Créé en 2006, le Centre de ressources de la langue française de Grande Prairie comporte aujourd’hui plus de 18 000 documents à destination des professeurs, des parents et des élèves de tout l’Alberta.

« J’aurais aimé avoir ça quand j’étais encore prof en immersion dans ma salle de classe », raconte Lesley Doell, présidente de l’Association canadienne des professeurs d’immersion (ACPI) et consultante en langue française. C’est elle qui s’occupe du Centre de ressources de la langue française de Grande Prairie (CRLF), avec le soutien de Chelsea Buote.

Lancé en 2006 avec le soutien de nombreux partenaires – conseils scolaires anglophones et francophone de la région, Association canadienne-française de l’Alberta, Canadian Parents for French… –, le centre est financé par Patrimoine canadien. Son budget de 1,4 million de dollars pour la période 2013-2018 s’avère stable par rapport aux années précédentes.

Installé à l’intérieur de la bibliothèque municipale de Grande Prairie, le CRLF possède plus de 18 000 ressources : des livres bien sûr, mais aussi des documents vidéo, audio et multimédias. Des œuvres de fiction sont aussi de la partie. « On vient d’ajouter 3000 $ de romans pour les adolescents et 1000 $ de bandes dessinées », prend pour exemple Chelsea Buote, qui avoue que ses étagères commencent à être pleines.

Vendredi 6 février, Nicole Chenier a reçu un Prix de l’excellence en éducation. Cette éducatrice en prématernelle à l’École Nouvelle-Frontière de Grande Prairie nous raconte son parcours depuis le Québec et sa passion pour les enfants.

Au secondaire, alors qu’elle étudiait l’administration, elle s’imaginait devenir secrétaire dans un bureau. Une carrière qui l’aurait sûrement condamnée à l’ennui le plus profond… Finalement, Nicole Chenier change son fusil d’épaule et décide de s’inscrire à un cours consacré à la petite enfance. « Les enfants, ça me fascinait, se souvient-elle. Un enfant, ça te prend comme t’es, alors que les adultes peuvent porter des jugements. »

Son premier emploi sera dans une garderie de Papineauville, non loin de son village d’origine. Elle y restera 19 ans. Elle commence par s’occuper des poupons pendant six mois. « J’ai aimé ça mais tu n’as pas beaucoup de temps : c’est les biberons, les couches... » Après ça, l’éducatrice passe aux 2-3 ans et s’attache à éveiller leurs sens… avec des conséquences parfois inattendues : « Tu as beau leur dire que c’est pas propre, les enfants aiment beaucoup manger la neige ! », s’amuse la Québécoise. Parfois, les tout petits n’arrivent pas à exprimer leur pensée et, frustrés, se mettent à « pousser, tirer les cheveux, mordre ». Pour gérer ces petites crises, la clé reste la patience. Et ça tombe bien, Nicole en a à revendre.

 

Nicole Chenier, éducatrice en prématernelle à l’École Nouvelle-Frontière de Grande Prairie, a reçu vendredi 6 février le Prix de l’excellence en éducation. Une récompense qui souligne ses « méthodes innovatrices », sa « capacité exceptionnelle à stimuler le développement des enfants », son « engagement à l’égard du développement des enfants et de la profession d’éducation à la petite enfance », ainsi que son « implication au sein de la communauté francophone. »

Sur la photo : Mireille Péloquin, directrice de la Fédération des parents francophones de l’Alberta (FPFA) ; Marcel Lizotte, directeur général du Conseil scolaire Nord-Ouest ; Nicole Chenier, éducatrice en prématernelle à l’École Nouvelle-Frontière de Grande Prairie ; Claudine Lajoie, présidente de la FPFA.

Les écoles Père-Lacombe et Maurice-Lavallée (Edmonton) bénéficient désormais de centres d’apprentissage. Un outil supplémentaire pour favoriser la réussite des élèves avec des besoins spéciaux.

« Pour répondre aux besoins des élèves, il faut une variété de moyens. Le but premier est toujours l’inclusion mais le centre d’apprentissage permet de travailler la littératie, la numératie et des habiletés de vie », explique Gisèle Bourque, conseillère pédagogique en inclusion et littératie au Conseil scolaire Centre-Nord.

