avec nos voix, nos instruments et nos pieds sur scène. »

Two Blue 4Le groupe roule sa bosse depuis 2014, dans les clubs et festivals, et s’est même rendu au International Blues Challenge à Memphis, Tennessee. La chanteuse n’hésite pas à attribuer la rencontre de son groupe avec le River City Big Band à son acolyte, Robert Walsh. « Robert a tellement d’expérience dans la musique et connaît tellement de gens que ça devient un tremplin pour moi. Je fais de la musique depuis plus de dix ans, mais je prends ma carrière plus au sérieux depuis les deux dernières années », confie-t-elle.

À quoi s’attendre lors de ce spectacle glamour? « Nous présenterons les chansons de l’album « Only Two », mais avec un son  complètement différent. De plus, nous allons jouer une chanson en français qui s’appelle Oui ou Non, écrite par Robert et Marie-Josée Ouimet », annonce Karimah.

Pour la chanteuse, le Blues permet de parler de tout et de rien, mais de façon positive. « Le Blues, c’est la catharsis! C’est passionnant et c’est amusant », décrit-elle.

Billets en vente au coût de 25$ à TIX on the Square (780 420-1757 | www.tixonthesquare.ca).

Le ministre albertain de la Culture et du Tourisme, et responsable du Secrétariat francophone, Ricardo Miranda, a passé quelques jours dans la Belle province dans le cadre des Rendez-vous du Canada.

Rejoint à Montréal, le ministre ne cachait pas son enthousiasme de vanter les mérites touristiques de l’Alberta à ses comparses québécois. « Nous voulons développer des produits touristiques pour inviter les Québécois en Alberta », communique-t-il. Pour lui, cela commence par la création d’une politique linguistique en Alberta, « pour améliorer la relation entre le gouvernement et la communauté francophone ».

tourisme alberta

M. Miranda s’est dit impressionné par l’offre culturelle québécoise. « Je suis ici pour apprendre les meilleures pratiques et les apporter en Alberta », a-t-il lancé. Pour lui, la meilleure façon d’appuyer le secteur de la culture et du tourisme, c’est d’engager le dialogue avec le Québec. « Il faut constater tout ce que la province fait dans le secteur culturel, et également dans le secteur linguistique. »

Dans cette optique, le ministre a rencontré plusieurs intervenants, telle la ministre québécoise du Tourisme, Julie Boulet, ainsi que la ministre Canadienne du Patrimoine, Mélanie Joly, ainsi que des acheteurs et des médias de l’industrie du voyage de partout dans le monde.

Par ailleurs, le séjour de Ricardo Miranda au Québec coïncide avec le lancement de la brochure touristique de l’Alberta (oxygénez votre vie), produit en collaboration avec le Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA).

 

Pour plusieurs observateurs, l’Alberta est à la croisée des chemins en matière de développement durable. Beaucoup de ses municipalités présentent des infrastructures vieillissantes. Leur remplacement demeure une occasion à saisir pour faire preuve d’innovation et employer les meilleures pratiques en matière d’environnement.

C’est du moins ce qu’en pense Dany Robidoux, directeur d’Éco-Ouest, un organisme ayant pour mission d’assurer la croissance et la prospérité des municipalités de l’ouest du Canada grâce à la planification et la mise en œuvre de l’infrastructure de l’économie verte. « Le problème se trouve dans la capacité à mettre en œuvre les plans de développement durable. Il faut que les fonctionnaires municipaux apprennent à penser Outisde the box pour mettre en place des systèmes innovants », partage-t-il. À son avis, c’est justement cette capacité-là qui fait défaut chez la majorité des municipalités avec lesquelles Eco-Ouest travaille. « Ce sont les ressources humaines qui peuvent permettre aux villes de penser autrement et d’avoir la confiance d’agir », insiste-t-il.

