École Alexandre-Taché : une nouvelle école secondaire, mais pas tout de suite!

Environ 200 personnes se sont entassées dans la petite salle commune de l’école secondaire Alexandre-Taché de Saint-Albert, le 21 février dernier, pour participer à un Forum public afin de démontrer un appui pour la construction d’une nouvelle école secondaire francophone.

C’est en présence notamment du ministre de l’Éduction, Thomas Lukaszuk, du vice premier ministre et député de Spruce Grove, Sturgeon, Saint-Albert, Doug Horner, du député de Saint-Albert, Ken Allred, du maire, Nolan Crouse, et du président du Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN), Paul Dumont, que cette rencontre s’est déroulée.


« Nous voulions démontrer que l’école Alexandre-Taché est vivante et viable et que nous avons le droit à une école secondaire équivalente à ce qu’on retrouve ailleurs dans la ville », a témoigné la présidente du Conseil d’école et présidente du Comité pour une nouvelle école, Lise Roy-Maxwell, enchantée par la participation massive des parents et des élèves à cette rencontre.

Rappelons que c’est en septembre 2009, avec 78 élèves, que cette école secondaire francophone a vu le jour. « Avant l’ouverture de l’école, les élèves désirant poursuivre leur secondaire dans une école francophone devaient se rendre à Maurice-Lavallée ou à Gabrielle-Roy. Plusieurs abandonnaient donc l’école francophone », a souligné une autre membre du Conseil d’école, Nicole Burrows.

Celle-ci rappelle que la communauté scolaire francophone de Saint-Albert avait, à l’époque, accepté un compromis, celui d’être situé temporairement dans le sous-sol du centre Youville. « Cela nous donnait un accès raisonnable à l’éducation francophone, le centre était disponible immédiatement et ce lieu temporaire nous donnait la chance de démontrer qu’une école secondaire francophone à Saint-Albert était un projet viable », avance Mme Burrows.

Près de trois ans plus tard, les chiffres parlent d’eux-mêmes. « Nos effectifs ont connu une croissance de 80 % (140 élèves en janvier 2012) depuis notre ouverture », souligne Nicole Burrows.

Selon les membres du Conseil d’école, en étant confiné dans le sous-sol du centre Youville, l’école Alexandre-Taché ne pourra pas continuer à croitre à son plein potentiel. « Nous avons estimé que nous pourrions avoir près de 250 élèves d’ici 2016 », fait valoir Thomas Sutton, également membre du Conseil d’école, en rappelant le large territoire desservi par l’école. En plus de Saint-Albert, l’école Alexandre-Taché dessert les familles de Centralta, sans oublier certaines de Gibbons et Redwater.

« Nous avons bâti une communauté scolaire incroyable ici, mais, malheureusement, Alexandre-Taché, comme nous la connaissons présentement, n’est pas une école qui nous permet de prendre pleinement notre expansion », enchaine-t-il.

En terme d’infrastructure, afin de devenir une grande école équivalente à la majorité, il manque un gymnase, des salles de classes de grandeur standard, des salles d’options dans notre école, sans oublier des corridors plus larges pour accommoder le nombre de personnes dans l’école, ainsi que des casiers.

Présentement, les élèves doivent suivre leurs cours d’option dans une autre école, parfois en anglais, grâce à un partenariat avec un autre conseil scolaire de Saint-Albert. Quatre élèves ont présenté des témoignages de leur quotidien, soit Brigitte Burrows, Alexandra Daigle, Samantha Dacey et Émilie Lusson.

« C’est dommage que nous perdions tellement de temps pour suivre ces cours en déplacements afin de s’y rendre. Si nous avions ces installations dans notre école, nous pourrions pas-ser plus de temps dans le cours plutôt que dans l’autobus », témoigne Brigitte Burrows.

Comme le fait remarquer Samantha Dacey, « c’est formidable d’avoir l’occasion de faire du sport, mais il est dommage que nous devons jouer toute nos parties à l’extérieur, car nous n’avons pas de gymnase ».

La priorité
Comme l’a fait remarquer le président du CSCN, Paul Dumont, Alexandre-Taché est désormais la grande priorité du conseil en terme d’infrastructure. « Nous sommes reconnaissant à la province d’avoir concrétisé deux projets de nouvelle construction en mai dernier, soit à Jasper (école Desrochers) et Red Deer (La Prairie). Je souhaite que le gouvernement ne prendra pas l’approche de dire que maintenant que notre conseil a eu deux nouvelles écoles, sur un total de 14, nous allons regarder ailleurs », a exprimé M. Dumont.

