Écoles francophones du Sud de l’Alberta : Jacqueline Lessard voit grand

Quelques jours après la rentrée scolaire, Jacqueline Lessard a accepté de rencontrer Le Franco dans ses nouveaux bureaux pour parler de cette première rentrée à titre de directrice générale des deux conseils scolaires francophones du Sud de l’Alberta.

La femme passionnée a commencé le 1er aout dernier au Conseil scolaire du Sud de l’Alberta (CSSA) et au Conseil scolaire catholique et francophone du Sud de l’Alberta (CSCFSA). Par ailleurs, elle connaît bien la maison, car elle était directrice adjointe du CSSA depuis 2008. Originaire de Saint-Boniface au Manitoba, elle compte 35 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation.


« La rentrée s’est bien déroulée. Tous les enseignants sont en poste. Ils étaient tous là pour accueillir nos élèves. Cette année, on n’a pas eu de démission de dernière minute. Nous avons aussi augmenté nos effectifs », raconte Jacqueline Lessard avec enthousiasme.


Une raison qui la rend optimiste et ravie : elle vient d’embaucher trois personnes pour l’épauler dans sa lourde tâche. Il s’agit d’une conseillère en orientation scolaire, d’une conseillère en pédagogie, ainsi que d’une coordonnatrice en animation scolaire et en activités culturelles. Ces dernières sont déjà à l’œuvre.

Elles ont comme premier mandat de visiter et d’identifier les problèmes à résoudre dans toutes les écoles. Ensuite, elles doivent présenter un plan d’action à la direction générale des deux conseils. Ce plan devra proposer des solutions concrètes pour relever les nombreux défis.

Une administratrice visionnaire
« Je suis une visionnaire. J’ai la capacité de voir le complexe et de le traduire dans un plan opérationnel faisable. Le leadership est ma force. J’ai un style de direction partagé. Seule, je ne suis rien », déclare-t-elle avec conviction.

Les dossiers sont abondants sur son bureau. Elle doit notamment s’assurer que le mariage entre le CSSA et le CSCFSA se déroule bien. À ce sujet, il importe de rappeler que depuis le 1er aout 2011, tout en demeurant les entités politiques distinctes, le CSSA et le CSCFSA ont pris la décision d’unir leurs structures administratives afin de n’en former qu’une seule.

Cela permettra donc d’offrir de meilleurs services éducatifs aux 2000 élèves de leurs 13 écoles. Elle assure que tout se passe bien. Les deux conseils se seraient donnés deux ans pour arriver à une entente de collaboration. Cependant, le porjet de mettre sur pied une Autorité francophone régionale (AFR) serait sur la glace pour le moment pour plusieurs raisons, dont l’attente de l’adoption prochaine de la nouvelle loi sur l’éducation par l’Assemblée législative de l’Alberta.

Pour Jacqueline Lessard, il est essentiel de ne pas bruler les étapes. Ainsi, il est préférable de débuter par l’élaboration d’une entente de collaboration entre les deux entités.

De plus, la nouvelle directrice générale embrasse complètement les nouvelles technologies. Elle souhaite les intégrer dans les classes afin d’améliorer les pratiques pédagogiques. Pour y arriver, elle s’appuie sur l’expertise de Martine Pellerin, professeure au Campus Saint-Jean et spécialiste, entre autres, des technologies au service de l’apprentissage.

Nouveaux partenariats
Mme Lessard veut développer davantage de partenariats, en particulier avec les milieux des affaires et communautaires dans l’optique de faire
la promotion des deux conseils scolaires francophones. Elle se promet d’être plus visible dans tous les forums du Sud de l’Alberta, spécialement à Calgary.

À cet égard, elle siège depuis peu au conseil d’administration de Centraide. Ces opportunités lui permettront de faire du réseautage, activité essentielle et primordiale de promotion pour toute organisation.

D’autre part, elle s’est donnée comme mission de mieux informer les parents et les élèves. Son premier mandat : tuer le mythe persistant sur la qualité de l’éducation francophone offerte par les deux conseils. « L’éducation dans une école francophone est aussi une éducation de qualité en anglais », insiste-t-elle.

En effet, le défi principal des deux conseils scolaires est la rétention des élèves. Ces derniers, une fois rendus au secondaire, quittent en grand nombre l’école francophone au profit des écoles anglophones. Les parents retireraient leurs jeunes en prétextant vouloir qu’ils apprennent l’anglais.

Pour remédier à la situation, elle se propose de mettre sur pied un plan d’action qui permettra de renforcer la fierté d’être francophone et de suivre ses études au sein d’une école francophone auprès des élèves et singulièrement des parents. Une éducation francophone constituerait une valeur ajoutée dans le monde d’aujourd’hui.

Réaliste, la nouvelle directrice générale a des indicateurs pour évaluer son travail à la fin de son mandat. « Dans trois ans, je veux voir un seul conseil scolaire ou une Autorité francophone régionale. Je veux voir une éducation plus enrichie dans nos écoles secondaires. J’aimerais que nos élèves commencent à savoir ce qu’ils voudraient faire dans la vie à partir de la 6e année ».

Ses armes pour y parvenir : son équipe qu’elle considère exceptionnelle, passionnée et dévouée.

Photo : courtoisie

 

 

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