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Une école francophone à Camrose pour la rentrée 2014

Grâce à la détermination d’un groupe de parents pour qui l’éducation en français tient à cœur, l’ouverture d’une école francophone à Camrose est prévue pour l’automne.

Lors de sa rencontre régulière du 20 mai dernier, le Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN) a voté à l’unanimité pour aller de l’avant avec l’ouverture d’une école dans la municipalité de plus de 17 000 habitants, située à une centaine de kilomètres au sud-est d’Edmonton. Le vote donnait suite à une rencontre la semaine précédente, à Camrose, entre un groupe de parents et quatre conseillers.


« Nous sommes contents. C’est une étape qui est franchie », a fait part Malorie Aubé, la représentante des parents de Camrose qui a présenté des signatures, des lettres d’appui et des formulaires d’inscription complétés à la réunion du 20 mai.

À cette date, on comptait 24 inscriptions d’élèves au primaire et sept inscriptions pour la prématernelle, un programme dont les parents souhaitent confier la gestion au CSCN. « La prématernelle sera la responsabilité de la communauté, mais nous allons collaborer avec elle pour l’ouvrir », précise le directeur général du CSCN, Henri Lemire.

Selon les statistiques mentionnées par Mme Aubé, le nombre de francophones de la région de Camrose-Drumheller aurait augmenté de 13 % entre 2001 et 2011, et il y aurait 134 ayants droit dans la grande région de Camrose et de Wetaskiwin.

« Ce nombre n’est que la pointe de l’iceberg. C’est en établissant un programme que l’on pourra vraiment déterminer tout le potentiel de la région », a avancé Mme Aubé qui, de son côté, enseigne à la maison à ses deux enfants d’âge scolaire à défaut d’avoir accès à une école francophone à proximité.

C’est à la suite de la récente rencontre avec le groupe de parents que le CSCN est revenu sur sa décision précédente, qui était de ne pas aller de l’avant avec une école dans la municipalité. « Nous étions très impressionnés par la force de la collaboration à Camrose, a mentionné la présidente du CSCN, Karen Doucet. Nous ferons notre possible pour être prêts pour septembre 2014 », a-t-elle affirmé, ajoutant qu’un vote des parents des enfants inscrits se tiendra dans les six premiers mois après l’ouverture afin de déterminer la confessionnalité de l’école.

Des parents tenaces
Le groupe de parents a commencé ses démarches pour une école à l’automne dernier, et une première rencontre avec le CSCN avait eu lieu en décembre 2013.   

Lorsque le Conseil les a informés, en février, que celui-ci ne poursuivrait pas le projet, les parents n’ont pas baissé les bras. Ils ont continué leurs démarches, entrant en communication avec divers intervenants, pour finalement se tourner vers le Conseil scolaire Centre-Est (CSCE), curieux de connaitre l’appui qu’ils y trouveraient.

Mme Aubé affirme que le CSCE avait démontré l’intérêt d’entreprendre la gestion d’une nouvelle école à Camrose, bien que la municipalité soit située sur un territoire desservi par le CSCN, mais un financement insuffisant fut la principale raison citée lorsque le dossier est ensuite retombé entre les mains du Centre-Nord.

Du côté du CSCN, Henri Lemire indique que l’absence d’une demande officielle appuyée par un nombre significatif de parents, au-delà des discussions officieuses qui ont eu lieu, avait mené aux premières réticences du Conseil d’aller de l’avant avec le projet : de même, la mobilisation actuelle justifie maintenant un revirement.

Visite du terrain
À la suite de l’approbation du CSCN, son administration a rendu visite à l’emplacement désormais proposé pour la nouvelle école, dans le Keystone Centre. Selon M. Lemire, quelques travaux sont à faire dans l’édifice, anciennement le Gardner College, mais il demeure convenable pour une petite école. « Il y a un beau potentiel pour une école temporaire, une école de démarrage. C’est dans un endroit central aussi », remarque-t-il.

Les locaux comprennent une salle pour la prématernelle ainsi qu’une salle pour la maternelle et trois classes individuelles, en plus d’un bureau pour la direction, d’une aire de réception et d’une cuisine. Il n’y a pas de gymnase, mais il y a un parc à côté, et une grande salle à l’intérieur pourrait servir pour les activités pendant l’hiver.

Avec une rentrée prévue pour septembre, l’administration se penche immédiatement sur les préparatifs, notamment la recherche de personnel et d’équipement. « Il nous faut beaucoup d’heures et de ressources humaines pour réaliser toute la logistique d’établir une nouvelle école avant l’automne. Ça va être serré, estime M. Lemire. Mais puisque nous avons acheté tout le matériel de l’Académie Saint-André, à Beaumont, nous avons un surplus de marchandises, alors nous pourrons faire des économies de ce côté-là », ajoute-t-il, en précisant que l’expérience du CSCN en terme de délais serrés le rend confiant en la réussite du projet.

Malorie Aubé rappelle au passage qu’un groupe de parents avait déjà entrepris des démarches, il y a dix ans, pour obtenir l’éducation francophone à Camrose. À l’époque, le projet n’avait pas avancé, et elle croit que le moment est propice pour le mener à terme cette année.

« Nous avons un groupe qui le désire. Chaque année compte pour nous. Après la 4e ou la 5e année, il sera trop tard pour nos enfants de rentrer dans un programme francophone. C’est trop important. Nous ne sommes pas prêts à sacrifier une génération et à manquer le bateau. » C’est pour notre culture et notre identité aussi », insiste-t-elle.

Des sessions portes ouvertes pour l’école francophone à Camrose sont prévues pour le mois de juin.

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