Jean Johnson3Fraîchement réélu par acclamation comme président de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) provinciale, Jean Johnson, veut faire savoir au gouvernement fédéral qu’il désire jouer un rôle dans la crise des migrants d’origine syrienne en Europe.

 

Les images de milliers de familles syriennes traversant la Hongrie à pied pour trouver refuge en Autriche et en Allemagne ont fait le tour du monde sur les médias sociaux aujourd’hui. Il n’y a plus de doute, la question de la crise des migrants syriens est sur toutes les lèvres.

Le dernier forum communautaire datait d’il y a trois ans; ce n’est pas tous les jours que tous les organismes communautaires francophones de l’Alberta se donnent rendez-vous dans un hôtel d’Edmonton pour discuter d’une stratégie commune pour l’avenir de la langue dans la province. Une soixantaine de personnes ont répondu à l’appel le 30 mai dernier.
 
L’ambiance rappelait une grande rencontre de famille, ce qui n’était pas très loin de la réalité. Quelques dizaines d’organismes ont fraternisé pour partager leur passion commune : la protection et l’épanouissement du français en Alberta. Chapeauté par l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), le forum s’est penché sur diverses problématiques afin de définir le cadre stratégique des cinq prochaines années.
 
Une brève allocution des organisateurs de l’événement a révélé la thématique du jour : « L’Alberta bénéficie d’une francophonie accueillante, performance, moderne et rayonnante », selon Jean Johnson, président de l’ACFA. En plus de ces qualificatifs, il est fort de constater que  la francophonie évolue à vitesse grand V, avec une communauté de plus en plus diversifiée. « La francophonie n’est pas la même qu’il y a 15, 10 ans », a-t-il d’ailleurs reconnu. Conscients de ce fait, les organismes doivent revoir leur stratégie pour s’adapter à la réalité de 2015. « L’objectif est de mieux travailler ensemble pour la francophonie albertaine », a aussi rappelé la directrice générale de l’ACFA, Isabelle Laurin.

Jean JohnsonMardi 5 mai, le Nouveau Parti démocratique (NPD) a gagné. C’est un moment historique dans la politique albertaine, puisque cette victoire met fin au règne du Parti conservateur. Selon Rachel Notley, la future nouvelle première ministre de l’Alberta, de nouveaux changements sont à prévoir. Et c’est précisément le mot changement qui est suspendu aux lèvres des Albertains. Fera-t-il une différence pour la francophonie et sera-t-il bénéfique à l’ensemble de la province ? Les paris sont ouverts.

Un tsunami orange a déferlé mardi 5 mai sur l’Alberta. 54 députés néo-démocrates ont été élus sur un total de 87, chassant les conservateurs au pouvoir depuis 1971. Pour le président de l’ACFA (Association canadienne-française de l’Alberta) Jean Johnson, il ne fait aucun doute que le peuple a parlé : « C’est une nouvelle réalité, je trouve ça motivant. Les Albertains ont livré un message fort. Pour nous, l’ACFA, c’est intéressant de voir comment on va travailler avec le NPD ».

La clinique francophone de Calgary a enfin ouvert le 1er mai dernier. C’est un travail de longue haleine, réalisé conjointement par l’équipe de l’ACFA régionale et du Comité Santé qui a permis à ce projet d’aboutir. Cet évènement a rassemblé une cinquantaine de personnes dont plusieurs chefs de file dans la communauté francophone de l’Alberta.

Les efforts ont porté leurs fruits ! Dorénavant, un pôle francophone de la santé dans le quartier de Bridgeland permettra d’accueillir toute personne ayant besoin d’une aide médicale ou psychologique en français. Le but de la clinique est d’assurer des soins médicaux et une aide sociale mais aussi de rediriger au besoin les personnes vers des services francophones plus spécialisés. L’arrivée de cette clinique marque une avancée supplémentaire dans la prestation de services médicaux francophones de la province. Aux dires de l’honorable Claudette Tardif, sénatrice de l’Alberta, « c’est très impressionnant. Ça fait 15 ans que les services de santé en français se développent dans le pays, là où les francophones sont minoritaires. Il était temps que Calgary fasse partie de l’équation ! »

Le 17 avril à La Cité francophone, six personnes ont pu profiter d’une formation gratuite sur le thème ‘‘Développer et adapter ses activités scolaires en fonction du programme d’études albertain et du niveau de français des élèves’’, dans le cadre du projet Accent. 

