Gouvernance, financement et infrastructure : trois mots clés du Sommet sur l’éducation postsecondaire

Organisé par l’ACFA, le Sommet de la francophonie albertaine sur l’éducation postsecondaire en français en Alberta s’est tenu à Edmonton et par webdiffusion du 21 au 23 septembre 2017. La communauté franco-albertaine était invitée à se pencher sur l’avenir du Campus Saint-Jean et à examiner des pistes de solutions pour remédier aux défis auxquels fait face cet établissement, plus particulièrement ceux reliés au financement, à l’infrastructure et à la gouvernance.

 


campus saint jean2En 1976, une entente fut signée entre les Oblats de Marie Immaculée, l’Université de l’Alberta et la province de l’Alberta afin de céder le collège Saint-Jean à l’Université de l’Alberta. Il y est notamment indiqué que le Collège Saint-Jean, ce qui deviendra par la suite le Campus Saint-Jean, doit demeurer un établissement francophone et séparé, que l’Université de l’Alberta s’engage à maintenir, améliorer et agrandir l’infrastructure, et que la province garantie des fonds pour permettre à l’Université de s’acquitter de ses engagements.     

 

L’ACFA, à qui furent transférés les droits des Oblats dans cette entente, estime toutefois que le Campus Saint-Jean évolue difficilement en raison des défis reliés au financement, à l’infrastructure et à la gouvernance.    

 

« Une chose que l’Université n’a toujours pas comprise, ou comprend à moitié, c’est que l’éducation d’étudiants en milieu minoritaire coûte plus cher que l’éducation en milieu majoritaire », explique le doyen du Campus Saint-Jean, Pierre-Yves Mocquais.

 

En fait, selon lui, « l’Université veut que toutes les facultés se ressemblent. Donc, qu’il n’y ait pas de faculté qui soit traitée différemment ».  Ainsi, les ressources et l’attention particulières que l’Université de l’Alberta devrait fournir au Campus Saint-Jean pour qu’il puisse s’épanouir ne sont pas au rendez-vous.  

 

Il a également indiqué qu’une « partie des programmes du Campus Saint-Jean sont financés par le fédéral alors qu’ils ne devraient pas l’être ».

 

Albert Nolette, président de l’ACFA,  explique que l’Université de l’Alberta reçoit des fonds dans le cadre du Protocole d’entente relatif à l’enseignement de la langue de la minorité et à l’enseignement de la langue seconde (PLOE). « L’entente signée [en 1976] est claire sur la question du financement. Pour nous, l’argent octroyé par le gouvernement fédéral, à travers le [PLOE] devrait servir à bonifier le financement du Campus Saint-Jean sans réduire le financement régulier accordé par la province ».

 

Quant à l’infrastructure, l’ACFA estime que le Campus Saint-Jean « a vécu des défis perpétuels », dont le plus récent date de l’année dernière; un projet de 19 millions de dollars avait été déposé pour moderniser les laboratoires de sciences.

 

Toutefois, seulement 1,3 million a été alloué à l’Université pour les rénovations du Campus Saint-Jean en raison du manque de fonds de contrepartie de la province de l’Alberta.

 

« Le gouvernement fédéral, dans le cadre des communautés francophones hors Québec, ne devrait pas s’attendre à des fonds de contrepartie de la part des provinces », soutient M. Mocquais.   

 

Andrew Sharman, vice-président des opérations et installations de l’Université de l’Alberta, souligne cependant que le projet de 19 millions n’est pas une chose du passé.  «Le montant accordé sera probablement plus faible en raison du travail que nous avons déjà accompli, mais [le projet de 19 millions] figure encore dans notre soumission qui a été déposée à nouveau au gouvernement à la fin d'août ».

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Édition de la semaine

Abonnez-vous à la version électronique ici.

Abonnez-vous à la version papier ici.

L'annuaire francophone 2017

Aller au haut