La représentation égalitaire et l’embauche d’enseignants multiculturels volent la vedette

 

 

Les neuf candidats pour les élections scolaires à Edmonton au Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN) – six candidats pour trois postes catholiques et trois candidats pour deux postes publics –  ont participé, pendant deux heures, à un forum pour guider les électeurs dans leur choix.


Une quarantaine de personnes, majoritairement des membres des communautés ethnoculturelles, se sont réunies à La Cité francophone, le 9 octobre dernier, pour venir écouter les candidats aux élections scolaires et tenter d’arrêter leur choix lors des élections qui auront lieu le 21 octobre.


Dans un premier temps, les neuf candidats, soit Marcel Adzeme Essomo, Alain Bertrand, Karen Doucet, Nathalie Lachance, Audrey Lavoie et Denis Lefebvre (du côté catholique), ainsi que Kevin Bell, Paul Dubé et Ismail Osman Hachi (du côté public), se sont vu accorder cinq minutes pour se présenter, avant de devoir, aléatoirement, répondre à des questions des gens dans la salle ou d’internautes qui suivaient le débat en direct à partir du site Web du CSCN.

« Je suis un candidat de toute la communauté. Je veux changer la culture du conseil. Après 20 ans, car le conseil célèbrera son 20e anniversaire l’an prochain, une vision renouvelée du Conseil scolaire Centre-Nord s’impose », a lancé, d’entrée de jeu, Paul Dubé.

De leur côté, Marcel Adzeme Essomo et Ismail Osman Hachi livraient sensiblement le même message. « Élire un conseiller issu de l’immigration démontrera l’ouverture d’un conseil scolaire », affirmait M. Osman Hachi.

Selon M. Adzeme Essomo, l’élection scolaire de 2013 est l’occasion « de représenter la riche diversité culturelle de notre communauté. »

Tous les candidats ont également parlé de leurs priorités liées au succès de l’éducation francophone : programme adapté, rétention des élèves, ouvertures de nouvelles écoles et financement. « Comme conseiller, il nous faut être à l’écoute », partage la présidente du CSCN Karen Doucet.

Mme Doucet tentera de se faire réélire, tout comme Nathalie Lachance et Kevin Bell. Ce dernier se présente de nouveau ayant le sentiment que tout le travail n’a pas été accompli. « Il nous faut un financement stable et prévisible, cela est essentiel. On pensait qu’on l’avait, mais ça, c’était avant les coupures dans le monde de l’éducation que l’on a retrouvées dans le dernier budget de la province. Si je me présente de nouveau, c’est aussi pour obtenir plus d’équivalence avec les systèmes anglophones », témoigne-t-il.

L’exemple de Calgary
Un ses sujets chauds pendant la période de questions aura été la nécessité, pour certains, d’obtenir un conseil scolaire composé avec le même nombre de conseillers catholiques et publics, permettant à chacun de prendre les décisions liées à leurs propres écoles.

« Tout le monde regarde la décision qui a été rendue pour Calgary et la création du Conseil scolaire Franco-Sud. C’est une expérimentation et les échos que nous avons sont que tout va bien. (…) Présentement, la composition au Centre-Nord est de cinq conseillers catholiques et deux conseillers publics. La situation peut évoluer, mais les choses ont très bien été au cours des dernières années », estime Karen Doucet.

Un avis que ne partage pas Paul Dubé. Selon lui, si Edmonton avait eu deux conseils scolaires comme cela a été le cas à Calgary, le nombre d’élèves publics dans la Capitale albertaine serait beaucoup plus élevé aujourd’hui. « Puisque le précédent existe à Calgary où il y avait deux fois plus d’élèves dits publics, si on se présentait devant le ministre, je ne verrais pas comment il pourrait refuser une égalité au Centre-Nord », souligne-t-il.

Ce dernier avance que les écoles publiques ont été mises de côté au profit du plein développement des écoles catholiques. « Une des forces du conseil, c’est d’avoir réussi à établir 14 écoles. Une de ses faiblesses, c’est de ne pas avoir développé suffisamment le côté public, comparé à Calgary. Ce qui arrive à l’école À la découverte, dont l’espace est insuffisante pour répondre à la demande, est incompréhensible », soutient M. Dubé rappelant la hausse fulgurante des inscriptions cette année.

Une attaque qui a forcé Karen Doucet à réagir comme présidente et non comme candidate catholique. « Le conseil prend à cœur chacune de ses écoles. Pendant longtemps, cette école ne pognait pas. Aujourd’hui, il y a eu une hausse soudaine et c’est certain que cela va affecter l’ordre de priorité du conseil en terme d’infrastructures », affirme-t-elle.