« L’ACFA (Association canadienne-française de l’Alberta) nous a demandé de développer cette formation pour aider les pourvoyeurs de services à aller atteindre les objectifs très spécifiques du milieu scolaire de l’Alberta », raconte Anita Rudichuk. Elle et Huguette Hébert ont ainsi animé l’atelier ‘‘Développer et adapter ses activités scolaires en fonction du programme d’études albertain et du niveau de français des élèves’’, vendredi 17 avril à La Cité francophone, à Edmonton.

« J’ai une compagnie (Tradansa, NDLR) qui offre des ateliers de danse en milieu scolaire. J’adapte ma formation aux différents milieux langagiers. J’ai appris quelque chose et je suis là pour le transmettre, explique simplement Mme Rudichuk. Je me suis associée à Huguette qui a un bagage universitaire et a enseigné à de futurs enseignants. » Aujourd’hui à la retraite, Mme Hébert a plus de 25 ans d’expérience en éducation. « J’ai eu un contrat avec le ministère de l’Éducation pour développer le guide [albertain] de mise en œuvre du programme d’éducation physique adapté à l’immersion et au milieu francophone », prend-elle pour exemple.

Samedi 11 avril à 13h, Francophonie albertaine plurielle (FRAP) a tenu une réunion d’information et de discussion au Campus Saint-Jean. L’occasion de rappeler la raison d’être de ce nouvel organisme et de prendre le pouls de la communauté.

Qu’est-ce que Francophonie albertaine plurielle (FRAP) ?

« La FRAP a pour mission de rapprocher les communautés et de veiller à l’intégration socioéconomique et culturelle des francophones issus de la nouvelle immigration, notamment les communautés d’origine africaine et haïtienne qui sont les plus vulnérables. » C’est ainsi que Jeanne Lehman, présidente de la FRAP, a résumé l’objectif de l’association dans son discours d’ouverture, samedi après-midi au Campus Saint-Jean. Officiellement lancé le 12 décembre, l’organisme se définit comme « un groupe de pression et d’action ».

La FRAP souhaite se concentrer sur six orientations : l’éducation, l’employabilité et l’entreprenariat, la culture, la participation civique, la représentativité des communautés (pour que la nouvelle immigration participe aux prises de décisions les concernant) ainsi que le changement du discours public. L’association rappelle que « le visage de la francophonie a changé en Alberta » et veut s’assurer que l’offre de services proposés par les organismes albertains corresponde aux besoins des communautés d’origine étrangère. « La confiance n’exclue pas le contrôle », a souligné Mme Lehman.

Samedi 14 mars, 25 représentants de la communauté francophone ont participé à une longue session de travail à La Cité francophone, dans le cadre du Regroupement en immigration francophone de l’Alberta (RIFA). Il s’agissait notamment de réfléchir à des moyens d’accroître le nombre d’immigrants francophones via la nouvelle plateforme Entrée express.

« Dans la communauté francophone, ça va prendre plusieurs personnes qui sont des experts d’Entrée express », estime Matthieu Brennan, consultant sur les questions d’immigration et animateur de la session de travail du Regroupement en immigration francophone de l’Alberta (RIFA), samedi 14 mars à La Cité francophone.

Mise en place le 1er janvier 2015, la plateforme internet Entrée express est censée favoriser l’immigration économique en mettant en relation employeurs et futurs employés. « Le système est organisé pour répondre aux besoins des employeurs », explique M. Brennan. Or ceux-ci peinent à trouver de la main-d’œuvre qualifiée en Alberta. C’est pourquoi, en 2012, ils ont  fait appel à 84 465 travailleurs temporaires venus de l’étranger. Parmi eux, peu de francophones. Il y a donc des opportunités à saisir.

« Celui qui cherche un mécanicien depuis 8 mois sans en trouver, tu n’as pas besoin de le convaincre de l’importance de la francophonie et du multiculturalisme ! », résume l’expert-conseil en immigration. C’est donc aux organismes francophones de mettre en relation les entreprises et les francophones souhaitant immigrer au Canada.

Une stratégie qu’a déjà comprise Michelle Margarit, directrice de l’ACFA (Association canadienne-française de l’Alberta) régionale de Grande Prairie. « Ça fait deux ans qu’on travaille à faire venir des employés qualifiés », explique-t-elle. Son secret ? Une collaboration avec un recruteur ainsi que des relations étroites avec la chambre de commerce et les petites entreprises locales : « Je travaille avec des garages, des fermiers, des soudeurs… » Un modèle qui fonctionne et qu’il serait possible, selon Matthieu Brennan, d’étendre à toute l’Alberta, voire à tout le Canada.

