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Les parents de Citadelle veulent une nouvelle école

Même si le gouvernement provincial a récemment annoncé que l’école Citadelle obtiendrait du financement pour moderniser l’édifice actuel, les parents de l’école francophone demandent un nouveau bâtiment.

Cinq parents de l’école Citadelle se sont présentés à la rencontre régulière du Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN), le 25 février dernier à Edmonton, pour demander aux conseillers scolaires de faire de l’école francophone de Legal la priorité au niveau des infrastructures.


« Nous reconnaissons que vous mettez beaucoup d’énergie envers de tels projets, et que les besoins dans notre conseil sont considérables. Nous trouvons aussi dommage que nous devions nous débattre pour distinguer nos besoins des besoins de nos écoles sœurs, quand il est clair que le gouvernement a trop longtemps été négligent par rapport à la question d’équivalence en éducation francophone », a lancé la présidente du conseil d’école Citadelle, Mélanie Thibault.

Mais celle-ci a fait remarquer que l’école Citadelle était confrontée à plusieurs défis : une population en augmentation, un manque d’espace et d’infrastructure et un bâtiment en détérioration. « Avec la croissance actuelle de la population d’élèves aux niveaux primaires, la situation ne pourra que s’aggraver », affirme-t-elle.

Santé et sécurité
Dans sa présentation, Mme Thibault a rappelé que le bâtiment principal de l’école, un couvent âgé de 92 ans, avait certes été partiellement rénové en 1999-2000, mais le reste de l’édifice continuait à se détériorer. « Nous nous inquiétons pour la santé et la sécurité de nos enfants », soutient la présidente.

Mélanie Thibault a énuméré, avec images à l’appui, une liste de problèmes, comme le mortier qui se défait entre les briques extérieures, créant de grands courants d’air l’hiver, les murs, les coins et le tour de certaines fenêtres révèlent des craques structurelles, sans oublier les planchers qui se déforment dans les entrées de portes. « Des années de couches de peinture, certaines contenant sans doute du plomb, s’écaillent des murs et des plafonds. Les concierges doivent se soucier de bien nettoyer, sinon les petits jouent dans la poudre et les écailles », affirme-t-elle.

La présidente du conseil d’école indique que l’on retrouve 116 élèves dans ce bâtiment, mais seulement quatre toilettes pour les filles, et quatre toilettes pour les garçons, avec une seule de partagée au sous-sol pour les 28 enfants de la maternelle et du préscolaire.

Elle ajoute que la cave est inondée d’eau et qu’elle est humide 365 jours par année. « L’espace sent le moisi et nous soupçonnons depuis longtemps qu’il y a de la moisissure », avance-t-elle.

Expansion difficile
Du côté de la programmation, Mme Thibault tient à rappeler que le nombre d’élèves a augmenté de 40 % en sept ans et qu’en terme d’espace, l’école approche sa capacité maximale. « Au fur et à mesure que nos plus petits groupes du secondaire finissent à l’école Citadelle, ils se font remplacer par de plus grandes classes en maternelle. C’est bon signe pour l’avenir de la francophonie. Cependant, nous n’avons accès qu’à huit salles de classe, à capacité limitée, pour neuf niveaux scolaires », évoque-t-elle.

Les parents estiment qu’il manquera une salle de classe pour 2015-2016 et jusqu’à deux l’année suivante. « La situation devient critique. (…) Le travail de nos enseignants et l’expérience éducative de nos enfants sont compromis par le manque d’infrastructure. Nous n’avons ni laboratoire de sciences, ni salle de musique, ni salle d’art. Les matériaux pour ces cours sont entreposés et doivent être obtenus et rangés lors de chaque emploi, cela gaspille beaucoup de temps éducatif », souligne Mélanie Thibault.

Et, bien que des rénovations effectuées grâce au financement de la province ont amélioré le plan de deux salles, « dans plusieurs autres, les tableaux ne sont pas bien visibles pour tous les élèves. Les espaces sont incommodes pour l’élaboration d’une variété d’activités pédagogiques », soutient Mme Thibault.

