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Pierre-Yves Mocquais sera avant tout rassembleur

S’il pouvait décrire en un mot la vision qu’il a du mandat qui l’occupera à partir du 1er juillet prochain, le nouveau doyen du Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, Pierre-Yves Mocquais, utiliserait « rassembleur ».

« Je veux rassembler les opinions, les groupes et les tendances au sein de la Faculté, et faire en sorte que l’ensemble ait un projet commun », affirme-t-il. Mais pour l’ancien doyen de la Faculté des sciences humaines à l’Université de Calgary (1999-2004) et doyen associé de la Faculté des arts à l’Université de Regina (1997-99), un mot ne saurait suffire.


Après deux années difficiles pour le Campus Saint-Jean, marquées par des coupures, des mises à pied, des questionnements et de l’inquiétude, son nouveau doyen veut lui créer un contexte apaisant, où les divergences d’opinions s’estomperont au profit de la collaboration et de la croissance. Il veut surtout attirer l’attention sur les réalisations qu’il juge excellentes du Campus Saint-Jean, pour qu’il soit porté par ses forces.

« La Faculté Saint-Jean a traversé une mauvaise période, mais c’est là le lot de toutes personnes. Comme un adolescent qui traverse une période de crise, et qui s’en sort plus fort de connaissances », illustre Pierre-Yves Mocquais.

Alors qu’il est impatient de quitter sous peu son poste de professeur titulaire au département de français, italien et espagnol de l’Université de Calgary, en même temps que sa résidence dans la métropole, pour se lancer dans l’aventure Saint-Jean, Pierre-Yves Mocquais est bien conscient que les défis qui l’attendent sont de taille.

En plus de la route juchée d’embuches vers la stabilité budgétaire, il veut faire en sorte que la Faculté Saint-Jean, le Campus Saint-Jean et la communauté franco-albertaine soient unis, dans leur vision et dans leurs actions.

Il souhaite aussi que l’Université de l’Alberta dans son ensemble, par ses professeurs, ses étudiants et ses administrateurs, saisisse l’importance de la seule Faculté universitaire francophone de la province, au même niveau auquel le présent prévôt le comprend.

« Comme la francophonie canadienne fait partie intégrante de l’identité du Canada malgré tout ce qui semble les diviser, le Campus francophone est lié à l’identité de l’Université de l’Aberta », insiste M. Mocquais.

Prêt pour le CSJ
Détenteur d’un baccalauréat en études littéraires et une maitrise en littérature moderne de l’Université de Franche-Comté en France, ainsi que d’un doctorat en littérature canadienne-française qui lui a été décerné par l’University of Western Ontario, il semble que Pierre-Yves Mocquais se préparait depuis des années, sans le savoir, à cette nouvelle position au Campus Saint-Jean et aux défis qui y sont attachés.

C’est d’ailleurs, raconte-t-il, ce que le comité de sélection du nouveau doyen a relevé lors de sa présentation.

D’abord, c’est justement la recherche sur la francophonie canadienne en milieu minoritaire qui l’a poussé à quitter la France au milieu des années 1970 pour réaliser sa thèse de doctorat en Ontario. Une décision qu’il avait prise, au départ, avec l’intention de retourner ensuite en France.

Il a par la suite accepté une position « temporaire » à l’Université de Régina, ou il est finalement demeuré pendant une vingtaine d’années, alors qu’il y est devenu professeur adjoint puis professeur titulaire, et qu’il y a occupé plusieurs postes d’administrateur.

À la barre de la Faculté des sciences humaines de l’Université de Calgary à partir de 1999, il a, parmi d’autres projets, ses cours et ses recherches, il a entre autres demandé 1,1 million $ à la Fondation canadienne pour l’innovation, pour permettre la création d’un centre de recherche sur le langage.

Navré de constater au cours des années que les Canadiens francophones en milieu minoritaire devaient constamment justifier leur existence, il a été charmé par la possibilité de participer à cette résilience, et d’aider à la renforcer. C’est pourquoi le poste de doyen l’a tant attiré.

« Le Campus Saint-Jean est un pilier de cette résistance, de cette bataille des francophones [...] je suis impatient de commencer, et je suis heureux que le comité de sélection m’ait fait confiance », réitère-t-il.

Est-ce que Calgary lui manquera? « Je m’ennuierai des Chinooks », blague le nouveau doyen, qui sera de retour notamment pour participer au 24e colloque international du Centre d’études franco-canadiennes de l’Ouest (CEFCO), les 4 et 6 septembre 2014, pour y présenter ses récents travaux sur le langage et l’écriture de l’exil.

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