Quatre nouvelles écoles francophones seront construites

Le gouvernement de l’Alberta a annoncé, le 24 mai dernier, que 35 écoles albertaines vont bénéficier d’une enveloppe de 550 millions $ pour être reconstruites ou modernisées. Quatre écoles francophones vont bénéficier de cette initiative. Il s’agit des établissements de Jasper et de Red Deer, ainsi que de Cochrane et d’Airdrie dans la région sud de la province.


« On était vraiment très content d’apprendre que finalement, après tout le travail des parents et des gens du conseil, on aura une nouvelle école à Airdrie. Ça faisait longtemps qu’on attendait ça. Pendant longtemps, les enfants allaient dans une école qui ne répondait vraiment pas à leurs besoins », a affirmé la présidente du Conseil scolaire du Sud de l’Alberta (CSSA), Anne-Marie Boucher.

Depuis sa création il y a six ans, le nombre d’élèves inscrits à l’école d’Airdrie a pratiquement triplé. Environ 50 jeunes fréquentaient l’établissement en 2005, contre 200 élèves attendus à la rentrée prochaine. Pour le moment, en attendant la fin des travaux prévus pour 2014, les élèves doivent se passer de centre sportif, de gymnase ou de lieu de rassemblement. Ils doivent aussi étudier dans des classes modulaires.

L’annonce du gouvernement résonne donc positivement dans les milieux francophones, selon Mme Boucher. Elle est toutefois d’avis que même si les nouvelles écoles répondent certainement à une demande, il reste encore du travail à faire ailleurs. « Nous attendons que les autres communautés puissent avoir aussi leurs écoles. Il y a au moins deux autres écoles qui sont encore installées dans des modulaires », souligne Mme Boucher, en faisant allusions aux écoles de Brooks et d’Okotoks.

Gérard Auger, directeur général du CSSA et du Conseil scolaire catholique et francophone du Sud de l’Alberta (CSFSA), partage son point de vue. « Pour nous, la construction de ces deux écoles était nos deux priorités, donc on sait que ça va répondre à un réel besoin dans la communauté à court terme. Mais n’oublions pas l’école Beausoleil d’Okotoks, l’école Le Ruisseau à Brooks ou encore l’école La Mosaïque à Calgary. On a encore ces sites qui fonctionnent sur des installations temporaires », a-t-il indiqué.

Gérard Auger est convaincu que si toutes les infrastructures étaient comparables à celles qui devront être construites d’ici 2014, les retombées seraient très positives pour la communauté.

Des constructions très attendues dans la communauté
Toutefois, même si la construction de quatre écoles francophone est bien accueillie dans le milieu, Henri Lemire, directeur général du Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN), estime que l’annonce s’est tout de même fait attendre.

C’est que depuis plus d’une dizaine d’années, les intervenants du milieu scolaire ainsi que les parents d’élèves mettaient le doigt sur l’état vétuste des lieux. « L’annonce du gouvernement provincial n’est pas comme un cadeau-surprise. Les francophones sont donc très gagnants, mais l’on attendait ça depuis 10 ans à Jasper et depuis 15 ans à Red Deer. L’école La Prairie, depuis qu’elle est ouverte, est vraiment inadéquate à tous les points de vue », a avancé M. Lemire.

Il souligne que la principale préoccupation sera de déterminer, entre autres, quel genre de bâtiment sera construit à Jasper. Pour le moment, l’école loue des espaces au Royal Canadian Legion et au Activity Centre, ainsi qu’au Junior Senior High School (JSH) de Jasper.

La nouvelle construction sera faite conjointement avec le JSH. Cependant, certains espaces seront exclusivement pour les francophones. La communauté de Jasper prévoit se réunir le 13 juin, afin de finaliser l’obtention d’un site pour la construction de la future école, au moyen d’un vote.

« On devra déterminer comment on va faire la programmation scolaire, voir s’il y a-t-il lieu de faire des échanges de programmes et voir comment on va répartir les locaux selon les besoins », a ajouté M. Lemire.

Par ailleurs, pour ce qui est de Red Deer, Henri Lemire indique qu’il faudra aussi savoir si la nouvelle bâtisse de l’école La Prairie sera reconstruite sur son site actuel ou ailleurs, c’est-à-dire plus proche du centre-ville.

« Je pense qu’il faut dire que les parents ont été patients au point d’en être impatients, au point d’être découragés. J’espère que les constructions vont nous donner ce regain d’espoir et d’énergie et que l’on va récupérer les élèves que nous avons perdus et garder ceux que nous avons déjà », a-t-il estimé.

Mais selon Claude Duret, ancien président du CSCN et résident de Red Deer, tout projet d’envergure met du temps à se concrétiser.  « C’est avec une grande émotion que j’accueille la nouvelle et si nous avions du champagne, on aurait bien fêté ça », a-t-il d’abord exprimé.

M. Duret s’est penché sur le dossier pendant 15 ans et a suivi les avancées du projet de près, même depuis qu’il a quitté le CSCN, à titre d’élu, en octobre dernier. « Ça s’est fait attendre, mais tout au long du processus, nous avons eu du soutien et à la longue, on a obtenu ce qu’on demandait. Je crois que toute politique dans un gouvernement prend du temps à se mettre en place parce qu’il y a de nombreux dossiers à gérer et des pressions venant de tous les côtés. Aussi, je pense que les conseils scolaires francophones n’ont pas été plus négligés que les autres, et je suis confiant », a ajouté M. Duret, tout en estimant que grâce aux nouvelles écoles, le nombre d’élèves va pouvoir doubler d’ici deux ou trois ans.

 

 

Photo : www.centrenord.ab.ca

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Aller au haut