Ce dernier rappelle qu’il y a beaucoup de rattrapage à faire. « Certains conseils diront que c’est à leur tour, mais nous avons attendu 150 ans pour notre tour et il est grand temps d’avoir une école secondaire francophone équivalente à Saint-Albert », s’exclame Paul Dumont, en faisant un lien avec les célébrations du 150e anniversaire de la fondation de Saint-Albert, tenues en 2011.

Selon le président du CSCN, établir l’école au centre Youville « était la meilleure option à l’époque. C’était une bonne première étape, mais aujour-d’hui, il faut passer à l’étape suivante ».

Pas avant 2015
Le ministre de l’Éduction, Thomas Lukaszuk, s’est dit sensible à la requête des parents et est d’avis qu’il y aura, un jour, une école secondaire francophone équivalente à Saint-Albert. « Je suis pleinement derrière vous. Est-ce qu’avoir une école dans le sous-sol d’un centre de soins pour personnes âgées est idéal? Je ne pense pas et je crois que l’école Alexandre-Taché devrait pouvoir s’épanouir », a affirmé le ministre Lukaszuk.

Cependant, le ministre admet que les parents devront faire preuve, une fois de plus, de patience. « Pour répondre à tous les besoins en terme d’infrastructures, et l’on peut inclure cette école dans la liste, il nous faudrait bâtir 40 nouvelles écoles par année pendant 10 ans », mentionne Thomas Lukaszuk.

Ce dernier souligne qu’il y a aussi des besoins partout en province, que ce soit dans le sud, ou encore à Grande Prairie, Fort McMurray, etc. « Dans une communauté, il y a une école autour de laquelle on retrouve 23 classes modulaires de rattachées », présente le ministre de l’Éducation.

La province doit aussi composer avec le boom économique rencontré il y a quelques années et les changements démographiques que cela a engendrés. « À des endroits, nous avons des écoles sans élèves et ailleurs, il y a des élèves sans école. En terme d’infrastructure, cela met une pression sur le gouvernement », avance-t-il.

Devant composer avec un budget déficitaire, le ministre Lukaszuk entend développer et présenter, dans les prochains mois, un cadre stratégique qui permettra de financer les nouvelles écoles en province tout en atténuant la pression financière de chaque nouvelle école dans le budget de la province.

Par la suite, Thomas Lukaszuk tiendra des consultations afin de développer des partenariats permettant d’amener de nouvelles composantes aux nouveaux projets. « L’école Alexandre-Taché pourrait être construite en partenariat avec un autre conseil scolaire, ou encore avec la ville et il pourrait y avoir une bibliothèque de rattachée ou un YMCA. Ces consultations permettront d’explorer ces possibilités », soutient M. Lukaszuk. « Il faut penser le concept d’école différemment. De la sorte, si la démographie change dans le futur, l’école ne se retrouvera pas du jour au lendemain vide », ajoute-t-il.

Pressés par les parents sur un échéancier potentiel, le ministre de l’Éducation a admis qu’il n’y aurait pas de nouvelle école à Saint-Albert avant trois ans. « Un échéancier de deux ans est irréalistes, surtout dans un contexte où il y a des écoles, annoncées en mai dernier, dont l’ouverture est prévue en septembre 2014. Trois ans semblent un échéancier plus acceptable, mais encore là, tout dépend si le nouveau cadre financier et, ensuite, le cadre entourant les consultations seront annoncés avant le déclenchement des élections », lance-t-il.

La ville est prête
Si le ministre de l’Éducation s’est montré évasif quant à un échéancier précis, la Ville de Saint-Albert a, pour sa part, démontré qu’elle était prête pour accueillir la construction d’une école francophone.

« Le conseil municipal a adopté, au cours du dernier mois, une résolution pour développer un nouveau plan pour construire une école sur le chemin Campbell, près du Servus Credit Union Place (un complexe récréatif). Nous voulons prendre de l’avance dans ce dossier afin d’éviter de répéter les défis qui avaient été rencontrés lors de la construction de l’école La Mission », a affirmé Nolan Crouse.

Cette annonce a plu au Conseil d’école. « On savait que la Ville regardait à divers endroits. Le maire Crouse est très proactif et c’est une bonne nouvelle de savoir où la future école sera », indique Lise Roy-Maxwell.

La présidente du Conseil d’école a aussi apprécié le message du ministre Lukaszuk. « C’est certain que nous aurions aimé que le ministre annonce pendant le Forum la construction d’une école équivalente, mais ces réponses nous ont donné de l’espoir. On sait qu’il travaille sur un cadre pour financer les constructions futures. De notre côté, nous avons aussi du travail devant nous, comme déterminer quel genre de partenariat nous voudrions développer pour la future école », conclut Mme Roy-Maxwell.

 

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