Imprimer cette page

L'intimidation: Parlons-en!

CrayonAprès avoir lancé son premier livre, Le crayon magique, sur le délicat sujet de l’intimidation, l’auteure du livre, Alexandra Roy, présente une fiche pédagogique afin d’aider les élèves à  s’exprimer en classe sur ce sujet  parfois tabou.  Si l’intimidation ne date pas d’hier, certains professionnels du monde de l’éducation se sont penchés sur les mécanismes et les raisons pour lesquelles elle existe.  

 

« Le but c’est de faire réfléchir les enfants sur un sujet », souligne Alexandra Roy, en parlant de la fiche pédagogique de son livre, qui porte sur l’intimidation. Le livre, basé sur une histoire vraie, a pris vie après que l’auteure s’est remémorée ce petit garçon qu’elle connaissait à l’école, qui se faisait régulièrement harceler. « Je me suis imaginée ce qu’il était devenu. Il y a une expression qui dit [n’intimide jamais l’élève le moins populaire de l’école] car un jour, il pourrait être ton patron », dit l’auteure québécoise de 35 ans.

 

Le Crayon magique raconte l’histoire de Vincent, 12 ans, victime d'intimidation à l'école. Sévices physiques et psychologiques font alors partie intégrante de son lot quotidien, jusqu'au jour où la découverte d'un crayon magique et la rencontre de Vicky, une fille différente des autres, changeront le cours de sa vie. Ces deux rencontres l'amèneront à gagner un prestigieux concours de dessin qui fera de lui la coqueluche de l’école. Mais le succès a un prix. Jusqu'où Vincent sera-t-il prêt à aller pour faire partie de la gang ?

 

Les principales disciplines qui sont abordées dans cette fiche sont : le français, la géographie, l’éducation à la citoyenneté et les arts plastiques. « Ça peut permettre aux enfants de s’en sortir grâce au dessin, comme le personnage du livre », explique Alexandra Roy. Une approche adéquate et bien pensée afin de sensibiliser à un phénomène malheureusement récurent.

 

L’intimidation ou une compréhension des rôles

Depuis le début de sa carrière, Adèle Amyotte, directrice de l’école Sainte-Jeanne-d'Arc, à Edmonton, connaît bien ce phénomène. Elle ne s’intéresse cependant pas aux statistiques mais plutôt aux personnes. « Lorsqu’il y a une situation, je fais comprendre aux élèves concernés que, dans une situation d’intimidation, il y a toujours trois rôles: la personne qui intimide, la personne qui est victime et la personne qui a été spectatrice ».

 

L’une de ses références majeures en ce domaine est l’auteure Barbara Coloroso, consultante américaine reconnue dans le domaine de l’éducation. C’est à partir du travail de cette auteure que madame Amyotte a appris à identifier trois types d’intimidation : « l’intimidation relationnelle, physique, verbale, et sexuelle ».  En nommant auprès des enfants les différents types d’intimidation, elle les amène à se mettre dans leur propre situation qu’ils soient victimes ou coupables de l’action. L’intimidation n’est pas un jeu de rôles, mais plutôt, une compréhension des rôles, comme le souligne Adèle Amyotte.

 

« Là où il y a de l’humain il y a de l’intimidation »

« J’aide l’enfant à comprendre les émotions qu’il a vécues avant et pendant l’incident », précise t-elle.  En fonction des situations, elle parle aux enfants de façon individuelle ou en groupe. « Un enfant peut agir différemment au contact de deux personnes différentes », poursuit-elle. Le but est de faire comprendre à l’enfant ses propres émotions, pourquoi il a réagi comme ça. Bien souvent l’enfant réagit surtout par rapport à un historique personnel. «C’est classique que les personnes qui font de l’intimidation ont elles-mêmes été, à un moment donné, des victimes.  Immanquablement elles vont ressortir un incident quelque part dans leur vie qui les a beaucoup marquées et en souffrent encore. Elles cherchent donc parfois  à trouver une sorte d’équilibre dans cette souffrance-là », soutient la directrice d’école.

 

Parler et communiquer est un travail de longue haleine qui permet donc de prendre conscience de ses émotions et les raisons pour lesquelles elles ont été vécues. Une fois que cette étape est franchie, Adèle Amyotte essaye de faire comprendre à l’enfant ce que l’autre en face a pu ressentir. C’est sous forme de « cercle d’amitié » par exemple que les enfants ont la possibilité de s’exprimer sans la peur d’être jugé. Cela créé une ambiance de respect et de sécurité. «Ils apprennent à s’exprimer de façon moins émotionnelle, ce n’est pas facile de leur faire comprendre la différence entre les sentiments et les émotions », explique la directrice de Sainte-Jeanne-d’Arc. C’est tout un apprentissage social. « Là où il y a des êtres humains, il y a de l’intimidation, poursuit-elle. Peu importe l’âge, l’intimidation cherche à établir un déséquilibre de pouvoir, un contrôle sur quelqu’un d’autre ».

 

Les êtres humains sont par définition des animaux sociaux, qui ne sont pas seulement régis à établir une hiérarchie au sein du groupe, mais aussi à transmettre un apprentissage social pour les générations futures au droit d’être à exister sans que cela soit menaçant pour d’autres.


La  fiche technique d’Alexandra Roy peut être téléchargée gratuitement sur Internet. Elle est principalement destinée aux enseignants et enseignantes du secondaire. Le livre le Crayon magique a pour sa part déjà motivé un groupe d’élèves de première secondaire à monter un projet sur l’intimidation et à remporter un prix décerné par le ministère de l’Éducation au Québec.

Évaluer cet élément
(1 Vote)

Éléments similaires (par tag)