Table-ronde sur la convergence des acteurs - Vidéo

Le thème de cette Université d’été, de la pluralité à la convergence soulève la question à savoir si la convergence est un but en soit, ou une qualité déjà existante des communautés francophones des Amériques. En Haïti, « la convergence existe déjà parce qu’on parle la même langue », pense Gélin Imanès Collot. Mais est-ce suffisant?

 

 

 

 

La convergence en pratique, comme lors des diverses rencontres inter-francophonie, « peut avoir un impact sur notre francophonie (canadienne) incroyablement perçue comme locale, puisqu’en situation minoritaire », pense Christophe Traisnel, professeur de science politique à l’Université de Moncton. Sans une reconnaissance nationale de la notion et de l’existence de communautés francophones uniques, il est difficile pour les franco-ontariens, les franco-yukonnais ou les franco-albertains de connaître la réalité des autres. De se retrouver, comme lors de l’Université d’été permet des échanges concrets ou abstraits, ainsi qu’à des idées de germer pour de nouvelles formes de militantisme linguistique ou culturel. 

 

La convergence peut se situer également au niveau de questionnements parfois difficiles, tels que : « Existe-t-il réellement un bien parler français et un mal parler français? ». Encore une fois, l’exemple louisianais propose une piste de solutions. Les élèves qui apprenaient le français de professeurs qui venaient d’ailleurs, rapportaient à la maison une déformation de la langue acadienne, ce qui avait provoqué initialement un rejet de son apprentissage. C’est en épousant son métissage que la langue louisianaise a pu s’épanouir dans la deuxième moitié du XXe siècle. 

 

« En Haïti, on ne parle plus d'orthodoxie de la langue mais de déblocage de l’oral », souligne M. Collot. Se faire comprendre est justement un élément important de la convergence. Concept applicable à la francophonie albertaine, Frédéric Boily maintient qu’il faut faire attention de ne pas gruger l’accès à la communauté et décourager l’apprentissage de la langue en prêchant l’orthodoxie de celle-ci. Pour le professeur Traisnel, il s’agit de tenir à l’orthodoxie tout en évitant les complexes d’infériorité et de supériorité qui sont propres aux francophones. 

 

Puisque « notre faire communauté peut s’expliquer par notre amour commun de la langue », selon M. Traisnel, les participants de la table-ronde s’entendent sur le fait que ce lien émotionnel permet de générer des actions concrètes, malgré les défis structurels qui varient d’une situation à l’autre. 

 

Comme une auberge espagnole, on trouve dans la francophonie ce qu’on y apporte. 

 

 

 

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