Conseil scolaire Centre-Nord : un nouveau comité se penche sur l’intégration professionnelle de personnes issues de l’immigration

Un Comité ad hoc intégration professionnelle a été créé début octobre par le Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN) pour « entamer un dialogue par rapport à l’intégration professionnelle d’individus issus de l’immigration ». La première réunion a eu lieu le 5 novembre.

« On a eu une rencontre avec le groupe FRAP (Francophonie albertaine plurielle) le 19 juin. On s’est dit que c’était un sujet qui méritait davantage d’informations, davantage de débats », explique Karen Doucet, présidente du comité et du CSCN, qui affirme que le conseil est « sensible aux changements dans notre communauté [francophone] ». Elle se rappelle notamment d’une hausse record du nombre d’élèves en 2006 (+21%), conséquence directe de l’immigration francophone.

Le mois dernier, une pétition réclamant davantage d’enseignants issus de l’immigration au sein du CSCN avait réuni 500 signatures.


Douze membres

Aux côtés de Karen Doucet, trois autres membres du CSCN se retrouvent au sein du comité : Ismaïl Osman-Hachi, Henri Lemire et Kevin Bell. Quatre organismes francophones ont par ailleurs été invités à nommer leurs représentants : Amina Good de l’Association scolaire des parents africains en Alberta (ASPAA), Jeanne Lehman de FRAP (photo), Caleb Sindihebura de l’Africa Centre et Paulin Mulatris du Centre d’accueil et d’établissement du nord de l’Alberta (CAÉ).

Quatre « individus leaders de la communauté immigrante » complètent pour le moment le comité – Firmin Guéladé, Ibrahim Karidio, Mathy Mulumba et Jean-Pierre Valois –, mais « on se réserve le droit d’inviter d’autres personnes au besoin », précise la présidente Karen Doucet.

« Une volonté de travailler ensemble »

La réunion du 5 novembre a permis aux membres du Comité  ad hoc intégration professionnelle de « constater l’évolution de la communauté scolaire du CSCN depuis sa fondation » et le fait que « les nouveaux arrivants prennent davantage de place dans les écoles  ».

« Nous sommes très contents que la problématique d’intégration professionnelle des francophones issues de l’immigration dans le CSCN fasse enfin l’objet d’un débat, affirme Jeanne Lehman de FRAP. Les membres du comité ont tous manifesté une volonté de travailler ensemble afin de remplir le mandat fixé. »

Caleb Sindihebura  a apprécié le « cadre détendu » de cette « première prise de contact ». Il espère apporter l’expérience de l’Africa Centre acquise au contact des communautés africaines.

Statistiques ethniques ou discrimination positive ?

Interrogée au sujet de la possible mise en place de statistiques ethniques, Karen Doucet a émis des réserves : « Le conseil scolaire n’a jamais gardé de statistiques par rapport aux élèves ou aux professeurs. Où commencer ? Et si on commence à faire cela : qu’est-ce que cela va déclencher plus tard ? », se demande-t-elle.

La discrimination positive pour recruter davantage de professeurs issus de l’immigration est-elle envisagée ? « Ce n’est pas nécessairement une stratégie qu’on va employer », explique prudemment la présidente, qui rappelle que le comité n’est pas encore au stade de pouvoir proposer des solutions.

Poser les bonnes questions

« La question-clé, c’est comment s’outiller pour aller dans la bonne direction ? », affirme Mme Doucet. Pour cela, il s’agit de poser les bonnes questions : « Quels sont nos critères et nos pratiques d’embauche ? »,  « est-ce que le processus pour embaucher un professeur est différent de celui pour embaucher un concierge ? », « est-ce qu’il y a une barrière et s’il y en a, comment la défaire ? », etc. Regarder ce qui se fait au Québec ou en Ontario est envisagé.

Il faudra aussi s’attacher à définir précisément ce qu’est un immigré et ce qu’on appelle la communauté francophone.

« Seul le résultat compte »

« Pour nous, seul le résultat compte, c’est-à-dire la prise en compte des résolutions du comité et la mise en place par le CSCN de règles claires concernant l’inclusion des communautés issues de l’immigration », insiste Jeanne Lehman, qui souhaite avant tout des « politiques d’embauche basées sur l’équité », que « la diversité constatée  dans la communauté francophone se reflète au sein des écoles et que le CSCN valorise cette diversité de façon active ».

Plus spécifiquement, FRAP aimerait  par exemple que le CSCN veille à « créer des comités de recrutement composés de personnes en RH qui auront des compétences en matière de diversité ».

Quatre à six réunions auront lieu d’ici mi-mai 2015, moment choisi pour soumettre des recommandations au conseil scolaire.

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