À l’École Père-Lacombe, le nouveau centre d’apprentissage complète un dispositif déjà fourni : les équipes du projet Espoir (accompagnement pour l’intégration sociale, la gestion des émotions, la santé physique et mentale), une intervenante en francisation langue seconde et une accompagnatrice pédagogique, sans oublier les aide-élèves. « Certains enfants ne savent pas gérer leurs émotions ou ne savent pas fonctionner dans un milieu où il y a un cadre », explique Josée Lemire, la directrice (photo ci-contre), tout en confirmant que « le but, c’est d’essayer que nos élèves soient en classe le plus longtemps possible ».

Dans le reportage du Franco du 11 au 17 décembre dernier (p. 3), signé Arthur Bayon, et portant le même titre que cette chronique, Henri Lemire, cité dans les premières lignes du reportage, explique aux parents de Beaumont, avec l’autorité de l’expert et le détachement de l’administrateur qu’on lui connaît, le choix des parents de la façon suivante: « On ne veut pas vous influencer d’une façon ou d’une autre, dit-il. (…) La loi veut que l’école soit publique ou catholique. Au conseil scolaire, ça ne fait aucune différence », n’ajoute-t-il pas. Il y aurait des chapitres à écrire sur ces quelques énoncés, mais là n’est pas le sujet de cette chronique.

Les conseils publics et catholiques de la majorité anglophone créent des écoles à l’intérieur de leurs systèmes respectifs déjà établis où la question de la confessionnalité ne se pose pas, ou exceptionnellement. Or, dans le système francophone, dans la mesure où ce sont des conseils composés, on nous dit qu’il faut choisir et que c’est la loi dictée par l’Acte scolaire albertain.

Si c’est aujourd’hui la pratique (voir art. 255.3 de l’Acte scolaire albertain) – et il faut s’en féliciter en autant que le processus reste objectif et les parents bien informés –, cela n’a pourtant pas toujours été le cas étant donné la façon dont le CSCN s’est développé. Il semble que certains se soient donné des passe-droits et des privilèges en raison d’une application partisane qui remonte à sa création. Le processus actuel qui permet aux parents de l’école de choisir l’option qui leur convient correspond-il à l’application souhaitée par la Cour suprême du Canada?

Le 21 janvier dernier, la Cour suprême du Canada a entendu une autre cause relative à l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés. Il s’agit du dossier Commission scolaire francophone du Yukon c. Procureure générale du Territoire du Yukon.

En plus des deux parties, il y a eu les intervenants suivants : la procureure générale du Québec, le procureur général de la Saskatchewan, le procureur général des TNO, le procureur général de la Colombie-Britannique, le commissaire aux langues officielles du Canada, la Fédération des parents francophones de l’Alberta (FPFA), le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique, la Fédération des parents francophones de Colombie-Britannique, la Fédération nationale des conseils scolaires francophones et la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada.

Sur toutes les pages des mémoires des parties et des intervenants, il est inscrit qu’il y a une interdiction de publication. Au début de l’audience, la juge en chef a indiqué que l’ordonnance d’interdiction de publication vise à protéger l’identité d’un enfant et de ses parents. Les documents relatifs aux affaires faisant l’objet d’une ordonnance de non-publication peuvent toutefois être consultés par le public et par les médias. Et les personnes intéressées à visionner en différé le déroulement de l’audience peuvent le faire grâce au site Internet de la Cour suprême du Canada.

Trois nouvelles écoles ont vu le jour à la rentrée 2014. Leur confessionnalité vient d’être déterminée grâce aux votes des parents d’élèves.

« Le vote pour le ‘‘public’’ était dans le meilleur intérêt de l’école, estime Malorie Aubé, laprésidente du conseil de l’école francophone de Camrose. On voulait que notre environnement soit inclusif. » Sur les 27 bulletins envoyés aux parents, 21 sont revenus dans les temps… et 20 soutenaient le choix du public. L’école sera donc officiellement publique à la rentrée 2015. Pour autant, il reste « envisageable » de mettre en place un cours d’éducation catholique, en cas de demande des parents.

