La campagne continue malgré un premier refus du recteur

Le consortium d’organismes qui est venu à la rescousse du programme Technique d’administration des affaires a appris, le 4 juin dernier, le refus de l’université de réinstaurer le programme pour septembre 2013.

 

Étaient présents lors de cette rencontre plusieurs membres de la communauté francophone et du consortium de 17 organismes et institutions ralliés sous la bannière de la protection du Centre collégial, le recteur de l’Université de l’Alberta Martin Ferguson-Pell, la vice-rectrice Colleen Skidmore et le doyen par intérim du Campus Saint-Jean, Ed Blackburn.

 

Ceux-ci ont réitéré les raisons de la suspension du programme d’administration des affaires : l’inquiétude quant à la qualité de l’expérience académique des étudiants à cause du peu d’inscriptions. Pour la présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta, Dolorèse Nolette, la formule utilisée pour calculer combien de demandes d’admission sont nécessaires pour assurer cette qualité « fonctionne dans des institutions où il y a des lignes d’attentes mais ne fonctionne pas en milieu minoritaire ». « Cela démontre encore un fois, une mécompréhension du milieu francophone minoritaire de la part de l’Université », ajoute-t-elle. 

 

Le directeur général de  Canadian Parents for French en Alberta, Michael Tryon, rapporte que durant la rencontre, « les administrateurs de l’Université alternaient sans arrêt entre les raisons éducatives et économiques » pour expliquer leur position. Il déplore le manque de flexibilité de l’Université dans son évaluation de la durabilité du programme. 

 

Le président directeur général du Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA), Marc Tremblay, quant à lui dit avoir demandé aux administrateurs, suivant leur raisonnement, si tous les étudiants potentiels (ceux déjà inscrits avant le début de la campagne en plus des 14 demandes d’admissions obtenues par le Consortium) étaient contactés, pour vérifier leur engagement, si l’université reconsidérerait sa position. « Ils ont dit non », relate-t-il. 

 

Marc Tremblay témoigne qu’ils ont ensuite invoqué plusieurs des motifs financiers, tels que  le manque de ressource et l’incertitude face au financement du gouvernement pour la deuxième année du programme. «Il me semble assez évident que s’il y avait du financement assuré pour la première année, c’est à peu près sûr que le gouvernement a prévu financer la deuxième », pense le PDG du CDÉA. « À tout bout de champs, ils parlaient des finances », ajoute-t-il. 

 

Selon les trois principaux porte-parole de la campagne pour assurer le démarrage du collégial francophone en septembre, les réponses de l’Université son restée vagues en tout point. Selon Marc Tremblay, l’Université de l’Alberta ne désire pas se prononcer sur le sort du Centre collégial avant que le rapport Bisson, un rapport commandé par Marc Arnal, l’ancien doyen du Campus Saint-Jean qui a démissionné à la mi-mars, ne soit livré (et il devait l’être le 31 mai). 

 

Le Consortium croit cependant ne pas avoir épuisé toutes les avenues officielles et compte se faire entendre au Conseil des gouverneurs et par la présidente de l’Université de l’Alberta, Indira Samarasekera. En même temps, les organismes francophones se doivent de penser à l’incertitude créée par ce premier refus de Martin Ferguson-Pell de revoir sa position. « Ça nous prend une décision très prochainement, consent Mme Nolette, mais les organismes n’ont pas souhaité se fixer de délai »  pour explorer les autres alternatives possibles pour la survie du Centre collégial, tant qu’il n’aura pas de retour sur ses tentatives de sensibilisation auprès de la haute administration et du ministère de l’Enseignement supérieur. 

 

De ces autres alternatives, peut-être la plus réaliste, compte tenu de l’échéancier très serré d’ici la rentrée scolaire, serait de confier au Northern Alberta Institute of Technology ( NAIT) la responsabilité du programme, duquel il est déjà partenaire. « Il faudrait que l’Université soit d’accord », souligne Marc Tremblay, mais les discussions n’en sont néanmoins pas là pour l’instant. 

 

Le Consortium ayant fait part de son insatisfaction face à la promotion des programmes collégiaux, Martin Ferguson-Pell a proposé que les services de recrutement soient « centralisés » (dans les mots du Consortium), pour assurer un afflux de demandes. « Nous avons refusé, puisque c’est fort probable qu’ils seraient encore plus détachés de la francophonie », insiste Marc Tremblay. 

 

Quelle forme prendrait cette centralisation est une question qui demeure sans réponse, comme plusieurs autres de la communauté francophone, mais M. Tremblay note que « c’est une peur que nous avons que ce soit le début d’une pente glissante reflétant un souhait de rapatrier plusieurs postes administratifs pour réduire les effectif». 

 

La campagne de recrutement et la levée de fonds se poursuivent néanmoins, les organismes n’ayant atteint que 67 % de leur objectif financier.

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