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Perspectives francophones : une nouvelle donne dans les curriculums ?

Reconnaître les perspectives francophones dans les programmes d’études albertains : pourquoi ? C’est la grande question qui a été abordée lors d’un symposium à l’Université de l’Alberta à Edmonton, le vendredi 8 juin. À l’aube de l’élaboration d’une politique de services en français et en pleine élaboration des nouveaux curriculums en matière d’éducation en Alberta, cette question en soulève bien d’autres, à savoir quelles sont les perspectives francophones ? Et comment s’expriment-elles ou pas, dans le contexte actuel ? Rencontre.

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« Le Canada est construit sur l’un des principes de base qu’est la diversité. Si nous les francophones, n’adoptons pas des approches plus œcuméniques, les programmes sur les Langues officielles seront les derniers », résume M. Marc Arnal, président de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA). C’est dans le cadre d’une intervention portant sur la mise en contexte de la reconnaissance des perspectives francophones que le président a exposé clairement son point de vue. Pas moins d’une trentaine de francophones et de francophiles sont venus participer à ce symposium pour échanger sur le sujet.

Perceptions et enjeux

Qu’est-ce qu’une perspective francophone ? Bien que la disparition de la Direction de l’Éducation française en Alberta ait été annoncée cette année, Keith Millions de Alberta Educations, présent à l’évènement, essaye de répondre à cette question. « Nous faisons l’élaboration des programmes d’études avec des francophones à la table. Dès le départ, ils sont là pour assurer si ce qui est proposé fonctionne en français et pour les francophones », développe-t-il.

Mais le travail de réflexion et d’identification de la perspective francophone, demande au préalable une bonne connaissance de l’histoire des principaux intéressés.

Selon David Scott, professeur d’éducation dans le domaine des études sociales à l’Université de Calgary, Werklund school of Education, PhD Student Experiences Community-Based Pathway, « il y a deux visions du Canada : il y a une vision multiculturelle et multinationale. Si on inclut les perspectives autochtones, il est important d’inclure les perspectives francophones. C’est dans la constitution canadienne », rappelle-t-il. La question de la légitimité a aussi été abordée, à savoir, comment les enseignants non-francophones peuvent-ils enseigner les perspectives francophones de façon authentique ?

Pour Raphaël Gani, Docteur en Éducation à l’Université d'Ottawa et chargé de cours à l’Université de Sherbrooke, les anglophones tiennent un rôle important, « les professeurs ont une certaine liberté dans les programmes ». Et c’est là tout l’enjeu. « J’ai peur que ces directives restent dans les curriculums officiels, mais qu’elles ne soient pas vivantes dans les classes », résume son collègue David Scott. Les recherches de M. Gani démontrent qu’il existe déjà un blocage à ce niveau-ci. « Ce qui m’intéresse c’est l’interaction entre la prescription gouvernementale et les professeurs ». Aujourd’hui, Alberta Education élabore en Anglais et en Français un nouveau curriculum dans six matières : en éducation artistique, arts langagiers, mathématiques, études sociales, sciences et bien-être.

La recherche fondamentale a donc entamé un dialogue avec les politiques sur la question des perspectives francophones, « j’ai toujours posé l’identité comme une question, et non comme une donnée ou un acquis », rapporte M. Gani.

Reste à savoir où mènera ce dialogue ?

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