École Citadelle: Toujours pas la priorité ?

Les parents de l’école Citadelle, à Legal, attendent toujours de nouveaux locaux pour leur établissement. Depuis bientôt huit ans, leur requête ne trouve pas d’oreille attentive auprès du ministère de l’éducation. Pourtant, la vétusté de l’édifice et le manque de place se font de plus en plus oppressants.

Ecole Citadelle

L’école Citadelle a vu le jour en 1994. Elle accueille aujourd’hui plus de 150 élèves et dessert plusieurs localités dont celles de Legal, de Morinville, de Picardville, de Gibbons et de Bon Accord.

Depuis 1997, l’école se trouve au sein de l’ancien couvent des Sœurs grises, construit en 1925. Si quelques rénovations ont eu lieu lors de l’emménagement il y a maintenant vingt ans, ces locaux ne sont plus en état d’accueillir les enfants dans de bonnes conditions.

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Besoin d’un nouvel espace

« L’école Citadelle est la seule parmi les quatre écoles fondatrices du Conseil scolaire Centre-Nord à ne pas avoir eu de nouvel établissement », souligne Lisa Magera, directrice de l’école. À l’heure actuelle, les salles sont trop petites, « souvent tassées », il n’y a pas de coin de lecture et certains programmes ne peuvent être assurés, « faute de salle de musique et de laboratoire de sciences ». En outre, l’école est basée sur plusieurs étages et l’ascenseur ne permet pas d’accéder au gymnase, ce qui est problématique pour les enfants à mobilité réduite.

IMG 1781Depuis plusieurs années, la responsable estime qu’il faudrait de nouveaux locaux « avec une capacité de 250 places ». La directrice de l’école n’est pas la seule à le réclamer. La pression des groupes de parents se fait grandissante. Chantal Bjarnason, présidente du conseil de l’école, s’offusque de la situation depuis de nombreuses années. « Est-ce que c’est correct de dire que pendant un tiers de siècle nous n’avons pas droit à une nouvelle école ? Cela fait bientôt trois générations qui connaissent le même établissement ». Elle ajoute à la longue liste des problèmes les « moisissures, les fissures, le chauffage qui ne fonctionne pas bien, et la remontée des égouts ».

Des demandes rejetées depuis huit ans

L’école Citadelle a déjà présenté trois fois sa demande, dont la première en 2010, auprès du Conseil scolaire Centre-Nord qui relaye ensuite la requête au ministère de l’éducation. Chantal Bjarnason ne saisit pas la raison du refus. « À chaque fois qu’on change de gouvernement, on recommence. On est tannés », souffle-t-elle. Pour Lisa Magera, l’école ne semble jamais être la priorité : « On a déjà eu des visites d’autres ministres de l’éducation. On attend celle de Monsieur Eggen maintenant. Tout le monde voit le besoin mais on semble toujours ne pas être la priorité ».

Le comité de l’école a rencontré récemment Robert Lessard, directeur général du Conseil scolaire Centre-Nord afin de lui présenter leur demande, pour la troisième fois dans leur histoire. « Il comprend que la demande est là mais il y a plusieurs écoles dans le besoin », reconnaît Chantal Bjarnason. Tout le problème est là : le gouvernement accepte de soutenir une seule école par conseil scolaire. « On est obligés de se battre avec les autres écoles du même conseil, c’est dommage. On devrait être capables de travailler ensemble », regrette la présidente du conseil de l’école Citadelle.

Des besoins au niveau provincial

Les demandes de nouvelles écoles se font via le plan capital triennal d’un conseil scolaire. C’est ensuite au gouvernement de décider. « On comprend très bien que la communauté de Citadelle cherche à avoir une nouvelle école. On appuie du mieux qu’on peut de ce côté mais malheureusement ce n’est pas nous qui avons le dernier mot », concède Robert Lessard, directeur du Conseil scolaire Centre-Nord.

Le responsable informe que les projets du conseil entrent directement en compétition avec l’ensemble des 61 conseils scolaires de la province. « L’enveloppe budgétaire est limitée. On n’a pas toujours notre taux », glisse-t-il. Malgré tout, les signes sont encourageants avec le nouveau gouvernement : « Dans nos conversations avec les fonctionnaires et les élus, il semble y avoir une ouverture. On croise les doigts pour avoir d’ici les semaines qui suivent une annonce ».

Car la demande est bel et bien présente. Avec une croissance annuelle entre 2.5 et 3.5% de la population francophone, les besoins dans les salles de classe augmentent. « Notre gouvernement est en phase de rattrapage après des années de négligence par les Conservateurs, a communiqué le ministre de l’éducation David Eggen. Nous comprenons le besoin pour beaucoup d’écoles qui ont été ignorées pendant trop longtemps et nous faisons de notre mieux pour construire aussi vite que possible ».

Quant à Lizette Belisle-Lynch, gestionnaire en chef aux services externes de la Direction de l’éducation française en Alberta, elle n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.

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