L’école du 21e siècle : des rétroprojecteurs aux tableaux blancs interactifs

Max Valiquette s'adresse aux délégués.Pas moins de 633 travailleurs du milieu scolaire francophone en situation minoritaire au Canada se sont rassemblés au Shaw Conference Center d’Edmonton, du 26 au 28 avril dernier, pour participer au Grand rassemblement de l’éducation en français (GREF) 2012 sous le thème « L’éducation francophone pour la génération APP ».

« Nous avons tous la technologie à portée de la main, ce qui nous manque, c’est la pédagogie qui va avec », partageait Renée Michaud, qui travaille au sein du Consortium provincial francophone, responsable d’organiser le GREF.


Toutes les écoles francophones de la province étaient d’ailleurs fermées les 27 et 30 avril pour permettre aux professeurs d’assister aux séances plénières et aux ateliers offerts durant le congrès.

Dans un monde où la technologie que l’on retrouve dans les salles de classe entre en compétition avec celle à laquelle les jeunes ont accès à la maison, le spécialiste de la technologie, du web et du marché des jeunes à l’agence publicitaire Bensimon Byrne, Max Valiquette, faisait la promotion de l’apprentissage appuyé par la technologie lors de la conférence d’ouverture du GREF, d’ailleurs commentée en direct sur twitter par les spectateurs.

L’ère technologique
Omniprésente, la technologie modifie les rapports sociaux. Les cerveaux des jeunes se développent différemment. Le défi des enseignants est maintenant d’apprendre à gérer le flux d’information illimitée qui se trouve à portée de main des élèves.

Renée Michaud croit qu’il est plus que temps d’intégrer cette technologie dans les activités journalières des élèves. « Surtout en milieu minoritaire, c’est un outil d’instruction », soutient-elle.

Mais lorsque les moyens d’apprentissage sont également la plus grande source de distraction, il est important d’outiller les professeurs « pour qu’ils puissent tirer avantage pédagogiquement parlant de toutce qu’ils ont », insiste Mme Michaud.

Selon Gilles Robert, enseignant à l’école Notre-Dame des Monts de Canmore, les ressources dont disposent les professeurs ne sont pas exploitées à leur plein potentiel. M. Robert a offert un des 65 ateliers de perfectionnement professionnel du congrès où il partagera son expérience en enseignement au 21e siècle.

« Je collabore avec un professeur à Medicine Hat et un autre au Mali. Nous échangeons nos cours par vidéo sur le web. Parfois, c’est moi qui enseigne aux élèves du Mali et parfois c’est le professeur qui enseigne à mes élèves », témoigne le professeur franco-albertain.

Ce dernier affirme qu’il est l’exception à la règle et il s’explique mal pourquoi ces ressources ne sont pas plus utilisées.

Tendance émergente
Alain Mahé a récemment inclus la technologie des iPad dans son cours de Sciences en Éducation professionnelle et technologique à l’école du Sommet de Saint-Paul. Il espère, avant le début du congrès, que les ateliers auxquels il assistera lui apporteront quelques techniques supplémentaires qu’il pourra intégrer en classe.

« Cela nécessite plus de préparation, mais une fois que c’est en marche, les cours sont mieux structurés et les leçons en classe sont plus poussées. Je peux répondre à plus de questions », avance le professeur qui transmet les notions de son cours sur le net avant la classe.

Il ajoute que ses cours sont plus interactifs depuis qu’il utilise cette méthode. « S’il y a un bogue technologique, nous tentons de résoudre le problème ensemble », dit-il.

Au-delà de la technologie
Le président du Regroupement national des directions générales de l’éducation, Darrell Samson, rappelle que le changement s’effectue par étapes. « Ce n’est pas l’évènement en soi qui est important, mais le suivi qu’on en fait et les liens qui auront été créés ici sont la clé de ce changement », précise M. Samson.

Renée Michaud est catégorique : « L’aspect humain est la partie gagnante de tous congrès. Les notions que l’on reçoit en atelier sont la cerise sur le sundae. »

Néanmoins, le réseautage, l’échange de courriels et la collaboration future restent l’aspect central de tels rassemblements.

« Cela permet de briser l’isolement, nous avons tous le même objectif et nous vivons des situations similaires en tant que minorité. Il faut échanger nos pratiques et en faire bénéficier les élèves », conclut Darrell Samson.

Le GREF 2012 était la 2e édition de ce rassemblement biennale. Le premier avait eu lieu à Halifax, en Nouvelle-Écosse, en 2010.
 

 

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