Les deux conseils scolaires ne forment plus qu’un!

Le gouvernement de l’Alberta a finalement approuvé la fusion des conseils scolaires catholique et public du Sud de l’Alberta. Une fusion qui aura mis près de quatre ans avant d’être approuvée et qui suscite la controverse au sein de la communauté francophone.

Plus de 200 francophones du Sud de l’Alberta célébraient, le 30 aout dernier à l’école Sainte-Marguerite-Bourgeoys de Calgary, à l’occasion de l’annonce officielle de l’approbation par le gouvernement de l’Alberta d’un seul conseil scolaire francophone qui couvrira tout le Sud de la province.


Les conseils scolaires catholique et public du Sud avaient tenu des consultations, en 2009 et en 2010, pour demander au ministère de l’Éducation d’approuver la fusion de leurs deux instances. Une demande qu’avait rejetée le ministre de l’époque, Dave Hancock. Cette fois-ci, c’est l’ouverture d’esprit du ministre de l’Éducation, Jeff Johnson, qui a fait toute la différence, croit Diane Boutin, la présidente par intérim du Conseil scolaire FrancoSud.

Diane Boutin estime que ce regroupement permettra d’avoir un plus grand poids politique et d’être plus efficace. « Question d’administration, ce sera plus facile de gérer un seul conseil politique. Deux, ça devenait très lourd parce qu’on avait deux budgets à gérer et deux différents rapports à rendre au gouvernement », explique-t-elle.

« L’un des mandats d’un conseil scolaire est de contribuer à construire l’identité de la communauté francophone, a-t-elle renchéri. Le fait d’avoir deux conseils scolaires, ça nuisait à la construction de notre communauté ».

« Notre vision de l’éducation vise avant tout à faire des élèves notre priorité et je suis ravi de permettre à ces conseils scolaires de travailler ensemble pour concrétiser cette vision. Je sais que le nouveau conseil sera plus efficace et contribuera à améliorer les services et à renforcer les communautés francophones du sud de l’Alberta », a partagé le ministre de l’Éducation, Jeff Johnson, par voie de communiqué.

Peser plus lourd dans la balance
« À la fin de la journée, on entend des rétroactions et des revendications provenant de deux différents groupes qui travaillent tous deux en éducation. La fusion de ces deux entités permettra une meilleure collaboration. Lorsqu’ils nous présenteront leurs projets, ils le feront sous un seul nom, un seul logo et une seule mentalité », a affirmé Christine Cusanelli, la députée de Calgary-Currie, qui a pris la parole au nom du ministre Johnson lors de l’annonce.

Quant au partage du budget, ce sera aux six membres du conseil scolaire, formé de trois représentants des écoles catholiques et trois des écoles publiques à prendre les décisions.

Pour Diane Boutin, ce sera une continuité de ce qui se faisait au cours des derniers mois, soit depuis que les deux conseils travaillent avec une administration commune. « Il n’y a rien qui change. Au lieu de travailler pour neuf écoles du côté public et quatre autres du côté catholique, on travaille pour les 13 écoles et tous les élèves francophones du Sud de la province », rassure la nouvelle présidente du conseil FrancoSud.

Enjeu de la religion
Si la langue rassemble ces deux conseils, la religion, elle, les dissocie. Anne-Marie Boucher
rassure qu’une société, formée de conseillers catholiques, décidera des questions qui touchent la religion. « L’élément de la catholicité n’entrera donc jamais dans les décisions des écoles publiques », soutient la nouvelle vice-présidente du Conseil scolaire FrancoSud, Anne-Marie Boucher.

« Quand on parle d’infrastructures, quand on parle de besoins d’élèves, c’est la même chose pour tout le monde. À ce niveau-là, c’est vraiment le travail qu’on a toujours fait, c’est de se pencher sur ce qui est le mieux pour les élèves et prendre les décisions selon nos convictions », a-t-elle indiqué.

Grogne au sein des écoles publiques
Cette nouvelle façon de faire ne rallie cependant pas toutes les troupes. Certains parents et conseillers scolaires sont mécontents que les régions soient aussi peu représentées au sein du nouveau conseil scolaire.

Marco Bergeron, conseiller scolaire public par intérim, se dit heureux de la fusion, mais aurait voulu que les parents soient consultés une fois de plus avant d’aller de l’avant. 85 %d’entre eux ont voté en faveur de la fusion, lors de la dernière consultation, mais la proposition incluait l’élection de quatre représentants par conseil.

« Les parents avaient été consultés pour la formule 4-4 [quatre conseillers au public et quatre catholiques], pas pour le 3-3. Maintenant, il faut retourner en consultation tout de suite après les élections scolaires qui auront lieu en octobre pour voir s’ils sont satisfaits », croit-il.

Il explique que lors de la consultation, il était entendu que les écoles situées à l’extérieur de Calgary soient représentées par deux conseillers du côté public. En fin de compte, il n’y en aura qu’un seul. « C’est sûr que ça va déranger. Pour l’instant, il y a un seul conseiller au public pour représenter les trois écoles du Sud-est, soient celles de Lethbridge, Medicine Hat et Brooks », déplore-t-il.

Anne-Marie Boucher met cependant la pédale douce. « Pour l’instant, il y a une restriction dans la loi scolaire qui autorise seulement sept conseillers à faire partie d’une autorité francophone. La nouvelle loi qui a été adoptée, mais qui n’est pas encore entrée en vigueur, enlève cette restriction », fait-elle valoir, en promettant que les parents allaient être consultés à nouveau d’ici 2015, lorsque la loi sera appliquée.

Pour l’heure, le conseil mixte est formé de Diane Boutin, Paul Bourassa et Sylvie Roth (conseillers des écoles catholiques), ainsi qu’Anne-Marie Boucher, Marco Bergeron et Oumar Lamana (conseillers des
écoles publiques).

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Aller au haut