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Rentrée scolaire : trois nouvelles écoles francophones et 7 % d’élèves supplémentaires en Alberta


C’est la rentrée ! Pour les 7112 élèves des écoles francophones de la province (+7 %), c’est un moment particulier où l’on découvre de nouveaux camarades, de nouvelles activités et, parfois, de tout nouveaux bâtiments. Tour d’horizon des quatre conseils scolaires francophones de l’Alberta.

[infographie de l'évolution du nombre d'élèves par conseil scolaire en fin d'article]


Conseil scolaire Centre-Nord

Étiré de Jasper à Wainwright mais centré sur Edmonton, le Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN) a vu son nombre d’élèves augmenter de 5,9 % à la rentrée, passant de 2808 en 2013 à 2973 en 2014.

« Ce qui est frappant, c’est que ce sont nos deux plus grandes écoles qui n’ont pas bougé : Gabrielle-Roy et Sainte-Jeanne-d’Arc, analyse Henri Lemire, directeur général du CSCN. L’année dernière, Gabrielle-Roy a augmenté de près de 90 élèves. Cette année, on s’était préparé pour 50 de plus et il n’y en a eu que 3. » Du coup, trop de personnel a été embauché en prévision. Pas question de faire marche arrière pour autant : « On ajuste quand il faut augmenter, mais c’est plus difficile de couper. Par exemple, quand quelqu’un du Manitoba s’installe à Edmonton et qu’on a moins d’élèves, ce serait presque cruel [de le renvoyer] ! »

Au total, 202 enseignants équivalents temps plein sont en poste dans les écoles du CSCN cette rentrée, soit 12 de plus qu’en 2013. Neuf « aides-élèves » supplémentaires ont été recrutés pour accompagner les enfants souffrant de déficiences mentales ou de grands problèmes de comportement.

Quant aux frais scolaires, cela fait trois ans qu’ils n’ont pas augmenté. Ils s’échelonnent entre 65 et 175 $ par an selon le niveau.

Deux nouvelles écoles
Par ailleurs, deux nouvelles écoles ont été créées : une à Beaumont (notre article) et l’autre à Camrose (notre article).

À Jasper, les élèves de l’école francophone partageaient le bâtiment de la Légion canadienne depuis 2002, avec un mur pour séparer les deux édifices. Cette rentrée, ils emménageront dans une véritable école. Idem à Red Deer, où les élèves découvrent cette année leur école toute neuve, après avoir initialement occupé les locaux du Red Deer Christian Society et l’école Piper Creek.

Pour ce qui est de la nouvelle école de Saint-Albert, il faudra attendre 2016.

Davantage d’ordinateurs
Au menu des nouveautés pour les élèves du CSCN : l’achat de 350 Chromebook, des ordinateurs portables rapides et peu onéreux qui se démarrent en 10 secondes. Ces appareils s’ajoutent aux 570 Ultrabook et Netbook déjà existants. L’objectif visé : un ordinateur par enfant.

Enfin, les 5e et 6e années de l’école Sainte-Jeanne-d’Arc pourront désormais bénéficier d’un programme sport-études avec décathlon, hockey, tennis, tennis de table, touch football et frisbee ultime au programme. Il s’agit de la troisième école dotée d’une offre sport-études au sein du CSCN après Citadelle à Legal (hockey) et La Mission à Saint-Albert (conditionnement physique, hockey, baseball, golf).

Conseil scolaire Nord-Ouest

Ce petit conseil scolaire encadre 423 élèves cette rentrée, contre 384 l’année dernière (hausse de 10,2 %). 37,5 enseignants équivalents temps plein seront employés, soit 1,3 de moins qu’en 2013.

École Nouvelle-Frontière
L’école Nouvelle-Frontière de Grande-Prairie a gagné 32 membres cette année, atteignant ainsi l’effectif de 224 élèves. Dans le cadre de son projet de modernisation, l’école propose de nouvelles options : animation image en image, introduction à la musique et cours de retouches photo. Par ailleurs, la directrice Michelle Hunter souhaite continuer à « développer l’identité culturelle des enfants ».

École Héritage
Du côté de l’école Héritage, à Falher, le nombre d’élèves est quasi-stable puisqu’il passe de 133 à 131. Cette année, l’école fait partie du projet pilote pour la reconception du secondaire et insistera sur la flexibilité de l’environnement (permettant à un élève doué en maths de diminuer son nombre d’heures afin de dégager du temps pour une matière où il est plus faible), la pédagogie de la réussite et l’évaluation (avec des projets multidisciplinaires – un travail en sciences réutilisé en français par exemple – et le remplacement des tests de rendement par des tests d’apprentissage en début d’année pour les 3e). « C’est une grosse organisation : on ne sait pas encore ce que ça va donner », admet la directrice Nicole Walisser.

En outre, des ateliers pour parents seront proposés le 18 septembre, « pour bien communiquer les initiatives en éducation avec nos familles », ajoute-t-elle.

Un nouveau terrain de jeu a aussi été inauguré en juin.

