Les jeunes se prononcent !

Dans le cadre du sommet de l’éducation francophone post-secondaire, Le Franco a décidé de sonder trois jeunes étudiants afin d’établir un portrait global de leurs souhaits et inquiétudes quant à l’avenir du Campus Saint-Jean. Adam Brown, président de l’association étudiante et ancien étudiant d’immersion, Akram Hammami, vice-président internationale de l’association étudiante, originaire de la Tunisie ainsi que Sophie Bergeron, élève franco-albertaine et membre de la FJA, nous partagent ainsi leur réflexion face aux différents enjeux soulevés au Sommet.

La question de la désaffiliation du Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta a longuement été discutée durant le sommet. Est-ce pour vous une solution envisageable compte tenu des difficultés financières du Campus?

Adam Brown: En tant qu’étudiant d’immersion, je voulais choisir une université avec un certain prestige et puisque je voulais demeurer en Alberta, mes deux meilleures options étaient l’Université de l’Alberta ou encore l’Université de Calgary. J’ai appris ensuite l’existence d’un campus francophone au sein de l’Université de l’Alberta et c’est à ce moment que j’ai compris qu’il était possible d’aller dans une très bonne université tout en ajoutant un aspect francophone.

Akram Hammami: Personnellement, pas vraiment. Je ne crois pas que j’aurais joint les rangs du Campus Saint-Jean si le campus n’était pas affilié à l’Université de l’Alberta. Je ne suis pas certain que les étudiants internationaux seraient aussi présents sur le Campus sans ce rattachement à l’Université de l’Alberta.

Sophie Bergeron: Moi j’étais contre cette idée, simplement en raison du point de vue des étudiants en immersion, car je crois qu’une grande partie d’entre eux quitterait le campus. De mon côté, j’aurais tout de même choisi le Campus, car j’ai fait mon éducation en français et que je  voulais la poursuivre dans la même langue.

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Croyez-vous important ou approprié d’exporter le modèle d’un Campus francophone à Calgary?

A.B: C’est une idée intéressante. Je sais que l’université de l’Alberta a un petit campus au centre-ville de Calgary, mais de créer un campus 100% francophone, je crois que cela décentralise la francophonie postsecondaire. C’est important de rassembler la communauté et de réunir les professeurs-chercheurs d’expression française au même endroit.

S.B: Je pense que l’on devrait se concentrer davantage sur le Campus Saint-Jean à Edmonton. Je crois qu’il est plus important d’améliorer l’offre des programmes à Edmonton plutôt que de penser à s’installer ailleurs.

Le recteur de l’Université de Saint-Boniface a présenté un modèle de partenariat différent, soit une université à l’administration indépendante, mais liée académiquement à l’Université du Manitoba. Croyez-vous qu’il s’agisse d’un modèle intéressant à appliquer au Campus Saint-Jean?

A.B: C’est vraiment intéressant parce que de mon côté je ne crois pas à un Campus Saint-Jean sans la collaboration de l’Université de l’Alberta. Au campus Saint-Jean, on a de nombreux problèmes pour recevoir des fonds qui doivent passer par l’université de l’Alberta en provenance du gouvernement fédéral et provincial. Ce modèle est donc particulièrement intéressant d’un point de vue financier, car le Campus aurait accès au soutien financier sans le biais d’une autre entité.

A.H: Si le Campus Saint-Jean adoptait ce modèle tout en restant lié à l’Université de l’Alberta, je n’y verrais pas de problème. L’essentiel demeure d’avoir un diplôme de l’Université de l’Alberta pour bien des étudiants internationaux.

La recherche effectuée sur le Campus Saint-Jean a maintes fois été mentionnée pour expliquer l’importance du lien avec l’Université de l’Alberta. Est-ce que la présence d’équipes de recherche approfondie est essentielle à la vie étudiante du Campus?

A.B: Je pense que la recherche est vraiment importante pour le Campus Saint-Jean puisque cela attire non seulement des étudiants, mais également d’autres professeurs qui désire poursuivre leurs travaux en français.

A.H: Lorsque tu es étudiant international, tu aimes bien avoir une expérience supplémentaire à ajouter à ton curriculum. C’est important pour nous, car, selon le visa, on ne peut pas travailler à l’extérieur du Campus. Toutefois, je ne crois pas que la recherche au Campus est si présente que l’on puisse le dire. Il n’y a pas de postes d’assistants de recherche affichés! Si tu n’es pas ami avec le professeur, tu n’auras tout simplement pas de postes.

S.B: Pour moi la recherche n’est vraiment pas une priorité. Je savais que nos professeurs étaient impliqués dans ce domaine sans toutefois connaître leur sujet. Je sais par contre que bien des étudiants des différents baccalauréats en science commencent au Campus et termine à l’Université de l’Alberta, simplement pour poursuivre leur recherche. Le Campus a une bonne qualité de recherche en histoire et en linguistique, mais je crois que les étudiants en sciences appliquées vont davantage se tourner vers l’Université de l’Alberta.

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