Repenser l’offre de formation aux adultes?

La Société d’éducation de l’Alberta (Éduk) tient son assemblée annuelle de peine et misère. Après avoir annulé son assemblée générale annuelle (AGA) l’automne dernier, faute d’avoir eu le quorum, Éduk a réussi à atteindre le nombre de 10 membres requis, le 30 janvier dernier, pour la tenue de son AGA, qui s’est déroulée au Pavillon Lacerte du Campus Saint-Jean.

« Le moment est venu de régler la question à savoir ce qu’il faut faire avec les secteurs de l’éducation des adultes. Présentement, il y a un vide, une carence par rapport au développement des compétences », a soutenu le président d’Éduk, Donald Michaud.


Si la formation aux adultes passe par Éduk, l’organisme devra redoubler d’efforts, car au terme de la rencontre annuelle, seulement trois personnes (Suzanne Corneau, Thérèse Dallaire et Louise Reidy) forment le nouveau conseil d’administration, alors que les statuts et règlements font état d’un minimum de six élus et d’un maximum de 10.

« On ne peut pas continuer à trois personnes, il faut trouver des gens en province. Il faut vraiment faire un effort et recruter des membres. Autrement, ça ne pourra pas fonctionner », a d’ailleurs lancé Donald Michaud.

Ce dernier a décidé de ne pas renouveler son mandat, étant donné que des plans personnels l’engageront à l’extérieur du pays au cours de la prochaine année.

Le président sortant est catégorique : Éduk à sa raison d’être. « Nous avons signé une entente l’an dernier pour que le Centre collégial de l’Alberta nous apporte un soutien administratif. Nous avons aussi déménagé notre siège social de Saint-Paul à Edmonton. Il y a une belle collaboration et cela fonctionne. Oui, il a fallu un peu de temps pour se donner un erre d’aller, mais nous avons réussi », estime-t-il.

Un projet de l’ordre de 242 000 $, qui a été piloté par le Centre collégial, pour le développement d’un modèle d’intervention en alphabétisation familiale a permis à Éduk d’être actif au cours de la dernière année.

« Ce projet vient à échéance le 31 mars 2013. Il nous faut maintenant un plan plus substantiel », indique Donald Michaud.

Pour y arriver, selon le président sortant, un forum sur la question de la formation des adultes devrait être tenu au cours des prochaines semaines. « Cela permettra de déterminer s’il y a un intérêt pour soutenir ce dossier-là comme pilier du développement de la communauté franco-albertaine et, si tel est le cas, qui s’en occupera », avance M. Michaud.

Ce dernier croit que le moment est venu de trancher. « Le fer est chaud, il y a des gens d’intéressés alors il faut passer à l’action, souligne Donald Michaud. À mon avis, Éduk a encore un rôle à jouer. Il y a du démarchage politique à faire auprès de la province. »

M. Michaud, précise que, sur la scène fédérale, avec la fin au 31 mars 2103 de l’actuelle Feuille de route sur la dualité linguistique, un désistement du gouvernement était anticipé au niveau du financement en alphabétisation.

Pour Donald Michaud, la viabilité de la Société d’éducation de l’Alberta passe par l’embauche d’un employé. « Éduk a été mis en veilleuse pendant deux ans. Nous avons réussi à réactiver la société grâce au projet, mais il faut penser à long terme. Je connais peu d’organisme qui peut continuer en se fiant uniquement aux bénévoles », évoque-t-il.

Selon le président sortant, Éduk est rendu à un carrefour et la communauté doit se pencher sur la question de maintenir ou non l’organisme.

« Je ne veux pas qu’on dise que le secteur de l’éducation des adultes est important seulement pour tenir Éduk en vie, sinon la Société va s’effriter et disparaitre. Si c’est une priorité, décidons de la structure qu’on lui donne et trouvons le financement », conclut-il.

Le directeur général du Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences (RESDAC), Normand Lévesque, qui était présent à l’AGA, partage cet avis.

« Il est clair qu’il va falloir se pencher sur cette réalité pour éviter que cela devienne une coquille vide », lance-t-il, en précisant que les défis que rencontre Éduk se retrouvent aussi ailleurs au pays.

 

 

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