Réunis à Edmonton du 6 au 8 décembre dernier, les membres du Conseil d’administration provincial de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) se sont donné le mandat d’obtenir une gouvernance communautaire pour le Centre collégial de l’Alberta.

« Nous n’avons plus le luxe du temps. Nous avons déjà perdu trois années et il est temps que la gouvernance du Centre collégial de l’Alberta soit remise entre les mains de la communauté. Nous établirons des partenariats avec le Campus Saint-Jean (CSJ), mais les ressources financières allouées au secteur collégial seraient sous l’égide de l’ACFA », a soutenu le président de l’organisme, Jean Johnson, au terme de la rencontre des élus.


Pour ce faire, le Centre collégial de l’Alberta serait incorporé sous la charte de l’ACFA. L’Association travaille également avec le consortium de 17 organismes franco-albertains qui avait vu le jour en mai dernier pour tenter de sauver le centre collégial. « Dans ce dossier, nous ne voulons pas nécessairement faire cavalier seul, mais nous devons assumer notre rôle en prenant le leadeurship du dossier, tout en respectant l’intérêt des organismes et des gens qui nous appuient dans nos démarches », estime Jean Johnson.

Cette démarche découle d’une résolution adoptée lors de la dernière assemblée annuelle de l’ACFA. « On passe maintenant à l’action. La communauté a reconnu l’importance de développer ce volet tout en assurant la pérennité du Campus Saint-Jean. Nos actions doivent venir renforcer le Campus plutôt que de venir l’affaiblir », signale M. Johnson.

Selon le président de l’ACFA, les étoiles s’enlignent tranquillement pour la francophonie albertaine. Il y a d’abord eu le remaniement ministériel effectué par la première ministre Alison Redford, le 6 décembre dernier, qui a vu David Hancock remplacer Thomas Lukaszuk à titre de vice-premier ministre et ministre de l’Innovation et de l’Éducation postsecondaire.

Jean Johnson y voit là une bonne nouvelle. « M. Hancock a déjà occupé cette fonction de représenter l’éducation postsecondaire. Il a été très impliqué dans le concept de Campus Alberta et le Centre collégial pourrait s’inscrire dans la
même lignée », croit-il.

Du même coup, il est d’avis que pour le Centre collégial, Thomas Lukaszuk n’était pas l’homme de la situation. « Au cours de la dernière année, M. Lukaszuk a démontré un manque total de compréhension de la réalité francophone. Il est vrai que le mandat de David Hancock sera très différent puisque Thomas Lukaszuk a dû imposer des coupures, mais un fait demeure : le centre collégial, à l’aube de 2014, n’est toujours pas ouvert », ajoute le président de l’ACFA.

L’autre bonne nouvelle aux yeux de l’ACFA est le retour en poste, le 1er février 2014, de Carl Amrhein à titre de provost et vice-président académique de l’Université de l’Alberta. Celui-ci était remplacé, sur une base intérimaire par Martin
Ferguson-Pell.

Pour Jean Johnson, le retour de cet Ami de la francophonie albertaine, prix décerné lors du Rond Point 2008, aura une influence positive pour dénouer l’impasse quant au dossier collégial. « On parle ici d’un contexte de discussions qui sera positif, structuré et dans le respect de tous », affirme Jean Johnson.

Appui externe
L’ACFA fera également appel à une personne externe, en la personne de Gilbert Héroux, pour l’appuyer dans ses revendications. M. Héroux est directeur général du Vanier College à Montréal depuis 2005 et est membre du CA de l’Association des collèges communautaires du Canada (ACCC). Avant le Vanier College, il avait été à l’emploi de l’Université de Guelph en Ontario pendant plus de sept ans à titre de directeur du Collège d’agriculture d’Alfred, dans l’Est ontarien.

« C’est une personne connectée et très crédible. Ce qu’il a vécu à Alfred lui permet de comprendre la réalité dans laquelle on vit. De plus, son poste à l’ACCC lui permet d’être branché, notamment au niveau des collèges anglophones en Alberta », indique Jean Johnson.

M. Héroux était d’ailleurs présent, via vidéoconférence, à la rencontre du CA provincial de l’ACFA. « Il y a deux étapes importantes à franchir. La première est de développer clairement votre modèle. C’est primordial de savoir à quoi cela va ressembler. Pour vous, ce que vous avez en tête est peut-être clair, mais ce n’est pas nécessairement évident pour tout le monde », fait remarquer Gilbert Héroux.

Ensuite, « il faudra commencer rapidement à opérationnaliser le modèle. Travailler avec les partenaires que vous avez en tête et déjà avoir une idée de comment procéder au niveau du recrutement », enchaine-t-il.

Outre le modèle du Collège d’Alfred dans l’Est ontarien, les membres du CA provincial de l’ACFA ont manifesté le souhait d’explorer le modèle du Collège Boréal à Sudbury, un collège qui a rencontré de nombreux défis. « Il y a peut-être des leçons à tirer du Collège Boréal, un modèle qui s’approche de celui que l’on vise, soit d’avoir un campus, mais aussi desservir une clientèle qui se retrouve dans des communautés éloignées », déclare Jean Johnson.

Comme le fait remarquer Jean Johnson, les prochaines semaines seront déterminantes : « Mon souhait est qu’il y ait un programme mis en place pour septembre 2014. Comme je l’ai déjà mentionné, nous n’avons plus le luxe du temps. »

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