Hommage à Abdelnasser Maalem, décédé fin octobre

L’étudiant du Campus Saint-Jean Abdelnasser Maalem s’est suicidé fin octobre. Un émouvant hommage lui était rendu jeudi 6 novembre à l’auditorium du pavillon McMahon, à Edmonton.

« Assidu », « souriant», « philosophe »,  « serviable », « modeste »… Les qualificatifs élogieux ne manquaient pas, jeudi 6 novembre, pour rendre hommage à Abdelnasser Maalem, étudiant de 41 ans d’origine algérienne qui avait mis fin à ses jours le mois dernier.

Dans l’auditorium du pavillon McMahon du Campus Saint-Jean (CSJ), à Edmonton, la cérémonie s’est déroulée dans un calme respectueux, en présence de nombreux étudiants, professeurs et membres du personnel, ainsi que deux de ses sœurs.

Un étudiant modèle

« Abdel » était d’abord un étudiant modèle, passionné et d’une grande culture. « Il pouvait citer les cinq derniers présidents de Madagascar », a pris comme exemple Srilata Ravi, qui avait supervisé ses recherches.

En arrivant au Canada, il s’était tout de suite intéressé aux autochtones et aux différentes facettes culturelles de ce grand pays, ce qui l’avait poussé à entreprendre une maîtrise en études canadiennes au CSJ.

« C’était peut-être le seul qui faisait tout le temps ses devoirs », a plaisanté un étudiant au micro ouvert, ajoutant qu’il n’hésitait jamais à « partager ses notes » avec ses camarades.

Dans une lettre lue à la tribune, la présidente de l’Université de l’Alberta, Indira Samarasekera, a décrit « un étudiant brillant et enthousiaste à l’idée de devenir enseignant ».


Un camarade apprécié

Infatigable travailleur, Abdelnasser Maalem n’en était pas moins quelqu’un de chaleureux apprécié par son entourage.

Au nom de ses collègues, le professeur Carol Léonard a évoqué le « souvenir ému d’un être intelligent et sensible » à la « bonhommie souvent contagieuse », son absence provoquant une « abyssale tristesse ».

Anthony Bertrand, le directeur de l’Alliance française d’Edmonton,  a fait rire l’assemblée en moquant gentiment son ancien camarade : « Son accent anglais encore pire que le mien ». En outre, son entrain était tel que, « même quand il était en avance, il avait l’air d’être en retard ! »

« Tu n’étais jamais fâché de mes préoccupations quand je venais te déranger, s’est rappelé M. Mango, un ami et collègue de maîtrise. Tu ne cessais de rendre notre classe vivante. »

L’ancien étudiant Marc Golanski a ajouté qu’Abdelnasser était « toujours disponible pour [lui] remonter le moral », n’hésitant pas à s’oublier au profit des autres.

« Tu as été trop dur envers toi-même »

« Comment deviner sa solitude ou sa détresse ? », s’est interrogé Anthony Bertrand, qui a proposé des idées pour éviter de se retrouver isolé de la sorte : « Il est primordial de ramifier nos cercles d’amis (et pas seulement sur Facebook !) afin de trouver encouragement et motivation pour avancer, et pour avoir quelqu’un à appeler au secours le jour où on perd pied ».

Le principal de l’école Sir-George-Simpson, Pierre Rousseau, a rappelé le caractère individualiste de notre société – qui mène parfois à l’indifférence – et la nécessité pour l’humanité de retrouver sa « capacité d’aimer, de pardonner, de partager ».

La grande sœur de l’étudiant, Sarah, a tenu à lui écrire une lettre d’adieu, lue à la tribune par son autre sœur Fatima : « Tu as été trop dur envers toi-même. Ta mère est inconsolable mais elle te pardonne. Fatima a par ailleurs souligné le courage de son frère d’avoir « quitté sa famille et son pays pour s’installer au Canada et tout recommencer ». Elle s’est dite réconfortée par les témoignages : « C’est important de savoir qu’il était apprécié ».

« Resserrer les rangs »

Étienne Alary, maître de cérémonie de cet hommage et responsable des affaires publiques, a appelé les nombreuses personnes présentes à « resserrer les rangs ».

« Tout le monde ressent cette perte, a affirmé David Jennings, le président de l’Association étudiante. C’est la réalité de la communauté du Campus Saint-Jean. »

Le doyen Pierre-Yves Mocquais a d’ailleurs parlé du CSJ comme d’une « famille unie de toutes les origines ». Une famille aujourd’hui endeuillée.

 

Évaluer cet élément
(1 Vote)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Aller au haut