Selon lui, toutes les villes possèdent désormais un plan de développement durable. « Les citoyens les demandent de plus en plus », assure Dany Robidoux. Malheureusement, comme il le fait savoir, les municipalités choisissent souvent les projets aux plus bas coûts. « C’est dommage, car souvent les technologies durables coutent plus cher au départ, mais durent plus longtemps et rapportent plus à long terme », renchérit-il. L’expert donne l’exemple de systèmes de traitement des eaux usées qui génèrent des revenus ou encore de gestion proactive de sites d’enfouissement.

Calgary skylinL’Alberta, un cancre?
Les sables bitumineux viennent certainement ternir le bulletin de la province en ce qui a trait au développement durable. Cela dit, le tableau n’est pas tout noir. « Il y a beaucoup d’innovation en Alberta. Simplement en ce qui concerne la gestion des déchets, l’organisme Alberta Innovate vise à abolir les sites d’enfouissement d’ici 25 ans. On voit alors les déchets comme un produit brut que l’on peut développer en autre chose. C’est très avant-gardiste, car en Saskatchewan, il y a plus de 700 sites d’enfouissement et on espère réduire ce nombre à 400 », se réjouit Dany Robidoux. Pour lui, l’Alberta présente une attitude très progressiste par rapport à la gestion des déchets.

Une ministre de l’Environnement motivée
Par ailleurs, l’arrivée des néo-démocrates au pouvoir apporte de l’eau au moulin des environnementalistes, et c’est la ministre de l'Environnement de l'Alberta, Shannon Phillips, qui le dit elle-même. « Les anciens gouvernements fédéraux et provinciaux des conservateurs n’ont pas pris ces sujets-là au sérieux, mais nous avons un nouveau gouvernement, et notre approche est beaucoup plus collaborative avec l’industrie, les groupes environnementaux et les sociétés civiles pour être leaders en matière d’environnement», soutient-elle.

La ministre est cependant consciente de l’ampleur de la tâche à abattre. « Nous avons beaucoup de choses à faire en terme de conservation et de diversification des industries vertes », admet-elle. En guise d’exemple, elle cite le plan du gouvernement néo-démocrate pour éliminer la combustion du charbon pour produire l’électricité, et ce, d’ici 2030. Pourquoi prendre autant de temps pour régler ce dossier? « Le même plan du précédent gouvernement conservateur était prévu pour 2061, répond du tac au tac Mme Phillips. Petit à petit, l’Alberta fait son nid… environnemental!

 

pumping-gasoline

Le 14 avril dernier, le gouvernement de Rachel Notley a présenté aux Albertains un budget projetant un déficit budgétaire de 10,4 milliards de dollars pour 2016-2017. Il s’agit du plus important déficit de l'histoire de l'Alberta, une situation qui est loin de faire l’unanimité. Si certains saluent la décision du gouvernement d’investir dans les infrastructures, d’autres estiment que les mesures annoncées pour diversifier l’économie sont trop contraignantes pour les familles. Plusieurs facteurs sont à retenir. Déclinaison en 5 points ! 

Une nouvelle application permettant de découvrir les marchés agricoles (Farmer’s Market) a été lancée le 9 avril dernier par le Gouvernement de l’Alberta. La province souhaite ainsi inspirer les Albertains à consommer de plus en plus de nourriture locale en facilitant l’accès aux producteurs, le tout dans une ambiance amicale et décontractée. 

L’application, simplement nommée Alberta Approved Farmer’s Markets, pointe sur une carte interactive une centaine de  marchés agricoles, de Lethbridge à Fort McMurray, ainsi que leurs jours et heures d’ouverture. «Avec un changement culturel croissant vers  les aliments frais et locaux, cette application nous aidera à relier les Albertains avec les producteurs », espère Oneil Carlier, ministre de l'Agriculture et des Forêts. 

