Aide aux devoirs: Quels sont les besoins?

L’aide aux devoirs fait bien souvent partie du quotidien des élèves. En milieu minoritaire, les moyens mis en place afin d’accompagner les jeunes dans leur cursus scolaire sont-ils suffisants ? Quelle est la situation en Alberta ? Voici un rapide tour d’horizon de la situation.

Aide aux devoirs

« Les parents cherchent toujours les ressources qui peuvent aider leurs enfants »,  déclare Pierre Asselin, avocat de formation et président du comité des parents de l’école Joseph Moreau. Si jusqu’à présent, aucune statistique dans la province ne fait exhaustivement état des lieux, le besoin se fait sentir. « J’ai eu des difficultés à trouver des tuteurs qui avaient le niveau de français suffisant », constate le père de famille.

Asselin déplore le manque de ressources, mais également de références des professionnels en tutorat. « Une banque de  données pourrait permettre d’identifier des tuteurs, peut-être avec le Campus Saint-Jean où les personnes pourraient y inscrire leurs références », suggère-t-il.  Selon lui, la difficulté ne réside pas seulement dans le niveau de français, mais aussi dans la spécialisation. Sans données précises, c’est le bouche à oreille qui prend le relais. Le manque de données peut s’expliquer entre autres par l’envoi de nombreux formulaires en début d’année. Trop d’informations tuent l’information si bien que les parents ne pensent pas à renvoyer le formulaire concernant leurs besoins en la matière. Asselin remarque de son côté que les Conseils scolaires orientent leur attention plus souvent sur la question de l’infrastructure que sur celle de l’aide aux devoirs.

Une perspective différente

Pour Robert Lessard, directeur général du Conseil scolaire Centre-Nord, les 3 grands axes de priorité du Conseil consistent à couvrir un ensemble de problématiques : « nous nous préoccupons des devoirs et par conséquent de la réussite des élèves, de fournir des espaces scolaires propices à l’apprentissage, et enfin de fidéliser les étudiants et leurs familles ». Par le passé, le Conseil scolaire avait déjà collaboré avec SOS devoirs, soulignant que le niveau de participation n’était pas très élevé.

Depuis, une collaboration avec le Centre d’accueil permet de répondre mieux aux besoins rencontrés. Le Centre offre en ce moment un programme d’appui en matière de tutorat, « le Conseil a ajouté un certain montant à la formule déjà existante, nous l’avons bonifié, car ce n’était destiné qu’aux nouveaux arrivants », explique le directeur.  Le directeur du Conseil scolaire veut donc voir si ce service fonctionne. Selon lui, le devoir doit par définition répondre à une pratique autonome de l’enfant, « cette tradition du devoir qui a toujours existé, est peut-être aujourd’hui à revisiter », lance-t-il.

Cependant, l’infrastructure demeure pour certaines écoles un enjeu de taille. Le directeur de l’école la Source, Nicolas Emond en poste depuis quatre ans  a observé une augmentation d’étudiants de plus de 100 élèves. « C’est certain, les besoins ont augmenté  et je travaille chaque année en collaboration avec  Mme Vicky Cloutier (directrice du Club de devoirs à l’école) pour voir si elle peut rajouter des places….le manque d’espace pour l’école la Source (la seule école publique francophone dans le sud de Calgary) est une bonne problématique », relate-t-il. Aux dires du directeur, le manque de place aurait incité d’ailleurs certaines familles à ne pas inscrire leurs enfants dans leur école.

Où est la solution ?

Une demande plus mitigée 

Pour Hosni Zaouali, directeur général de Voilà Learning, un organisme offrant des prestations de services en soutien scolaire notamment virtuel partout au Canada, constate que la demande est plus mitigée ailleurs. En Ontario, si leurs services sont bien connus, leur maison mère étant basée à Toronto, il en va parfois autrement dans d’autres provinces, notamment celle de l’Alberta.  

Si pour le directeur de Voilà Learning la demande est là, le relais de l’information entre les familles et les Conseils scolaires ne se fait pas. Selon lui, certains aprioris seraient la source du manque d’implication des conseils scolaires : « c’est trop cher »!  

Cependant M. Zaouali explique qu’une subvention de Patrimoine canadien vient actuellement en aide aux Conseils scolaires par l’entremise de Voilà Learning afin de réduire les coûts. « C’est la bureaucratie… ils ne comprennent pas, ils reçoivent  un courriel finançant ce service par le fédéral, déjà disponible par 44 conseils scolaires au Canada… on a facilité la procédure, la seule chose qu’ils ont à faire, c’est de renvoyer un courriel et de dire nous sommes intéressés merci de nous inscrire ».

Selon lui, de nombreux parents en Alberta payent, soit parce qu’ils n’ont pas accès à la personne-ressource de leur conseil scolaire, soit parce qu’ils ne connaissent pas la procédure.

Problème de communication ou divergence d’opinions ? L’aide aux devoirs nous fait nous interroger sur pas mal de questions.

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