Cour extérieure
Pour pallier le manque d’espace dans l’école, le CSCN pourrait envisager, comme cela est le cas ailleurs, l’ajout de classes modulaires, mais à quel prix? « En plus du manque d’espace dans l’école, la cour d’école est trop petite. Cela restreint grandement les jeux et les activités des enfants. La plupart des écoles encouragent les élèves à courir et à se défouler à la récré. À l’école Citadelle, il n’y a pas assez d’espace pour courir sans risque d’entrer en collision », fait remarquer Mélanie Thibault.

« Les jeunes se disputent régulièrement pour jouer au soccer sur un petit coin du terrain parce qu’ils ne peuvent pas tous jouer en même temps. (…) Nous n’avons pas assez de place pour accueillir d’autres écoles pour des rassemblements sportifs extérieurs », ajoute-t-elle.

Cette dernière souligne que même à l’intérieur, l’école n’avait pas un accès exclusif à un espace de rassemblement. « L’entente entre le CSCN, l’ACFA Centralta et la ville de Legal fait en sorte que nous devons céder le gymnase, même durant les heures scolaires, s’il y a des funérailles. Cela affecte notre programmation en éducation physique. Les activités organisées par la ville les soirées ont préséance sur nos besoins », mentionne-t-elle.

Une nouvelle école?
Pour le conseil d’école, l’avenir de Citadelle passe par un nouvel édifice. « La loi est claire sur ce point : nous avons droit à une école équivalente à celle de la majorité. Legal School, qui est située de l’autre bord de la rue, à quasiment la même population que nous. Cependant, leurs ressources ne sont pas comparables. La cour d’école est plusieurs fois plus grande que la nôtre. Les salles de classe sont grandes, on peut y installer 30 pupitres et toujours avoir assez d’espace pour bien circuler. L’école jouit d’une grande salle de musique pour la fanfare, d’une salle pour cuisine, d’une cafétéria, d’une salle de menuiserie, d’un laboratoire, d’un gymnase immense avec des estrades justes à eux, etc. », présente Mélanie Thibault.

En décembre 2012, une étude avait évalué qu’un partenariat entre Citadelle et Legal School couterait 22 millions $, cela comprenait la démolition de la vieille école Citadelle et des rénovations pour Legal School. « Ce projet ne nous intéresse pas si c’est pour être une chicane dans la communauté. Les parents du conseil d’école de Legal School ont révélé qu’il y avait peu d’intérêt à partager leur espace, alors on voit difficilement comment on pourrait avancer cette idée si les parents ne sont pas favorables », note Mme Thibault.

La présidente espère plutôt un édifice autonome. « Une nouvelle école Citadelle toute simple couterait beaucoup moins. Aussi, un partenariat avec la ville de Legal pour la construction d’une école conjointe avec un nouveau centre récréatif et une bibliothèque municipale servirait mieux la communauté », estime Mélanie Thibault.

Pour le directeur général du CSCN, Henri Lemire, toutes les options doivent être envisagées. « C’est certain qu’à un moment donné, la communauté (à Legal) devra avoir cette discussion-là. Toutefois, nous devons explorer toutes les options possibles et, ensuite, les éliminer une à une. Cela nous permet ensuite d’aller au gouvernement et leur démontrer que nous avons bien fait nos devoirs. On l’a vécu à Saint-Albert. Au départ, cela devait être une école conjointe. Finalement, nous avons une nouvelle école pour Alexandre-Taché et le conseil anglophone aura une modernisation », présente M. Lemire.

Étant donné que le Conseil scolaire Centre-Nord doit remettre son plan d’immobilisations à la province avant la fin du mois de mai, les conseillers se pencheront sur l’ordre des priorités en terme d’infrastructures à sa rencontre du mois d’avril ou celle de mai.

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