Une opinion partagée par Amy Hayduk, directrice des opérations de Wild Heart Collective, une entreprise qui gère des marchés agricoles. « Les gens utilisent de plus en plus leur téléphone intelligent, que ce soit pour trouver des restaurants ou des entreprises locales », renchérit-elle. À son avis, il est donc naturel que ces applications s’étendent maintenant à la recherche de marchés agricoles.

boiteÀ qui sont destinés ces marchés qui gagnent en popularité? « Ils sont surtout conçus pour les consommateurs soucieux de leurs habitudes alimentaires, ceux qui souhaitent prendre soin de leur corps », répond Krista Franke, une ancienne directrice de marchés agricoles. Elle ajoute que bien des visiteurs ne viennent pas seulement que pour l’ambiance, mais aussi pour encourager les producteurs locaux. Cela dit, l’experte constate qu’en raison du ralentissement économique, bien des familles ont revu leurs priorités et s’alimenter localement n’est pas nécessairement au haut de la liste, car manger bio et local n’est pas à la portée de toutes les bourses. 

Manger biologique, une boîte à la fois
D’autres options s’offrent aux consommateurs dans leur quête de nourriture bio, notamment la livraison à domicile. Plusieurs entreprises proposent ce service, dont Organic Box, basée à Edmonton. « Nous faisons principalement affaires avec les producteurs qui cultivent de façon biologique ou qui sont en phase de transition, en plus de faire de la sensibilisation », confie Abbie Stein-Maclean, directrice générale de l’entreprise. 

Le fonctionnement est simple. Après s’être abonnés, les clients s’engagent à commander un certain nombre de livraisons de nourriture par année. « Les membres peuvent recevoir les légumes de saison de base, puis aller sur le portail Web de l’entreprise pour personnaliser leur choix », dit-elle. La compagnie offre également un vaste éventail de produits laitiers et de viandes biologiques. 

Pour Abbie Stein-Maclean, consommer local permet de savoir d’où vient la nourriture. « Plus on en connait sur l’origine des aliments que nous cuisinons, mieux c’est. On réduit aussi notre empreinte écologique.» Cependant, il importe de mentionner qu’Organic Box est surtout préoccupée par la livraison de produits biologiques que de produits locaux, bien que cela demeure une priorité.

« Qu’est-ce ça mange en hiver? »
Les boîtes sont livrées 12 mois par année.  Comment alors fournir des légumes biologiques locaux durant la saison froide? Aux dires de la directrice générale, Organic box travaille avec les maraîchers pour qu’ils produisent des légumes pouvant être entreposés longtemps, comme les carottes, les pommes de terre, les oignons et les légumes racines. « Nous travaillons aussi avec de petits producteurs de la côte ouest et de la Californie, avec qui des échanges de produits sont faits pour que nous puissions offrir des légumes verts, des laitues et des fruits à nos clients. »

Évidemment, l’Alberta n’est pas reconnue pour sa production de fruits, qui requiert un climat plus humide. « La province produit cependant des baies, comme les fraises et les baies de Saskatoon. De plus, pour pouvoir offrir des fruits tropicaux à nos membres, nous faisons du commerce équitable avec des producteurs de l’Amérique centrale, qui cultivent également de façon écologique. » 

Le service est offert dans la grande région d’Edmonton et un service de point de chute est offert pour les habitants de Rivière La Paix, Hinton, Athabska et Fort Mc Murray. D’un bout à l’autre de la province, les Albertains n’auront jamais autant eu d’options pour mettre de la nourriture biologique dans leurs assiettes!

Écrit en collaboration avec Émilie Pelletier.

Pour Jean Johnson, président de l’ACFA, la rencontre au sommet entre les acteurs de la francophonie albertaine, la première ministre Rachel Notley et le ministre de la Culture et du Tourisme, Ricardo Miranda, est le premier pas vers la création d’une politique sur les services en français.

Rachel girlLa rencontre, qui a eu lieu le 30 mars dernier, étaient attendue depuis longtemps. Or, selon les dires de Jean Johnson, la première ministre était très bien renseignée et s’est tout de suite montrée ouverte à collaborer avec l’ACFA. « Elle a fait des déclarations intéressantes. Par exemple, de nous dire qu’elle était étonnée et gênée d’apprendre que l’Alberta est la seule province qui n’a pris aucune mesure pour reconnaître les francophones comme peuple fondateur du pays. » Va-t-elle corriger le tir? Selon lui, le travail devrait plutôt porter sur le développement d’une politique sur le services en français.