Le candidat Denis Lefebvre a tenté de calmer le jeu. « Il faut faire le bilan du conseil pour savoir, après 20 ans, où on est rendu. Aujourd’hui, est-ce qu’on dépense nos sous à la bonne place et en fonction des besoins? (…) Les guerres de clochers, cela ne m’intéresse pas. Il faut se poser la question et avoir un dialogue. Comme conseiller catholique, je veux la meilleure école catholique possible, mais il faut rester ouvert et arrêter les chicanes », martèle-t-il.

Denis Lefebvre rappelle que les « pires ennemis des francophones sont des francophones. Il faut aller au-delà de ce qui nous divise. Des fois, il faut choisir entre ce qui est juste et facile. Et, ce qui est juste n’est pas nécessairement la solution la plus facile. »

Professeurs multiculturels
À maintes reprises pendant la soirée, les candidats ont été interpelés sur la faible représentation du milieu multiculturel dans le corps professoral du conseil, en comparaison aux nombres d’élèves qui ne cessent d’augmenter.

« Il y a une plus grande diversité, on la remarque, on la voit. Il y a de la place à faire mieux pour embaucher des personnes issues du milieu multiculturel », a soutenu Nathalie Lachance. « Ça prend du temps à changer, mais inévitablement, le virage s’effectue. Les élèves ont besoin de modèle pour s’identifier », avance, quant à elle, Audrey Lavoie.

Alain Bertrand estime qu’il faut être proactif. « Tout le dossier de la reconnaissance des acquis est important. Il nous faut établir un programme qui peut aider les nouveaux arrivants à atteindre le niveau nécessaire pour qu’ils puissent enseigner ici », mentionne M. Bertrand.

Désengorger Sainte-Jeanne-d’Arc
Audrey Lavoie, de Sherwood Park, et Alain Bertrand, de Beaumont, ont soutenu que le CSCN devait trouver une solution pour désengorger l’école Sainte-Jeanne-d’Arc (SJA), qui compte plus de 450 élèves de la maternelle à la 6e année.

« Il nous faut une nouvelle école. Je connais plusieurs parents de jeunes enfants qui vont à SJA. Cela représente une problématique, notamment au niveau des longs trajets d’autobus. Il faudrait voir si le bassin est suffisamment grand pour envisager une nouvelle école », indique Mme Lavoie.

Alain Bertrand est plus nuancé. « Il y a des besoins à adresser et il faut augmenter le nombre d’écoles. Je sais qu’à Beaumont, il y aurait un certain intérêt des parents. Cependant, cela représenterait un choix à faire entre l’école SJA et commencer une nouvelle école avec des classes modulaires. C’est certain que cela jouerait dans la décision de certains », fait-il remarquer.

À savoir si cette future école serait catholique ou publique, Kevin Bell croit que ce n’est pas à lui de se prononcer sur la question. « Cela reviendrait aux parents, à mon avis, de décider clairement quel type d’école il faudrait créer », partage-t-il.

Enseignant anglophone
Après avoir obtenu l’engagement des candidats que l’école Joseph-Moreau allait demeurer la priorité du Conseil scolaire Centre-Nord au niveau des infrastructures, le président de la Société de parents de cette école, Pierre Asselin, a interpelé la présidente du CSCN sur le fait que le conseil avait embauché un enseignant unilingue anglophone à l’école Maurice-Lavallée pour enseigner à la fois des cours d’anglais et des cours d’arts visuels.

M. Asselin partageait publiquement le mécontentement de plusieurs parents ayant des enfants à l’école francophone, qui se demande si le conseil n’avait pas franchi la ligne sur une question aussi importante que la langue d’enseignement.

Karen Doucet a une fois de plus fait face à la musique. « C’est un choix de la directrice d’école. À mon avis, il faut embaucher le meilleur enseignant disponible et il faut présumer, dans ce cas-ci, que c’était la meilleure embauche », a-t-elle lancé, créant des murmures dans la salle.

« C’est une opportunité de l’accueillir et lui faire apprendre le français. Pour ce qui est du fait que cet enseignant donnera des cours d’arts visuels, cela n’est que temporaire et un traducteur viendra l’épauler », affirme-t-elle.

Parmi les autres sujets abordés pendant le forum, il a aussi été question de sécurité dans les écoles, de cours d’anglais adaptés pour les élèves immigrants, d’encadrement d’élèves ayant des besoins spéciaux
et du nombre d’élèves dans les salles de classe.

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