Écoles de langue française menacées : un recensement trompeur, selon les organismes

Les demandes de modifications au questionnaire du recensement se sont multipliées, dans les dernières semaines. Le 27 janvier, la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF) sommait Statistique Canada d’adapter le formulaire afin de bien évaluer le nombre d’enfants admissibles aux conseils scolaires francophones en situation minoritaire.

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 Depuis, les organismes ont présenté des mémoires au Comité permanent des langues officielles aux Communes, qui a entamé la rédaction d’un rapport le 23 février.

« Les ministères de l’Éducation utilisent les données du recensement afin de définir leurs besoins d’affectation des ressources matérielles et financières », explique le commissaire aux services en français de l’Ontario, François Boileau, dans un blogue publié le 21 février.

Dans sa mouture actuelle, le questionnaire du recensement dénombre seulement les parents dont la langue maternelle est le français. Ceux qui ont reçu leur instruction au primaire en français en situation minoritaire et ceux dont un enfant a reçu ou reçoit son instruction en français en situation minoritaire ne sont pas comptés, mais leurs enfants peuvent aussi fréquenter les écoles de langue officielle en milieu minoritaire en vertu de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés qui porte sur l’éducation en milieu minoritaire.

En résulte une réduction des ressources dans les écoles de langue française, puisque les ministères de l’Éducation utiliseraient ces données pour planifier leurs services. « Un grand nombre de décisions importantes, notamment quant à la construction de nouvelles écoles, sont prises en fonction de ces données », indique la FNCSF. « Dans une francophonie en profonde mutation, cette seule question ne permet plus de rejoindre tous les ayants droit », plaide à son tour la FCFA dans un communiqué.

M. Boileau propose d’ajouter deux questions dans le prochain recensement pour assurer le dénombrement juste des ayants droit. La FCFA les a même formulées : « Dans quelles langues avez-vous reçu votre éducation » et « Dans quelles langues vos parents ont-ils reçu leur éducation ». Selon l’organisme, ces questions « permettraient d’identifier non seulement les individus de langue maternelle non officielle qui ont été éduqués en français, entièrement ou en partie, mais aussi ceux et celles qu’on appelle parfois les “francophones de génération perdue “, soit les parents qui ont été éduqués en anglais alors que leurs propres parents avaient, eux, reçu leur éducation en français. »

Le prochain recensement doit avoir lieu en 2021.

 

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