Le contingent franco-albertain souhaitait au départ le développement d’une loi sur les services en français. Or, pour Madame Notley, le contexte économique ne se prête pas à cet exercice. « Une loi exige des investissements, et ce n’est pas le bon moment pour investir », aurait-elle dit.

Questionné à savoir si le jugement de la Cause Caron ne jette pas un peu d’ombre sur le futur développement de cette politique, Jean Johnson répond par la négative. « La loi 60 impose des restrictions au sein de la législature. Mais au niveau des opérations, l’horizon est très ouvert. Il y a plusieurs éléments qui pourraient inciter le gouvernement à reconnaître le statut particulier de la francophonie en Alberta », pense-t-il.

Des paroles, des paroles et encore des paroles?
De l’aveu même de Jean Johnson, ces rencontres avec les premiers ministres ne donnent parfois que du vent et rien de concret. Or, cette fois-ci, le président de l’ACFA a senti un réel désir de la part de la première ministre de faire avancer les choses. « Nous devons déjà rencontrer le ministre responsable de la Francophonie d’ici quelques semaines, monsieur Miranda, pour commencer à travailler sur un processus et développer un plan de match », se réjouit le principal intéressé.

D’autres dossiers ont également été abordés lors de cette rencontre, notamment ceux de l’agrandissement du Campus Saint-Jean et de la création d’un comité aviseur sur les questions de santé des francophones, externe à Alberta Health Services. À suivre.

Dans un récent article publié par le National Post, quelques jours avant le gala des Prix Juno, le chroniqueur David Berry a affirmé que la culture populaire au Canada n’existait pas. En ce qui concerne les Franco-albertains, la situation est-elle la même? La culture francophone de l’Alberta est-elle populaire? Quelques éléments de réponse.

culture pop« Il faut arrêter de croire que la culture canadienne est de la culture populaire, car c’est faux. La culture populaire, c’est la culture américaine », a écrit le chroniqueur du  quotidien pancanadien.  Sylvie Thériault, directrice du Regroupement artistique francophone de l’Alberta (RAFA), juge que ce n’est pas représentatif de la culture franco-albertaine. « Ce n’est pas vrai que les artistes cherchent à se plier aux cultures américaines. Ici, les artistes cherchent à faire connaitre leur voix, leur unicité, leur individualité. Ils ne cherchent pas à se conformer à un certain genre », a-t-elle expliqué.

Les artistes émergents de la Francophonie albertaine se heurtent souvent à des obstacles qui les empêchent de rejoindre un plus large public. Selon Mme Thériault, le problème viendrait du manque d’accessibilité à des agences de production. « Pour se faire voir comme artiste, se faire connaitre, il faut vraiment être novateur dans nos approches. Il faut aller chercher les stratégies. Nous, au RAFA, on regroupe les artistes, mais on n’est pas des agents », a-t-elle soutenu. La directrice ajoute que la situation des artistes franco-albertains est difficile parce que la compétition est immense.

À la radio
La demande pour la diffusion de musique francophone d’ici vient souvent des regroupements d’artistes comme le RAFA, et parfois aussi des artistes eux-mêmes. Or, si le public ne fait pas toujours sonner les lignes téléphoniques pour faire entendre les artistes franco-albertains, les diffuseurs comme Radio-Canada Alberta s’en font un devoir.

Selon les informations du Recensement de 2011, l’Alberta est la province qui connait la plus grande croissance francophone au Canada. La population francophone albertaine a augmenté d'environ 18 % depuis 2006. La situation est la même du côté des arts. « Quand j’ai commencé, je pouvais compter les artistes du RAFA sur les doigts de la main », a déclaré Mme Thériault. « Aujourd’hui, on est à un potentiel de plus de 100 artistes », termine-t-elle. Que penserait David Berry de la variété grandissante de l’offre culturelle franco-albertaine?

 

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