École Quatre-Vents
À Rivière-la-Paix, l’école Quatre-Vents ouvre cette rentrée une 8e année et crée une équipe sportive en secondaire premier cycle. Une salle à manger réunit désormais les élèves de 2e à 6e années. L’effectif de l’école est passé de 59 en 2013 à 68 en 2014.

Aucun projet de nouvelle école n’est pour l’instant dans les tuyaux du Conseil scolaire Nord-Ouest. « Il n’y a pas beaucoup de francophones dans notre territoire, à part dans les trois places qu’on a déjà, explique Chantal Monfette, présidente du CSNO. Quand il n’y a pas d’élèves, il n’y a pas d’élèves ! »

Conseil scolaire Centre-Est

De Saint-Paul au sud à Plamondon au nord, le Conseil scolaire Centre-Est (CSCE) est le seul conseil francophone de l’Alberta à avoir accusé une légère baisse de ses effectifs (-3,7 %). 680 enfants ont répondu présent à la rentrée 2014 contre 706 l’année précédente.

Une toute nouvelle école a néanmoins vu le jour à Lac La Biche, avec 16 élèves à son actif, dont 8 en provenance de l’école Beauséjour de Plamondon, qui chute de 183 à 157 enfants cette rentrée. L’école Sommet de Saint-Paul passe de 175 à 156 élèves.

Les effectifs des écoles Voyageur (Cold Lake) et Beaux-Lacs (Bonnyville) restent quant à eux assez stables : 144 pour la première (146 en 2013) et 207 pour la seconde (202 en 2013).

Conseil scolaire FrancoSud

Le Conseil FrancoSud (CSFS) est né en 2013 de la fusion entre le Conseil scolaire du Sud de l’Alberta et le Conseil scolaire catholique et francophone du Sud de l’Alberta. « Ça nous a permis d’harmoniser les pratiques entre les écoles, d’être beaucoup plus efficaces », confie Anne-Marie Boucher, présidente du CSFS.

Alors que le conseil tablait sur une augmentation d’effectif de 5 %, la hausse fut de 10,4 %, amenant le nombre d’élèves de 2750 en 2013 à 3036 en 2014. Des premiers ajustements ont cependant été faits dès cet été, comme par exemple à Sainte-Marguerite-Bourgeoys où une nouvelle classe de maternelle a été créée et un professeur supplémentaire embauché. Au total, le nombre d’enseignants équivalents temps plein est passé de 182 à 192.

Concernant les frais scolaires, ils restent à  55 $ (maternelle-6e) et 90 $ (7e-12e). « Il y a quelques années, quand la situation économique était assez difficile, on a réduit les frais scolaires [dans les écoles publiques francophones] et il n’y a pas eu d’augmentation depuis », raconte Mme Boucher. Et après la fusion des deux conseils, « on voulait que ce soit la même chose dans toutes les écoles, les écoles catholiques ont donc réajusté à la baisse ».

Deux emménagements
Si aucune école n’a été créée cette année, deux emménagements dans de nouveaux bâtiments sont à signaler à Airdrie (depuis avril dernier, c’est d’ailleurs cette école qui a gagné le plus d’élèves : 60, pour un total de 337) et Cochrane (depuis la rentrée). « Deux écoles neuves avec toutes les belles choses qu’on peut avoir dans une vraie école : gymnase, bibliothèque, salle de science… », s’enthousiasme la présidente du CSFS. Respectivement créées en 2005 et 2003, les écoles d’Airdrie et de Cochrane étaient jusque-là formées de classes modulaires.

Polémique à Calgary
L’autre gros dossier pour le CSFS, c’est le projet d’école de Scenic Acres à Calgary. Certains habitants de quartier s’y opposent car l’école est censée occuper un cinquième du parc public. Soutenue par la Ville, Anne-Marie Boucher n’a aucune intention de reculer : « C’est vraiment un emplacement central et il y a trois routes majeures qui nous permettent d’amener nos élèves », argumente-t-elle. À son avis, « les architectes ont fait un travail remarquable. C’est un plan d’école très compacte, qui prend le moins de place possible ; les lignes s’insèrent très bien dans le paysage ». Mme Boucher ajoute que seulement un terrain de soccer du parc sera utilisé par les élèves et que le gymnase de l’école sera accessible toute l’année par toute la communauté. « On espère que les gens vont voir les atouts à long terme », confie la présidente du CSFS, qui souhaite d’ailleurs organiser des portes ouvertes ce mois-ci.

Enfin, le programme AVAN (« Apportez votre appareil numérique », « Bring your own device » en anglais) va être étendu à 750 élèves, contre 200 l’an dernier. Tous les élèves de la 7e à la 12e année sont concernés, ainsi que cinq classes pilotes de la 4e à la 6e  année. Il s’agit pour eux d’apporter en classe leur propre appareil (tablette, ordinateur portable) ou d’en louer un auprès du conseil scolaire. L’idée est notamment de travailler sur « l’utilisation éthique de l’internet et la citoyenneté numérique », détaille Anne-Marie Boucher.

Note : certains chiffres collectés début septembre sont susceptibles d’évoluer d’ici la fin du mois.

Nombre délèves dans les quatre conseils scolaires francophones de lAlberta (rentrées 2013 et 2014) | Create Infographics
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