À Beaumont, les parents d’élèves en ont décidé autrement. 60% des bulletins reçus réclamaient une école catholique. Une surprise pour Daouda Marika qui avait « l’intime conviction » que l’école serait publique. D’après Alain Bertrand, le président du conseil d’école, un cours alternatif d’éthique et culture religieuse devrait être proposé pour les enfants dont les parents ne souhaitent pas d’éducation catholique. « Si c’est le cas, alors je ne vois aucun problème à ce que ma fille reste à l’école francophone catholique de Beaumont », confie M. Marika.

J’aborde ces « regards prospectifs » ce mercredi matin (7 janvier) après avoir entendu à la radio les nouvelles de la tuerie à Paris dans les bureaux de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo où une douzaine de personnes ont été exécutés par ces « fous de Dieu », comme on les appelle couramment maintenant. Ceux-ci se justifient en évoquant la vengeance du prophète contre un magazine qui s’est donné le mandat de critiquer, sans exceptions, par la satire, l’ironie et la moquerie tout ce qui est risible, absurde, hypocrite, truffé de bêtise ou son incarnation, etc. Évidemment, puisque tous et toutes pouvaient ou ont déjà fait l’objet d’un même discours de ridicule, les responsables de Charlie Hebdo devaient se sentir suffisamment à l’abri d’attaques « déloyales » pour oser frapper d’ironie même une image du prophète invoquée par ces fondamentalistes pour justifier leurs sanguinaires approches démagogiques contre ces infidèles dont le rire ridiculisateur leur est insupportable, comme d’ailleurs la musique, le chant, la danse, le sport, l’éducation de la femme, et j’en passe.

Mercredi 3 décembre, des étudiants anglophones ont présenté leurs expériences en tant que bénévoles au sein d’organismes francophones, dans le cadre du programme Community Service Learning de l’Université de l’Alberta à Edmonton.

Ces derniers mois, dans le cadre du programme Community Service Learning (CSL), une quinzaine d’étudiants en français intermédiaire du professeur Sathya Rao ont fait du bénévolat dans trois organismes francophones : le Regroupement artistique francophone de l’Alberta (RAFA), l’Alliance française d’Edmonton et l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA). L’objectif ? « Leur montrer que la francophonie en Alberta, c’est quelque chose de vivant ! », explique M. Rao.

Pour cela, des partenariats ont été mis en place entre l’Université et des organismes à but non lucratif afin de « connecter les idées, les théories et les concepts que [les étudiants] apprennent à l’école et les appliquer dans le monde réel », résume Sheryle Carlson, une des coordinatrices des partenariats CSL. Chaque année, plus de 1 200 étudiants de l’Université de l’Alberta et 200 partenaires participent à ce programme vieux de dix ans. Cependant, cela ne fait que quelques années que des organismes francophones ont été intégrés et ils sont encore peu nombreux.

Jeudi 11 décembre, une quinzaine de parents se sont réunis à l’invitation du Conseil scolaire Centre-Nord pour discuter de la confessionnalité de la nouvelle école de Beaumont.

« On ne veut pas vous influencer d’une façon ou d’une autre. […] La loi veut que l’école soit publique ou catholique. Au conseil scolaire, ça ne fait aucune différence », annonce Henri Lemire, directeur du Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN), à la quinzaine de parents présents jeudi 11 décembre dans un des six bâtiments de la toute jeune école de Beaumont. Des conseillers scolaires sont également de la partie. Une réunion similaire avait d’ailleurs eu lieu lundi 1er décembre à Camrose.

Ouverte en septembre 2014, l’école de Beaumont compte désormais plus de 70 élèves. Il s’agit maintenant de décider si l’on veut qu’elle soit catholique ou publique. Dans les deux cas, elle dépendra du CSCN, mais le choix n’est pas anodin pour autant. Histoire d’y voir plus clair, deux intervenants ont présenté ces deux approches de l’enseignement francophone en Alberta.

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