L’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) régionale de Rivière-la-Paix a appris le 11 mars que l’employé bilingue de Service Canada ne se rendrait plus à Falher une fois par mois.

« Lorsque je l’ai rencontrée le 11 mars, elle m’a dit qu’il n’y avait pas assez de demande, qu’elle ne comblait pas ses heures », relate le directeur de l’ACFA Rivière-la-Paix, Jason Bilodeau. Un employé de Service Canada se rendait une fois par mois de Grande Prairie à Falher, et offrait ses services entre 10h30 et midi, et de 13h à 14h30 au Centre Chevalier.

Dans un courriel, Service Canada explique sa décision: « La fermeture du service mobile régulier de Falher a été prise à l’issue d’une analyse du nombre moyen de clients sur une période de plus de deux ans (d’avril 2012 à janvier 2015), qui était de l’ordre de 6 clients par mois. Ce changement s’inscrit dans le cadre des efforts que nous menons pour rééquilibrer notre réseau afin d’obtenir une répartition plus uniforme entre les volumes de clients et nos points de service. »

Le nouveau directeur régional s’est renseigné auprès de la communauté et a évalué la demande à environ 7-8 personnes par mois. « Quand on pense qu’ils ont seulement trois heures pour rencontrer les clients, parce que dans leur journée leur quatre heures de déplacement et leur heure de midi sont comptées, on voit les choses différemment », pense Rachelle Bérubé, présidente de la Société du Centre Chevalier.

Pour la deuxième année, l’ACFA de Camrose et le Campus Augustana s’associent afin d’organiser des activités dans le cadre des Rendez-vous de la francophonie.  Au menu : remises de prix, projections de films et – nouveauté – un atelier slam. Tout est gratuit.

En 2014, le professeur Jean-Blaise Samou a pris l’initiative de rapprocher le cercle local de l’ACFA de Camrose-Battle River avec le Campus Augustana où il enseignait. Cette semaine de la francophonie proposait des projections de films de l’Office national du film (ONF) et des remises de Prix de la francophonie pour des écoliers.

Une formule reconduite mais aussi étoffée cette année, puisqu’un atelier slam (initiation à la poésie orale) sera par ailleurs proposé le 18 mars par l’enseignante et dramaturge Donia Mounsef. « C’est la première fois à Camrose. C’est ouvert au public et à tous les étudiants francophones et francophiles », encourage Srilata Ravi, professeure de français au Campus Augustana et organisatrice de l’évènement.

Si l’on met de côté la cérémonie de lever du drapeau qui se tiendra au Bill Fowler Centre le 20 mars, toutes les activités des Rendez-vous de la francophonie se dérouleront au Campus Augustana. « L’Université est extrêmement importante dans la communauté de Camrose, avec de grands et beaux locaux pour rassembler tous ces gens-là, affirme Mme Ravi. […] C’est une occasion pour les parents de voir ce qu’il se passe au niveau du français sur le campus… et pour les universitaires de s’ouvrir à la communauté. »

Celle qui était directrice générale par intérim depuis août a finalement été choisie pour succéder à Denis Perreaux à la direction générale de l’Association canadienne-française de l’Alberta.

« J’étais vraiment touchée par la confiance [qu’on m’a accordée] », a réagi Isabelle Laurin après l’annonce de sa nomination à la direction générale de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA). Le comité de sélection a épluché des candidatures de tout le Canada avant d’arrêter son choix. « Quand ils m’ont appelée pour me dire que j’étais choisie, ça a été un grand soulagement parce que ça fait sept ans et demi que je m’investis à l’ACFA », explique Mme Laurin.

Vacant depuis le départ de Denis Perreaux – désormais à la tête de la Société historique de l’Alberta –, le poste de directeur général revient donc à celle qui était directrice par intérim depuis août 2014. « L’automne a été extrêmement occupé : deux courses à la chefferie en Alberta, énormément [de travail] dans le dossier de l’immigration, notre congrès [annuel de la francophonie, ex-Rond Point], des rencontres du CA, notre AGA… Ça m’a vraiment donné le goût ! », détaille la nouvelle directrice.

Page 7 sur 8
Aller au haut