À peine éclos, le projet est mis en veilleuse

Cela fait plusieurs années que le projet d’une école francophone dans le comté de Lac la Biche est ancré dans le plan capital du Conseil scolaire Centre-Est (CSCE) : le lundi 24 mars 2014, le CSCE était donc bien content d’annoncer que le projet allait finalement prendre son envol, ayant reçu le feu vert de représentants d’Alberta Education.

Le 2 avril, soit à peine plus d’une semaine plus tard, après une rencontre avec son homologue du Northern Lights School Division (NLSD), le directeur général du CSCE, Marc Dumont, est forcé de remettre le projet sur la glace.


« On a frappé un petit mur […] tout a changé en une heure ou deux », annonce maintenant M. Dumont en faisant référence à cette rencontre, lors de laquelle il a appris que le conseil scolaire Lakeland Catholic allait sonder formellement la communauté de Lac La Biche le 16 avril sur la possibilité d’y ouvrir une ou des écoles catholiques dès le 1er septembre 2014.

Nouveau joueur
Avec ce projet à l’horizon, et considérant que Lakeland Catholic offre habituellement dans ses écoles un programme d’immersion en français, rien n’est moins certain désormais que la place que pourrait occuper une école primaire francophone à Lac La Biche.

« Il n’y a pour l’instant aucun français dans les écoles de Lac La Biche. C’était une occasion en or pour les francophones de recruter de jeunes élèves qui auraient pu se diriger vers l’école Beauséjour [à Plamondon] pour poursuivre leurs études », déplore le directeur, voyant désormais arriver de la concurrence là où il n’y en avait pas.

Une étude démographique réalisée en 2011, qui avait révélé l’existence de 268 « ayants droit » âgés de 0 à 19 ans à Lac La Biche, avait d’ailleurs permis au CSCE d’estimer qu’au total, une vingtaine d’élèves y seraient inscrits à la rentrée, un chiffre qui a même été qualifié de « très conservateur », étant donné une certaine insatisfaction des résidents de Lac La Biche envers leur offre scolaire.

Espace tout juste trouvé
Déçu de la tournure des évènements, Marc Dumont déplore le manque de communication entre les conseils scolaires et Alberta Education. La demande du CSCE pour une école francophone primaire, de la prématernelle à la 2e année, est dans son plan capital public depuis 2009.

Pendant longtemps, Alberta Education suggérait au CSCE d’utiliser de l’espace chez Northern Lights School Division afin de démarrer une école francophone, alors que NLSD soutenait qu’elle ne disposait pas d’espace libre à offrir au conseil francophone.

La nouvelle de la consultation publique de Lakeland Catholic leur est parvenue alors que NLSD venait d’avancer qu’un espace pourrait être mis à leur disposition.

En attendant de connaitre la suite des évènements, Marc Dumont ira quand même jeter un coup d’œil aux locaux potentiels à Lac La Biche le 14 avril, en plus de représenter le CSCE lors de la consultation du 16 avril. « La nouvelle réalité va peut-être changer la donne, mais nous croyons que l’opportunité est toujours là », affirme-t-il.

Pour l’instant, avec plus de questions que de réponse, Marc Dumont et le CSCE attendent de recevoir un message unique, concerté et officiel d’Alberta Education sur la question, pour voir comment ce dernier décidera d’avancer sur ce dossier qui touche autant les droits constitutionnels des francophones que ceux des catholiques.

« C’est tout un défi de sensibiliser des fonctionnaires à la notion de l’assimilation », souligne M. Dumont. « Pour eux, il s’agit certainement d’un problème plutôt anodin. Mais nous, nous savons qu’il y a urgence d’agir, pour éviter que Lac La Biche devienne une communauté qui used to be French », conclut le directeur général du CSCE.
- Mireille Maheu

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